Le 23 janvier dernier, Ernest W. Baker a franchi un cap. Le duo Reid Baker et Inês Amorim a orchestré son premier défilé durant la Fashion Week parisienne, un passage obligé pour quiconque souhaite exister dans le paysage de la mode masculine contemporaine. Vous vous demandez sans doute pourquoi il a fallu attendre huit ans après la création de la marque en 2018 pour monter sur les planches parisiennes. La réponse tient en quelques mots : la maturité créative.
| 📌 Repères clés |
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| 👔 Maison : Ernest W. Baker 🎨 Directeurs artistiques : Reid Baker et Inês Amorim 🎬 Événement : Premier défilé parisien de la marque 📍 Lieu : Péniche sur la Seine, près de la tour Eiffel 🗓 Date : Fashion Week Homme – janvier 👔 Focus : Tailoring masculin inspiré des années 1970 🧵 Signature : Détails artisanaux, proportions maîtrisées, tartan revisité 🌍 Perspective : Expansion internationale et intérêt d’Hollywood |

Un premier défilé parisien sur une péniche de la Seine
Reid Baker et Inês Amorim ont choisi une vieille péniche amarrée sur la Seine, en aval de la tour Eiffel, pour présenter leur collection automne 2026. Boiseries sombres, rideaux de velours rouge, scène rétro : le décor plantait une ambiance cinématographique qui collait parfaitement à l’ADN de la marque. « Nous avons construit notre élan progressivement et sentions que l’énergie nous portait vers ce moment », confie Reid Baker. Tous deux souhaitaient tenter quelque chose de nouveau tout en respectant l’identité fondamentale de leur maison.
L’idée du voyage a guidé toute la conception. Des ornements Swarovski évoquant des constellations et des étoiles filantes parsemaient certaines pièces, rappelant que la destination importe moins que le chemin parcouru. Cette métaphore visuelle fonctionnait d’autant mieux qu’elle restait discrète, jamais appuyée.

Un tailoring masculin inspiré des années 1970
Vous connaissez peut-être Ernest W. Baker pour son approche du tailoring masculin, cette coupe affûtée qui s’inspire des années 1970 sans jamais verser dans le costume d’époque. La collection automne 2026 confirme cette direction avec assurance. Sur les 27 silhouettes présentées, 18 concernaient le vestiaire masculin, preuve que le duo mise résolument sur cet axe.
Le défilé s’ouvrait sur un costume croisé à fines rayures, directement inspiré de la garde-robe d’Ernest W., le grand-père de Reid Baker. Une chemise et une cravate assorties complétaient l’ensemble, installant immédiatement un formalisme assumé. Les créateurs ont ensuite décliné leur motif à carreaux signature, transformant le traditionnel carreau brun en un tartan noir et blanc. Cette évolution chromatique a ensuite traversé la maille et le cuir, témoignant d’une cohérence technique remarquable.
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Un savoir-faire artisanal au cœur de la collection
Ce qui frappe chez Ernest W. Baker, c’est l’attention maniaque portée aux détails et à la qualité de fabrication. Inês Amorim insiste sur ce point : le savoir-faire reste au cœur de leur démarche. Depuis leur base de Porto, où les collections sont produites, les deux créateurs supervisent chaque étape, ce qui leur permet d’adapter rapidement un motif tartan rouge et noir sur différentes matières.
Les vestes cintrées affichaient des revers en soie. Les pantalons adoptaient des coupes légèrement évasées, une proportion qui structure la silhouette sans la rigidifier. Les proportions restaient légèrement boxées, conférant aux ensembles une carrure affirmée, mais pas excessive. Le mocassin tailleur, accessoire phare de la saison, renvoyait directement aux années 1980.

Des influences maritimes traitées avec subtilité
Le thème maritime affleurait ici et là, jamais de façon littérale. Un blouson matelassé en cuir noir présentait des fermetures à bascule. Une marinière en cuir et daim noir apportait une touche subversive à ce vêtement archétypique. Reid Baker et Inês Amorim maîtrisent cet art délicat : emprunter des codes vestimentaires établis pour les déplacer légèrement, juste assez pour créer un décalage élégant.
La maille ornée de cristaux Swarovski représentant des constellations ajoutait une dimension poétique sans verser dans l’ornementation gratuite. Le velours côtoyait la laine, créant des contrastes tactiles qui venaient enrichir les tenues monochromes. Baker résume la philosophie de la marque : « Nous recherchons constamment cette perfection, ce total look affirmé et raffiné. »
Ernest W. Baker, une ascension internationale confirmée
Ernest W. Baker ne passe plus inaperçu. Les costumiers d’Hollywood frappent désormais à leur porte, signe que leur esthétique lynchienne séduit au-delà des frontières de la mode. Les créateurs restent discrets sur les détails, mais nous verrons bientôt leurs créations sur grand et petit écran. Un événement privé et un Trunk Show sont prévus prochainement au 10 Corso Como de Séoul, confirmant ainsi l’expansion internationale de la marque.
Cette première incursion sur les podiums parisiens marque un tournant. Reid Baker et Inês Amorim ont attendu le bon moment, celui où leur langage stylistique serait suffisamment affirmé pour justifier cette exposition. Le pari semble gagné : leur vision du vestiaire masculin contemporain trouve sa place dans une saison où le formalisme revient en force. Vous les verrez désormais comme des acteurs incontournables du tailoring moderne.
















