Penser à rien semble impossible. Pourtant, des travaux scientifiques récents montrent que, durant ces « blancs » où l’on semble absent, certaines régions du cerveau prennent une pause de quelques secondes. Cet état mental, que les chercheurs décrivent comme un « sommeil local », survient sans crier gare, à des moments où l’on se relâche, par exemple après avoir effectué une tâche demandant beaucoup d’attention ou, au contraire, ennuyeuse.
| 📌 Repères clés |
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| Fréquence : 5 à 20 % du temps d’éveil Durée : quelques secondes Phénomène : sommeil local de certaines régions cérébrales Zones impliquées : hippocampe, gyrus frontal interne Effets observés : baisse de la perception, ralentissement cognitif Fonction supposée : micro-récupération du cerveau en état d’éveil |
Pourquoi penser à rien survient plus souvent qu’on ne le croit
Le blanc mental représenterait entre 5 et 20 % de notre temps d’éveil, même si de grandes différences existent d’un individu à l’autre. Durant ces instants, le cerveau coordonne différentes zones qui nous permettent d’avoir des pensées et des actes cohérents. Mais lorsque survient ce « mind blanking », comme l’appellent les scientifiques, certaines régions cérébrales décident de faire une sieste express.
Les zones concernées sont notamment le gyrus frontal interne ou l’hippocampe. Cette dernière structure joue un rôle central dans la mémoire et la régulation des émotions. Pendant ces quelques secondes de repos, le flux normal de pensées s’interrompt complètement.
Quand la conscience décroche malgré l’éveil
Thomas Andrillon, chercheur à l’Inserm, explique que, durant un épisode de blanc mental, les participants ont un accès réduit aux informations sensorielles provenant de leur environnement. La connectivité entre des réseaux neuronaux distants était diminuée et le traitement des informations visuelles perturbé.
Les sujets observés étaient légèrement somnolents, plus lents et commettaient davantage d’erreurs. Le traitement visuel dit « tardif », qui survient 250 à 300 millisecondes après l’exposition à un stimulus, était presque absent. Cette fenêtre temporelle est considérée comme la partie consciente du traitement visuel dans certains modèles.
Sommeil local, réseau par défaut et vide de pensée
Ces nouvelles données viennent appuyer une idée qui s’impose de plus en plus dans les neurosciences. Être éveillé ne signifie pas nécessairement être conscient de quelque chose. Le blanc mental correspond à une véritable interruption du flux de pensées, et non à une simple distraction ou à de la rêverie.
Lorsque vous ne faites rien et que vous laissez votre cerveau se reposer, il ne s’éteint pas complètement. Il active plutôt ce que les chercheurs appellent le « réseau du mode par défaut », qui comprend plusieurs aires cérébrales. Ce réseau soutient divers processus cognitifs autoréférentiels, tels que l’autoréflexion, l’introspection, le voyage mental dans le temps ou la rêverie.
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Penser à rien : un mécanisme naturel de récupération cérébrale
Même dans l’immobilité apparente, votre cerveau reste extrêmement actif et entretient une communication complexe entre ses différentes régions. Contrairement au réseau du mode par défaut, dans lequel le cerveau vagabonde librement, penser à rien est un événement extrêmement fréquent au cours duquel certaines régions du cerveau entrent dans une forme de sommeil.
Le blanc mental est sans doute un phénomène naturel qui permet au cerveau de récupérer brièvement durant l’éveil. Ces micro-pauses surviennent spontanément et constituent une caractéristique normale de notre fonctionnement cérébral, même si leur fréquence varie considérablement d’une personne à l’autre.



