Test du jeu Flatiron : un duel stratégique brillant malgré son ergonomie perfectible

Un duel new-yorkais où chaque décision façonne l’ascension d’un gratte-ciel… ou votre défaite.

Par
Olivier Delavande
Fils d’un père français et d’une mère vietnamienne, Olivier Delavande a baigné dans une double culture qui a façonné sa curiosité et son ouverture d’esprit dès...
10 Minutes de lecture
4 Flatiron offre un duel stratégique intense, brillant mais exigeant, mêlant placement d’ouvriers, tension permanente et matériel spectaculaire.
Notre avis
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Flatiron s’impose comme un duel stratégique tendu, qui transforme la construction du célèbre immeuble new-yorkais en affrontement cérébral d’une rare intensité. Sous son thème austère et son ergonomie discutable, ce jeu de société signé Sheila Santos et Isra Cendrero cache pourtant un moteur d’actions brillant et une tension permanente qui séduiront les amateurs d’eurogames exigeants.

Avec cette nouveauté, le duo de créateurs espagnols confirme son obsession pour l’architecture. Après Cathédrale rouge et Château blanc, ils délaissent les adjectifs de couleur tout en conservant leur approche : proposer des mécaniques pointues dans un format accessible. La boîte promet des parties rapides d’une trentaine de minutes, où chaque décision compte.

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Test du jeu Flatiron : un duel stratégique brillant malgré son ergonomie perfectible

Un duel sous tension dans un New York tactique

Le principe de Flatiron repose sur une mécanique classique de placement d’ouvriers, revisitée avec intelligence. Vous incarnez un architecte qui doit placer son pion sur l’un des quatre quartiers entourant le chantier du célèbre gratte-ciel triangulaire de Manhattan. Broadway, la 5e Avenue, la 22e et la 23e Rue constituent vos principaux terrains de jeu.

Chaque emplacement offre trois possibilités distinctes. Vous pouvez récupérer deux pièces pour alimenter votre trésorerie. La deuxième option consiste à acheter une carte visible dans la pioche associée au quartier. La troisième consiste à activer les pouvoirs correspondant à la localisation de votre architecte sur votre plateau personnel.

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L’achat de cartes mérite une attention particulière. Vous devez d’abord payer le coût indiqué, puis ranger la carte dans votre espace personnel selon un système ingénieux. Chaque carte offre deux pouvoirs différents selon qu’elle est glissée au-dessus ou en dessous de votre plateau. Cette double orientation vous oblige à constamment optimiser vos colonnes thématiques.

Un moteur d’actions qui gagne en puissance à chaque tour

La construction de votre moteur personnel est au cœur du jeu. Plus vous garnissez une colonne de votre plateau avec des cartes achetées, plus les actions deviennent puissantes lorsque vous activez le quartier correspondant. La limitation à trois cartes par colonne maximum empêche tout emballement déséquilibré.

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Les piliers sont l’objectif central de vos manœuvres. Ces éléments en bois de quatre couleurs différentes soutiennent les étages du Flatiron Building. Vous devez régulièrement les fabriquer, puis les poser, tout en surveillant les intentions de votre adversaire.

Cette interaction directe génère une tension permanente. Il est impossible de placer deux piliers identiques dans un même étage, sauf exception. Si votre adversaire pose un pilier de la couleur que vous souhaitiez utiliser avant vous, vos plans s’effondrent instantanément. Cette règle stricte transforme chaque tour en une course contre la montre où l’anticipation est cruciale.

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Test du jeu Flatiron : un duel stratégique brillant malgré son ergonomie perfectible

Asymétrie et blocages : les plateaux personnels qui changent tout

Chaque joueur dispose d’un plateau personnel différent, avec des coûts de production et des points de victoire variables en fonction des couleurs de piliers. Cette asymétrie renforce la rejouabilité et impose des stratégies distinctes en fonction de la configuration de départ de chaque joueur.

Le positionnement de votre architecte sur le plateau central bloque temporairement l’accès à ce quartier pour votre adversaire. Vous devez donc constamment arbitrer entre développer votre propre économie et entraver les projets de votre rival. Les décisions tactiques s’enchaînent sans répit.

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Une fois trois piliers posés dans l’étage en cours, vous pouvez activer l’action spéciale qui fait monter le bâtiment d’un niveau. Cette action rapporte des points de victoire, rafraîchit les pioches de cartes disponibles et impose une nouvelle contrainte pour la manche suivante. Certaines règles spéciales modifient profondément le déroulement des tours, comme celle qui permet aux deux architectes d’occuper simultanément le même quartier.

City Hall : un cinquième choix stratégique déterminant

Un cinquième emplacement offre une alternative bienvenue : le City Hall. Cette option permet de récupérer deux pièces, d’activer l’effet du journal du jour ou d’acheter une carte bonus de fin de partie. Ces cartes bonus fonctionnent comme des objectifs secrets qui rapportent des points supplémentaires si vous remplissez leurs conditions.

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Le jeu reste fluide malgré la multitude de choix. Vous placez, achetez ou activez des piliers, vous construisez et vendez parfois des piliers devenus inutiles. La partie prend fin dès que le toit du Flatiron est posé au sommet de la structure. Six étages en carton s’empilent alors devant vous, loin des 21 niveaux de l’édifice original, mais suffisants pour une expérience ludique.

Un scoring final qui peut renverser une partie

Le décompte final réserve une mauvaise surprise aux joueurs négligents. Chaque carte action possède un petit pouce pointé vers le haut ou vers le bas, symbolisant le respect ou la violation de la législation en vigueur. Les cartes les plus puissantes bafouent généralement les règles, tandis que les effets les plus modestes les respectent.

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Vous devez additionner les pouces dans chaque colonne de votre plateau. Une colonne positive rapporte cinq points de victoire, une colonne négative en fait perdre trois et une colonne neutre n’a aucun effet. Ce rebondissement final peut complètement renverser le résultat si vous avez ignoré ces indicateurs durant la partie.

Flatiron : le talent confirmé d’un duo de créateurs exigeants

Sheila Santos et Isra Cendrero poursuivent leur exploration architecturale après leurs précédents succès. Flatiron présente de nombreuses similitudes avec Cathédrale Rouge, notamment cette capacité à proposer un eurogame parfaitement huilé dans un format réduit. Le dilemme permanent et la tension constante raviront les amateurs de jeux cérébraux exigeants.

Le jeu récompense généreusement l’optimisation des moteurs d’action, avec des réactions en chaîne satisfaisantes. À l’inverse, une mauvaise gestion des cartes et des ressources se paie cash. Le hasard, limité aux quatre petites pioches et aux journaux quotidiens, s’adresse aux joueurs qui apprécient la planification méticuleuse. Un duel déséquilibré peut conduire à des victoires écrasantes.

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Test du jeu Flatiron : un duel stratégique brillant malgré son ergonomie perfectible

Un matériel séduisant mais une ergonomie frustrante

Le matériel impressionne par sa qualité. L’immeuble qui s’élève progressivement sur la table crée un effet visuel agréable. Les jetons en bois représentant les piliers sont agréables à manipuler, les cartes glissent facilement sous les plateaux personnels épais et l’empilement des étages fonctionne correctement.

Cependant, cet empilement pose un problème de visibilité. Les emplacements pour les architectes, situés autour de la tour, deviennent difficiles à vérifier au fur et à mesure que le bâtiment s’élève. Il faut régulièrement pencher la tête pour vérifier qu’une case reste disponible.

L’ergonomie globale souffre de défauts plus gênants. Les cartes portent le même nom que les emplacements du plateau principal, ce qui provoque une confusion persistante, même après plusieurs parties. Glisser une carte de Broadway achetée dans la pioche de la 5e Avenue sous la colonne appropriée de votre plateau demande une concentration excessive.

L’iconographie abondante et contre-intuitive est le principal problème du jeu. Vous devez constamment consulter plusieurs pages de règles pour comprendre les effets des cartes tirées, et pas uniquement lors de la découverte. L’absence d’une aide de jeu récapitulant les symboles constitue un handicap pour un jeu qui prétend être accessible à l’international.

Une rejouabilité solide mais pas infinie

La rejouabilité soulève quelques interrogations. Le faible niveau de hasard et les pioches limitées à une douzaine de cartes par quartier permettent aux joueurs expérimentés de reproduire rapidement des stratégies efficaces. Les plateaux personnels alternatifs modifient peu la façon de jouer, contrairement à d’autres jeux du même genre.

Le risque d’une routine s’installant après plusieurs parties tempère l’enthousiasme initial. Les mécaniques brillantes de la découverte pourraient perdre de leur éclat face à la répétition des schémas gagnants.

Un rapport qualité-prix difficile à battre

Malgré ses défauts évidents, Flatiron mérite largement l’attention. Son positionnement tarifaire avantageux constitue un argument de poids. Le gameplay profond et les affrontements tendus compensent l’iconographie complexe et l’austérité thématique. Le matériel efficace donne envie de revenir à la table, malgré les irritants ergonomiques.

Notre avis
Flatiron offre un duel stratégique intense, brillant mais exigeant, mêlant placement d’ouvriers, tension permanente et matériel spectaculaire. 4
Note globale 4
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