La maison espagnole LOEWE vient de présenter sa collection automne 2026 et le moins que l’on puisse dire, c’est que Jack McCollough et Lazaro Hernandez n’ont pas choisi la facilité pour leur deuxième passage à Paris.
McCollough et Hernandez, le duo new-yorkais désormais aux commandes de la maison, poursuivent leur travail de redéfinition avec une conviction rare. Alors que beaucoup de créateurs cherchent la gravité pour asseoir leur légitimité, eux choisissent délibérément l’inverse. Leur LOEWE est jeune, vif, parfois déconcertant, et assumé jusqu’au bout. Cette saison, pour les hommes, ils ont poussé leur réflexion sur l’artisanat dans une direction que peu attendaient.
| 📌 Repères clés |
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| 🧥 Jack McCollough et Lazaro Hernandez signent leur deuxième saison chez Loewe. 🪡 L’artisanat est poussé à un niveau où la trace du geste disparaît presque. 🧵 Latex imprimé en 3D, cuir ultra-lissé et shearling sculpté. 👖 Pantalons larges texturés et vestes longues inspirées du sportswear. 🎭 Lunettes à visière et kitten heels revisitées. 🏬 Ouverture d’une nouvelle Casa Loewe rue Saint-Honoré à Paris. |

Le résultat ? Des silhouettes qui interrogent la notion de « bien fait » en 2026. Une veste en cuir lissé à l’extrême, travaillée avec une finesse presque irréelle, donne l’impression d’avoir été moulée dans une usine automobile plutôt que façonnée à la main. Ce n’est pas un paradoxe : pour le duo, effacer toute trace du geste du tailleur est précisément le degré le plus abouti du savoir-faire.
La parka en coton bleu outremer, d’une sobriété presque brutale au milieu de pièces plus spectaculaires, résume bien la philosophie de la collection. Pas d’excès inutile, mais une attention portée à la couleur et à la coupe qui élève l’ordinaire. À côté, des écharpes gonflables portées sur des manteaux en laine confèrent aux silhouettes une légèreté volumineuse, presque ludique, sans jamais tomber dans la caricature.

Le shearling revient également, mais traité différemment. Rasé, teinté et sculpté en côtes larges pour imiter le velours côtelé, il produit une texture immédiatement reconnaissable sur des coupes amples. Ces pantalons larges en fausse côte de cheval ont une présence physique réelle sur le corps : ils sont lourds visuellement et surprenants au toucher.
Depuis longtemps, LOEWE entretient un lien fort avec le monde de l’artisanat, notamment à travers le LOEWE Foundation Craft Prize, dont McCollough et Hernandez assureront le rôle de jurés pour la première fois en 2026. Cette saison, cet engagement se traduit par des pièces qui repoussent les techniques traditionnelles vers des territoires inattendus. Le latex imprimé en 3D côtoie le cuir travaillé à l’ancienne, les deux procédés se rejoignant dans une même exigence de précision.
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Les vestes à capuche zippées en cuir souple prolongent les silhouettes scuba amorcées lors de leur premier défilé, mais avec une longueur supplémentaire qui leur confère une allure plus urbaine. Ce type de continuité entre les saisons est rare dans une maison qui se réinvente ; cela témoigne d’une vraie cohérence de vision, et pas seulement d’une volonté de provoquer.
Ce qui frappe, après seulement deux saisons, c’est la rapidité avec laquelle McCollough et Hernandez ont su imposer leur propre vocabulaire au sein de la maison LOEWE. Les accessoires, comme les lunettes à visière fixées par une large sangle ou les kitten heels à semelles caoutchoutées évoquant des chaussures de bain, ne sont pas là pour remplir un podium. Ils prolongent l’idée d’un sportswear américain librement réinterprété dans le contexte d’une grande maison européenne. La semaine même de ce défilé, LOEWE a ouvert sa deuxième Casa à Paris, rue Saint-Honoré : une boutique pensée comme une extension directe de cet univers riche en couleurs et en pièces d’exception.




















