877 kilomètres à avaler. 459 kilomètres chronométrés. L’étape 7 du Dakar 2026, qui relie Riyad à Wadi Ad Dawasir, aura servi de révélateur après la pause, dévoilant les ambitions et les faiblesses déjà perceptibles dans le classement à mi-parcours. Luciano Benavides a flairé le bon coup dès les premiers kilomètres, Daniel Sanders a géré son avance avec l’intelligence d’un stratège, conscient que la pénalité qui avait déjà rebattu les cartes la veille avait réduit sa marge de manœuvre, et Mattias Ekström a profité des déboires d’un concurrent pour gagner une place sur le podium provisoire. Voilà pour le résumé. Maintenant, entrons dans le vif du sujet.
| 📌 Repères clés |
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| 🏍️ Vainqueur motos : Luciano Benavides (7e victoire de spéciale en carrière) ⏱️ Spéciale : 459 km chronométrés entre Riyadh et Wadi Ad Dawasir 📊 Leader motos : Daniel Sanders (gestion stratégique de son avance) 🚗 Vainqueur autos : Mattias Ekström (Ford Raptor) ⚠️ Fait marquant : panne de Henk Lategan, sortie du podium provisoire 🚚 Camions : Vaidotas Zala devient le premier vainqueur en auto et camion 👬 Histoire : doublé inédit des frères Benavides le même jour 🧭 Tendance : écarts resserrés avant la plus longue spéciale du rallye |
Luciano Benavides domine l’étape 7 du Dakar 2026
Il y a ceux qui attendent que les occasions se présentent. Et il y a ceux qui les créent. Luciano Benavides appartient à la seconde catégorie. Parti en sixième position sur une spéciale taillée sur mesure pour lui, il a avalé les 459 kilomètres en un peu plus de quatre heures. Une moyenne qui dépasse allègrement les 100 km/h. Le terrain roulant lui a ouvert la voie. Il l’a emprunté sans trembler.
Derrière lui, Edgar Canet a accusé 4 min 47 s de retard, et Adrien Van Beveren, 4 min 57 s. Le Français signe là sa meilleure performance depuis le départ de Yanbu. Pas de quoi pavoiser, mais suffisamment pour garder espoir. Pour Benavides, cette septième victoire d’étape sur le Dakar vient gonfler des statistiques déjà honorables et confirme sa montée en puissance progressive depuis le début de la semaine. Plus important encore, il réduit l’écart avec Ricky Brabec, désormais à seulement 15 secondes au classement général. La course n’est pas finie. Loin de là, surtout depuis les premiers grands bouleversements du rallye observés lors de la première partie du parcours.

Classement motos : Sanders conserve la tête sous la pression de Brabec
Daniel Sanders occupe toujours la tête du classement général. L’Australien de l’équipe Red Bull KTM Factory Racing contrôle, surveille et calcule. Sa troisième place du jour ne le dérange pas. Ce qui compte, c’est la stratégie pour demain. Et sur ce plan, Ricky Brabec possède une carte maîtresse. Posté à 4 min 25 s au classement général, le leader de l’équipe Monster Energy Honda HRC s’élancera en dixième position lors de la prochaine étape, soit 21 minutes après Sanders. De quoi lui permettre de rouler avec des repères pendant que l’Australien ouvrira la piste dans les dunes. Le sourire de Brabec se comprend mieux.
Tosha Schareina, lui, a subi cette étape qu’il a dû entamer en deuxième position. Malgré les bonifications accordées aux ouvreurs, l’Espagnol perd du terrain. Son retard sur la tête de course dépasse maintenant le quart d’heure. Rien d’irrémédiable, mais la marge se réduit. La lutte entre les Red Bull KTM Factory Racing reste ouverte, même si l’équilibre penche en faveur de l’un d’entre eux.
Rally 2 : Michael Docherty confirme sa régularité
Loin des regards, Michael Docherty poursuit sa route. Il est cinquième de l’étape et premier de la catégorie Rally 2 pour la cinquième fois cette année. Ses espoirs de podium au classement général se sont envolés dès la première étape marathon. Qu’importe. Le pilote prouve sa valeur étape après étape, se glissant régulièrement parmi les meilleurs. Une satisfaction personnelle qui compte, même si le podium final s’est éloigné.
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Classement autos : Ekström profite de la panne de Lategan
Chez les autos, Mattias Ekström a remporté sa septième étape du Dakar. Le Suédois de la Ford Raptor affiche une régularité impressionnante depuis le début de la course. Jamais loin du leader, toujours dans le coup, il attend son heure. Aujourd’hui, il a devancé João Ferreira de 4 min 27 s et Mitch Guthrie de 4 min 55 s.
Mais le coup du sort qui l’a propulsé à la deuxième place du classement général porte un nom : Henk Lategan. Le Sud-Africain, au volant de son Toyota Hilux, avait pris les commandes du rallye pendant les trois quarts de l’étape. On se dirigeait vers un duel serré avec le Dacia Sandrider de Nasser Al-Attiyah. Puis, au kilomètre 428, la mécanique s’est grippée. Dix minutes d’arrêt. Une éternité. Lategan a perdu la victoire d’étape et est éjecté du podium, terminant quatrième à 7 min 21 s. La porte s’est ouverte pour Ekström. Il se retrouve à 4 min 47 s d’Al Attiyah.
Al-Attiyah gère et renforce sa position de leader
Nasser Al Attiyah peut souffler. Le quintuple vainqueur du Dakar a terminé l’étape à la onzième place. Mais son plus dangereux rival vient de s’effondrer. Le leader de l’équipe Dacia Sandrider n’a jamais paniqué. Il a roulé à son rythme, géré sa course et laissé les autres s’épuiser. La panne de Lategan lui offre un répit précieux. Le vent qui souffle dans le désert de Wadi Ad Dawasir lui est favorable.
Son coéquipier chez Ford Raptor, Nani Roma, a également profité des déboires du Sud-Africain pour conserver sa troisième place au classement général. Le Catalan se rapproche même d’Al-Attiyah, puisqu’il ne le devance plus que de 7 min 15 s. Contrairement à Ekström, il bénéficiera d’une excellente position de départ, en dixième position, demain. La plus longue spéciale du Dakar 2026 l’attend. L’occasion de revenir encore un peu plus sur le leader.
Camions : Vaidotas Zala entre dans l’histoire du Dakar
Vaidotas Zala a réalisé un exploit rare. Le Lituanien a remporté l’étape en camions, devenant le premier pilote de l’histoire à remporter des étapes dans les catégories autos et camions. Une reconversion réussie ! Il avait déjà remporté une spéciale en auto lors de la première journée du Dakar 2020 en Arabie saoudite. Il avait alors devancé Peterhansel, Sainz et Al-Attiyah. Rien que ça. L’année dernière, il avait pris la cinquième place du classement final en camion. Cette victoire le propulse à la troisième place du podium provisoire, à 33 minutes du leader, Mitch van den Brink.
Les reconversions réussies ne sont pas monnaie courante sur le Dakar. Stéphane Peterhansel reste le maître en la matière et Nani Roma l’a imité avec brio. Mais passer du monde de l’automobile à celui du camion sur le tard demeure rarissime. Zala vient d’écrire une page d’histoire.
Dakar 2026 : abandon de Bradley Cox chez Sherco
Bradley Cox ne sourira pas ce soir. Le dernier représentant de Sherco encore en lice a vu ses espoirs s’envoler au kilomètre 91. Une panne de pompe à eau l’a immobilisé. Le Sud-Africain a réparé, mais a laissé échapper près de deux heures. Il se retrouve à la treizième place du classement général, à plus de trois heures du leader. Sa mission se résume désormais à ramener sa moto jusqu’à Yanbu. Une victoire d’étape en chemin ne serait pas de refus. Lorenzo Santolino l’avait fait l’an dernier.

Les frères Benavides signent un doublé historique
Luciano et Kevin Benavides ont réalisé un doublé historique. Le premier a gagné dans la catégorie motos, le second dans la catégorie Challenger. C’est une première sur le Dakar : deux frères vainqueurs d’étape le même jour dans deux catégories différentes. Kevin, double vainqueur à moto en 2021 et 2023, confirme ainsi la justesse de sa reconversion. Il a devancé son compatriote Nicolas Cavigliasso de 5 min 40 s.
Les deux frères avaient déjà frappé très fort par le passé. En 2023, ils occupaient les deux premières places de la treizième étape, séparés de seulement 3 secondes. L’année suivante, Kevin l’emportait avec 31 secondes d’avance sur Luciano lors de la huitième étape. Aujourd’hui, ils franchissent un nouveau cap. Même les frères Al-Attiyah n’avaient pas réussi pareil exploit. En 2021, Khalifa avait gagné en SSV, tandis que Nasser avait signé le troisième temps en auto. C’était déjà impressionnant, mais pas suffisant pour égaler les Benavides.
Dakar 2026 : une lutte générale plus ouverte que jamais
La suite du Dakar 2026 s’annonce palpitante. Les positions au classement général sont serrées, les stratégies se dessinent et les favoris avancent masqués. Demain, la plus longue spéciale de cette édition départagera encore un peu plus les prétendants. Sanders parviendra-t-il à contenir Brabec ? Ekström peut-il revenir sur Al-Attiyah ? Benavides parviendra-t-il à poursuivre sa remontée ? Les réponses se trouvent quelque part entre les dunes, sur les pistes menant à Yanbu. Le désert ne pardonne jamais. Les pilotes le savent. Rendez-vous demain pour la suite.



