La collection automne 2026 de BODE s’intitule « Rodeo Bodeo ». Ce nom sonne comme une comptine, mais derrière cette fantaisie se cache une réflexion sérieuse sur l’Amérique profonde, ses traditions vestimentaires et son rapport au travail. Emily Adams Bode Aujla ne cherche pas à idéaliser un passé révolu. Elle se tourne vers le passé pour mieux habiller le présent, une démarche qui, depuis dix ans, définit l’ADN de la marque.

Le rodéo est au cœur de tout. Pour cette collection, la créatrice s’est inspirée de son enfance, notamment de son poney Checkers, un ancien cheval de barrel racing borgne qu’elle montait petite. C’est ce souvenir précis qui a mis l’équipe sur la piste des tenues de rodéo, de leurs codes, de leurs matières et de leur esthétique particulière. Le résultat dépasse largement le registre du western wear. BODE automne 2026 convoque également le cirque, le clown de piste et l’univers du costume de spectacle.
La créatrice souligne le lien originel entre le rodéo et le travail. Ce sport est né dans les ranchs américains : garder les troupeaux, manier le lasso, ferrer les bêtes. Les compétitions étaient l’occasion de mettre en valeur des savoir-faire ancrés dans la vie quotidienne des éleveurs. Cette dimension utilitaire traverse toute la collection et lui confère une grande densité.

Plusieurs silhouettes méritent l’attention pour le vestiaire masculin. Le costume ajusté est l’une des pièces les plus remarquables. Taillé serré, il tranche avec les volumes généreux qui caractérisent souvent la marque. À côté, la marque propose des réinterprétations du smoking : un premier look associe un smoking classique à une chemise western à carreaux, tandis qu’un second marie la ceinture de smoking et le pantalon à bande latérale à un simple t-shirt. Ces propositions audacieuses fonctionnent car elles reposent sur une logique interne cohérente : la confrontation de deux codes vestimentaires bien établis.
Les classiques de la maison sont également de retour. Pyjama, pantalons de marin, pulls thématiques : autant de pièces fidèles à l’esprit de la marque, revisitées pour cette dixième saison. La marque fête ses dix ans d’existence et assume pleinement ses fondamentaux.
| 📌 Repères clés |
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| 🐴 La collection s’appuie sur les souvenirs d’enfance de la créatrice avec son poney Checkers. 👖 Un partenariat avec Levi’s met à l’honneur des jeans brodés et des finitions industrielles. ✂️ Introduction de costumes ajustés contrastant avec les volumes amples habituels de BODE. 🎭 Un mélange entre le vêtement de travail des ranchs et l’univers du cirque ou du spectacle. 🏆 La collection marque les 10 ans de la marque fondée en 2016. |
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La collection automne 2026 marque également la poursuite de la collaboration avec Levi’s, entamée lors des saisons précédentes. Les deux marques ont travaillé ensemble sur un jean baptisé « Barrel Racer », disponible en deux délavages différents. Ce modèle se décline avec des ornements cousus le long de la jambe : rivets argentés, perles, cuivre ou ruban. Bode Aujla désigne ces versions décorées sous le nom de « button-jar styles », en référence aux bocaux de boutons anciens qui ornent son atelier.
Ce jean incarne parfaitement la philosophie de cette collaboration : Levi’s apporte son héritage denim et son savoir-faire industriel, tandis que BODE y ajoute la singularité artisanale qui est sa marque de fabrique. Une étiquette tissée au dos de la poche arrière rend hommage à Checkers, le poney de la créatrice, et s’inspire d’une étiquette trouvée dans les archives de Levi’s. Ce détail discret témoigne de la manière dont BODE conçoit ses collections : chaque pièce a une origine, une raison d’être.

Le reste de la collection confirme l’ampleur du travail accompli. On y trouve un pull intarsia « Blue Jeans and Chaps », un sweat-shirt frappé du slogan « Don’t own a cow », un manteau régimentaire noir rehaussé de tresses dorées, un blazer serti de pierres, un pantalon imprimé peau de vache associé à une veste en shearling aux finitions rayées rouges. Les références fusent dans tous les sens, mais elles restent lisibles, car elles partagent un territoire commun : l’Amérique rurale, ses fêtes, ses tenues de cérémonie et ses objets du quotidien.
BODE n’est pas la première marque à s’emparer de l’esthétique western. Mais elle est l’une des rares à le faire avec une telle précision documentaire, sans jamais tomber dans la caricature. Fondée en 2016, la marque a été pionnière à plusieurs titres : Emily Adams Bode Aujla est la première femme à avoir défilé lors de la New York Fashion Week dédiée au prêt-à-porter masculin, en 2018. Dix ans plus tard, cette collection automne 2026 montre que l’élan ne s’est pas essoufflé.

























