Le Dakar 2026 a frappé fort dès la première spéciale. À Yanbu, Edgar Canet confirme qu’il est bien plus qu’une révélation, tandis que la victoire de Guillaume de Mévius et Mathieu Baumel dépasse le simple cadre sportif. Déjà, les hiérarchies se dessinent et certains favoris vacillent.
Pour comprendre l’ampleur de cette première journée de course, il faut revenir sur les 305 kilomètres de spéciale chronométrée qui ont départagé les concurrents. Des kilomètres où le moindre excès se paie cash et où la précision compte autant que la vitesse pure. Ross Branch l’a appris à ses dépens. Le pilote a beau avoir signé le meilleur temps sur la spéciale, une pénalité de six minutes pour excès de vitesse l’a privé du podium. Une sanction cruelle, mais révélatrice de l’exigence du Dakar.
| 📌 Repères clés |
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| 🏍️ Moto : Edgar Canet s’impose avec autorité devant Sanders et Brabec 🚗 Auto : Guillaume de Mévius et Mathieu Baumel remportent l’étape à Yanbu ❤️ Émotion : première victoire de Baumel depuis son amputation ⏱️ Pénalités : Ross Branch perd la victoire pour excès de vitesse ⚠️ Alerte : Yazeed Al Rajhi déjà relégué à près de 30 minutes |
Edgar Canet impose déjà sa loi sur le Dakar 2026
Edgar Canet a fait taire les sceptiques. Vainqueur l’an passé en Rally 2, le pilote KTM ne devait pas forcément s’imposer aussi rapidement dans l’élite. Pourtant, ses débuts chez Red Bull KTM Factory Racing frôlent la perfection. Il devance son coéquipier Daniel Sanders de 1 min 02 s et Ricky Brabec de 1 min 32 s. Deux noms qui résonnent dans l’histoire récente du rallye-raid : les deux derniers vainqueurs du Dakar. Voilà qui en dit long sur le niveau affiché par l’Espagnol.
Le podium du jour reprend exactement la hiérarchie du prologue, mais avec des écarts qui commencent à peser. Canet creuse déjà un petit matelas au classement général. Derrière lui, la bataille s’organise. Daniel Sanders et Ricky Brabec savent qu’ils devront rapidement hausser le ton s’ils veulent espérer renverser le jeune Espagnol. La marge d’erreur se réduit déjà.
En Rally 2, Michel Docherty confirme sa domination habituelle. Le collectionneur signe sa 11e victoire dans la catégorie avec sa KTM. Le nouveau venu Martim Ventura, au guidon de sa Honda, avait pourtant contrôlé la majeure partie de la spéciale, avant de céder sur le sprint final. L’apprentissage du Dakar passe parfois par ces déceptions de dernière minute.

Victoire de Mévius et Baumel : bien plus qu’un succès sportif
Chez les autos, l’émotion a pris le dessus sur la performance sportive. Guillaume de Mévius et Mathieu Baumel ont célébré cette victoire d’étape avec une intensité particulière. Il faut dire que leur participation commune au Dakar 2026 était encore incertaine il y a quelques mois. Le grave accident subi par le copilote français, qui lui a valu l’amputation de la jambe droite, aurait pu mettre un terme définitif à leur collaboration.
Ils avaient déjà partagé les honneurs d’une victoire d’étape en 2024 et avaient même terminé sur le podium final avec leur deuxième place. Mais cette victoire à Yanbu a une saveur différente. Elle raconte le courage, la détermination et le refus d’abandonner. « C’est un peu plus que d’habitude : c’est le succès d’un duo qui doit être célébré dans l’habitacle de la voiture gagnante », souligne justement l’organisation du rallye.
Leur Mini a dominé la concurrence lors de cette première spéciale. Derrière eux, Nasser Al-Attiyah a limité les dégâts en signant le deuxième temps, à seulement 40 secondes. Le Qatari, prudent, a préféré assurer après avoir vu son coéquipier Sébastien Loeb victime de deux crevaisons en début de parcours. « Nous avions un bon rythme et nous pouvions attaquer davantage, mais quand nous avons vu Sébastien Loeb avec deux pneus crevés, nous avons assuré pour éviter de crever à notre tour », expliquait Al Attiyah à l’arrivée.
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Martin Prokop, l’invité surprise du podium
Martin Prokop a créé la surprise en complétant le podium. Le Tchèque, qui dispute sa onzième participation au Dakar, a signé le troisième temps avec son Ford Raptor préparé par son équipe privée. L’ancien pilote de WRC, cinquième du Dakar 2024, semble avoir franchi un cap cette année. Son investissement dans un Ford Raptor T1+ de la nouvelle génération commence à porter ses fruits.
« Elle est très confortable à conduire et elle passe partout, donc on peut rouler plus vite avec. La seule question est de savoir si, dans ma tête, je suis prêt à aller aussi vite que les meilleurs », confiait-il avant le départ. La réponse est venue sur la piste. Il a signé le troisième temps de la spéciale, une performance qu’il n’avait réalisée que deux fois auparavant dans sa carrière lors du Dakar, déjà lors des premières étapes en 2021 et 2022.
Mattias Ekström, vainqueur du prologue, a longtemps dominé cette première étape avant de perdre du terrain. Le Suédois termine finalement quatrième, à 1 min 38 s de la Mini victorieuse. Un écart qui reste raisonnable à ce stade de la course.

Dakar auto : Al-Attiyah en embuscade, Loeb en gestion
Sébastien Loeb a choisi la prudence après ses deux crevaisons en début de parcours. Le Français a perdu trois minutes, mais se satisfait de sa dixième place. Cette position lui permettra de s’élancer dans de bonnes conditions demain matin sur la route d’Al-Ula. « En retrait semi-volontaire », Loeb mise sur une stratégie à long terme.
À l’inverse, Yazeed Al Rajhi vit un véritable cauchemar. Le tenant du titre saoudien accuse un retard de près de 29 minutes sur Guillaume de Mévius, dont 16 minutes de pénalités pour avoir manqué un waypoint et pour excès de vitesse. « Il n’est pas nécessaire d’attaquer dès le début du Dakar, il faut savoir porter ses attaques au bon moment », prédisait-il il y a trois jours, lors des vérifications. Il se retrouve déjà dos au mur, 38e du classement général, à 28 min 52 s du leader.
Lucas Moraes, champion du monde découvrant sa nouvelle Dacia, a préféré la sécurité à la performance brute. « C’était une spéciale très rapide. L’objectif était de faire une course propre. Je sais que je dois laisser filer du temps sur les concurrents partis derrière moi, mais il s’agit seulement de la première étape et le plus important était de ramener la voiture en bon état à l’équipe avant la deuxième étape, qui sera plus longue et plus difficile », analysait le Brésilien.
Première étape du Dakar 2026 : enseignements et tendances
Cette première étape a déjà livré quelques certitudes. Edgar Canet n’est pas un feu de paille. Sa maîtrise technique et sa lucidité impressionnent pour un pilote qui découvre l’élite. Le duel entre Sanders et Brabec s’annonce intense pour les prochains jours, mais ils devront d’abord rattraper le jeune Espagnol.
Côté voitures, Guillaume de Mévius et Mathieu Baumel ont envoyé un message fort à la concurrence. Leur victoire prouve que rien ne peut arrêter ceux qui croient en leur chance. Nasser Al-Attiyah reste à l’affût, prêt à bondir à la première occasion. Martin Prokop pourrait jouer les trouble-fête s’il maintient ce niveau de performance.
La route vers AlUla s’annonce déjà décisive. Le Dakar ne fait que commencer, mais les premières lignes de force se dessinent déjà. Ceux qui ont pris du retard, comme Al Rajhi, devront rapidement inverser la tendance, sous peine de voir leurs ambitions s’envoler dans le sable saoudien.



