La maison japonaise COMME des GARÇONS Homme Plus dévoile une proposition radicale pour l’automne 2026, où sa créatrice Rei Kawakubo pousse sa vision jusqu’aux confins de l’avant-garde vestimentaire. Baptisée Black Hole, cette collection automne 2026 interroge les origines mêmes de la création, s’inspirant d’une théorie cosmologique récente selon laquelle notre univers serait né non pas d’une singularité, mais au cœur d’un trou noir massif. Cette hypothèse bouleverse la conception classique du Big Bang et suggère l’existence d’univers voisins, tous issus d’un cycle perpétuel plutôt que d’un néant mystérieux.
| 📌 Repères clés |
|---|
| 🏛️ Maison : COMME des GARÇONS Homme Plus 👤 Créatrice : Rei Kawakubo, fidèle à une avant-garde radicale et anti-consensuelle 🕳️ Concept : inspiration cosmologique autour des trous noirs et des univers parallèles ✂️ Silhouettes : tailoring déconstruit, volumes orbitaux, vestes fragmentées 🖤 Palette : noir absolu, gris métalliques, final blanc aveuglant 👟 Collaboration : Air Jordan 11 x COMME des GARÇONS Homme Plus ✨ Message : la liberté comme énergie créative fondamentale |

Depuis son premier défilé en 1975, Kawakubo n’a cessé d’étendre son territoire sombre et singulier, tout en restant fidèle à ses intuitions initiales. Cette saison, elle revient à ses fondamentaux tout en les propulsant vers des territoires inexplorés. Les mannequins apparaissent coiffés de perruques hérissées et le visage dissimulé derrière des masques de hockey évoquant Hannibal Lecter. Leurs silhouettes sont entourées de satellites textiles dont l’origine est clairement ancrée dans le tailoring conventionnel, mais dont la coupe et les ornements témoignent d’une créativité qui échappe à toute norme.
Les redingotes noires en velours froissé ou en laine-nylon brillante sont ornées de cratères froncés au niveau du col. Parfois, les pans se fragmentent en bandes multiples. Des salopettes à carreaux gris présentent des jambes resserrées du mollet à la cheville et sont portées sous des vestes dont les empiècements se replient sur eux-mêmes dans un mouvement de ruban de Möbius, laissant le dos nu et exposant la structure des poches intérieures au niveau des hanches.
Suivez toute l’actualité d’Essential Homme sur Google Actualités, sur notre chaîne WhatsApp, ou recevoir directement dans votre boîte mail avec Feeder.

La liberté reste le moteur premier de cette exploration vestimentaire. Le slogan « My energy comes from freedom » s’affiche en lettres blanches urgentes sur les chaussures Kids Love Gaité en cuir noir poli. Kawakubo plie son univers à sa volonté, raccourcit les vestes et les replie sur elles-mêmes comme des trous de ver portables, ou atomise leurs surfaces en un chaos sombre et bouillonnant. Un jacquard lurex à imprimé serpent devient une seconde peau évoluée sous la forme d’une veste à deux doublures intérieures et deux jeux de revers, portée par-dessus des shorts aux ourlets diagonaux.
Certaines de ces vestes au dos ouvert sont enveloppées de dentelle, créant une tension fascinante entre architecture exposée et élégance fantomatique. Cette subversion audacieuse introduit une séduction inattendue dans l’univers habituellement austère de la créatrice japonaise. Les pièces oscillent entre rigueur constructiviste et abandon organique, entre structure et dissolution.

Le premier modèle à fouler le podium présentait cette collaboration tant attendue entre Comme des Garçons Homme Plus et Air Jordan 11, dans la continuité de ses relectures des archives Nike. La basket légendaire a été dépouillée jusqu’à sa forme essentielle pour ancrer les silhouettes complexes du défilé. Cette alliance improbable entre l’héritage sportif américain et l’avant-garde japonaise témoigne de la capacité de Kawakubo à transcender les frontières entre les cultures et les registres esthétiques.
La proposition finale renverse brutalement l’atmosphère. Après une longue procession de tenues noires ponctuée de rares éclats gris, une série de pièces blanches aveuglantes fait son apparition. Ce contraste primitif et élémentaire, incarné notamment par une robe blanche aussi hérissée que les perruques portées par les mannequins, suggère le début d’un nouveau cycle cosmique. Le blanc succède au noir, comme la lumière émerge du vide, rappelant ainsi que toute fin contient déjà les germes d’un recommencement.
Kawakubo refuse les facilités du luxe tape-à-l’œil. Elle préfère creuser sa propre veine sombre et explorer les zones d’ombre de la mode masculine, là où la création se nourrit d’interrogations plutôt que de certitudes, comme dans son défilé automne-hiver 2025. Sa collection pour l’automne 2026 confirme sa position unique dans le paysage de la mode contemporaine. Alors que beaucoup cherchent à plaire, elle persiste à questionner, à déconstruire et à déstabiliser les codes établis.








































