Ibrahim Kamara a choisi Miles Davis comme fil conducteur de sa collection automne 2026 pour Off-White et le résultat est une réussite. Avant même d’entrer dans les détails des pièces présentées, il faut comprendre pourquoi cette référence est pertinente. Davis n’était pas seulement un musicien ; il s’habillait comme il jouait : avec une liberté totale, une précision redoutable et un sens du risque qui forçait l’admiration. Kamara l’a bien compris.
| 📌 Repères clés |
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| 🎺 La collection Off-White automne 2026 s’appuie sur le style et l’attitude de Miles Davis. 👔 Ibrahim Kamara poursuit l’évolution de la maison après Virgil Abloh. 📚 Le designer a étudié les tenues du musicien à Los Angeles et rencontré sa famille. 🧵 Denim patchwork, bomber contrasté et ensembles en vinyle noir. 🎨 Tons neutres ponctués de rouge vif, bleu acide et vert Kelly. 🖼 Certaines pièces utilisent des images de la maison de Malibu de Miles Davis. |

Pour préparer ce défilé, le directeur créatif s’est rendu aux archives de Miles Davis, à Los Angeles. Il a rencontré des membres de sa famille, étudié ses tenues sur plusieurs décennies, de ses débuts aux côtés de Charlie Parker dans les années 1940 jusqu’à la fin des années 1980. Ce travail de fond se ressent. Kamara ne cite pas Davis au premier degré ; il s’approprie son état d’esprit.
Pour les hommes, la collection commence là où Davis était le plus lui-même : dans les années 1970. Des pièces en denim patchwork brun, taillées avec des découpes circulaires de différentes tailles, rappellent à la fois l’attrait du musicien pour les pois et l’ADN graphique d’Off-White, la maison fondée par Virgil Abloh, qui a toujours su jouer avec les formes et les vides. Les découpes en arrondi, caractéristiques de la marque depuis ses débuts, reviennent ici avec une pertinence nouvelle.

Le bomber pour homme mérite une attention particulière. Travaillé dans le même esprit de contrastes de matières, il porte l’expérimentation sans forcer le trait. C’est la pièce la plus aboutie de cette collection pour homme : portée sur un pantalon large à jambe droite, elle suffit à elle seule à construire une silhouette.
Kamara a conçu plusieurs pièces en collaboration directe avec la succession Davis. Des vestes imprimées représentent la maison de Malibu dans laquelle le musicien vivait au milieu des années 1980, une image à la fois intime et iconique. Des T-shirts arborent le titre « Yesternow », l’un des morceaux les plus marquants de la période tardive de Davis, accompagné d’un portrait de l’artiste. Ce n’est pas du merchandising. C’est une forme de dialogue entre deux univers créatifs qui partagent la même exigence.
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La chemise et le pantalon en vinyle noir brillant constituent l’autre pôle fort de la collection pour homme. Alors que les pièces en denim misent sur la texture brute et le volume décontracté, ces deux-là imposent une rigueur presque théâtrale. On pense aux tenues de scène de Davis dans ses dernières années, à cette façon qu’il avait de s’habiller comme s’il se préparait à faire une apparition, pas une performance ordinaire. Le blouson à épaules plissées, imprimé de pois sur fond satiné, prolonge cette logique.

Depuis la mort de Virgil Abloh en 2021, Ibrahim Kamara développe son propre langage pour la maison. Cette collection automne 2026 montre qu’il ne cherche pas à effacer ce qui a été fait avant lui. Il avance en s’appuyant sur la culture qui a nourri Off-White dès ses origines : le sport, la rue et la musique noire américaine, pour proposer quelque chose de nouveau sans renier les fondations.
La palette chromatique s’inspire de l’époque de Davis, avec des tons neutres coupés par des éclats de rouge vif, de bleu acide ou de vert Kelly. Les vêtements masculins proposés ici ont du caractère sans être agressifs. Il suppose un homme qui sait ce qu’il veut porter et qui n’a pas besoin d’en faire trop. À l’image de Davis, finalement.




















