Entre mythologie chinoise et réalisme urbain, Feng Chen Wang signe pour l’automne 2026 une collection masculine où tailoring, imprimés animaliers et gestes artisanaux cohabitent. Inspirée du concept philosophique de Liang Yi, la créatrice explore la coexistence des contraires – du classique au sauvage – et livre un défilé aussi narratif que portable, marqué par une présence canine aussi inattendue que symbolique.
Le podium a offert une scène inhabituelle. Trois mannequins ont défilé accompagnés de leurs chiens, vêtus de manteaux assortis aux leurs. Cette présence canine a transformé la présentation en un moment de complicité inattendu, brisant les conventions rigides du défilé traditionnel. Les queues frétillantes des animaux contrastaient avec les poses étudiées des mannequins, apportant une touche de spontanéité rare dans cet univers souvent trop sérieux.
| 📌 Repères clés |
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| 🐉 Inspiration principale : le Classique des monts et des mers, texte fondateur de la mythologie chinoise ⚖️ Concept central : Liang Yi, coexistence harmonieuse de forces opposées 🐶 Moment fort du défilé : mannequins accompagnés de leurs chiens habillés assortis 🧵 Focus matières : denim tie-dye naturel + traitement chimique à reflets métalliques 🧥 Silhouettes : tailoring structuré, cargos larges, tricots déformés 🌈 Palette : tonalités terreuses, accents pastel, irisations arc-en-ciel |

Une esthétique animale au cœur de la collection Feng Chen Wang
Les références animales structurent l’ensemble de la collection, faisant écho à l’imaginaire mythologique déjà présent lors des saisons précédentes. On y trouve des chapkas ornées de fourrure, des bordures synthétiques sur les sacs et les chaussures, ainsi que des imprimés python déclinés sur les vêtements humains et canins. Wang transcende le figuratif pour proposer une vision tactile et immédiate de la bestialité. Le bomber en bouclé turquoise se distingue particulièrement, apportant une touche de couleur vive qui contraste avec les tonalités terreuses dominantes.
La créatrice explore le concept chinois de Liang Yi, une notion philosophique qui dépasse la simple dualité yin-yang. Elle l’explique comme la rencontre pacifique de deux forces opposées, deux personnalités distinctes qui coexistent harmonieusement. Cette philosophie se matérialise dans les pièces où s’opposent la retenue et l’extravagance, le structuré et le déstructuré.

Textiles, denim et savoir-faire : l’alchimie des matières
Les textiles racontent leur propre histoire. Des tricots moelleux adoucissent l’esthétique street des larges pantalons cargo en créant des volumes inattendus. Les chemises en popeline présentent des poignets démesurés laissés déboutonnés, tandis que de fins nœuds ceignent les cols. Cette attention portée aux détails témoigne d’une volonté de réinventer les codes vestimentaires masculins, sans pour autant tomber dans la provocation gratuite.
La collection atteint son point culminant avec les pièces en denim, qui incarnent à la fois l’excellence technique et la valorisation des savoir-faire traditionnels chinoises. Wang applique d’abord une teinture tie-dye réalisée avec des pigments naturels, puis soumet le tissu à un traitement chimique qui lui confère un léger éclat métallique. Cette superposition de procédés artisanaux et industriels illustre parfaitement la philosophie du Liang Yi. Les arcs-en-ciel irisés qui apparaissent sur le denim évoquent les reflets d’une flaque d’huile, créant une profondeur visuelle saisissante.
La collection propose également une réinterprétation du tailoring classique. Des costumes noirs structurés arborent des lignes de fils lâches rappelant des rayures, conférant ainsi aux vêtements une texture dégradée et brute. Les cardigans tricotés subissent une distorsion volontaire ou intègrent des poches en nylon, ce qui durcit leur apparence initialement douce.
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Tailoring classique vs instincts sauvages : la dualité Liang Yi
Les imprimés serpent, léopard et guépard se superposent, créant une cacophonie visuelle tempérée par des accents de fourrure. Ces motifs prédateurs s’opposent aux cravates preppy, aux chemises classiques et au tailoring, qui forment l’ossature de la collection. Wang refuse le compromis facile, préférant la confrontation productive des extrêmes.
Les touches pastel viennent ponctuer les tonalités terre, apportant une légèreté bienvenue. De grands manchons et des capes en fourrure introduisent une dimension théâtrale, tandis que des superpositions audacieuses défient les conventions du bon goût. Cette accumulation pourrait sembler chaotique, mais elle obéit à une logique interne rigoureuse.
La créatrice maintient un équilibre précaire entre ces polarités. Rien n’atteint jamais 100 % d’un côté ou de l’autre. Cette tension constante génère une énergie propre à la collection, évitant ainsi la fadeur du consensus comme l’incohérence du patchwork.

Réception critique et affirmation d’une maturité créative
La proposition masculine de Wang rencontre un écho particulièrement favorable. Les pièces fonctionnent individuellement tout en s’inscrivant dans une vision cohérente. La présence des chiens, loin d’être anecdotique, concrétise cette volonté de dissoudre les frontières, cette fois entre l’homme et l’animal. Les sourires inattendus sur le front row confirment la réussite de ce pari.
Feng Chen Wang prouve qu’elle peut naviguer entre récit mythologique et ancrage urbain sans perdre sa singularité, marquant ainsi une nouvelle étape dans la maturité créative de la marque. Sa collection automne 2026 affirme une maturité créative qui transcende les effets de manche pour proposer une garde-robe masculine réellement portable, tout en conservant une identité forte.




























