La collection Automne 2025 d’Andrea Pompilio pour Onitsuka Tiger capture l’énergie débordante de Tokyo, où la tradition se heurte à l’inattendu. Connu pour sa vision pointue de la mode masculine, le créateur italien bouleverse les normes rigides avec des pièces à la fois nostalgiques et résolument nouvelles. L’approche audacieuse de la génération Z en matière de style, où les règles se dissolvent et les contrastes s’épanouissent, alimente cette gamme, qui mêle la couture britannique, le style workwear et des touches ludiques.

La mode masculine domine avec des classiques réinventés. Les blazers courts sont associés à des pantalons qui arrivent aux chevilles et dont les ourlets courts remettent en question les proportions conventionnelles. Les cabans en simili cuir brillant aux manches délibérément allongées suggèrent un rejet conscient du raffinement. Les cardigans rétrécis et les grosses mailles superposées à des bermudas en tweed amples créent une dissonance qui semble intentionnelle, voire naturelle. Pompilio appelle cela des « juxtapositions erronées », en référence aux attentes européennes bouleversées par l’harmonie chaotique de Tokyo.
La collection se nourrit de subversion. Les costumes noirs traditionnels et les vestes à micro-pied-de-poule semblent rétrécis, comme s’ils sortaient d’un lavage à haute température. Les cabans en cuir synthétique contrastent avec les vêtements d’extérieur surdimensionnés, dont les surfaces lisses sont juxtaposées à des textures rugueuses. Les accessoires renforcent le thème : les baskets emblématiques Mexico 66 reviennent avec des clous en cristal, tandis que les bottes à ceinture et les ballerines à bout carré ajoutent une touche d’utilité. Un sac bowling retravaillé, conçu à l’origine pour les chaussures, allie praticité et style urbain.
Andrea Pompilio évite la nostalgie pour lui-même. Au lieu de cela, il emprunte des fragments du passé – une veste enduite d’inspiration britannique ici, un pull à motifs nordiques là – et les transforme en quelque chose de perturbateur. Le résultat ressemble moins à un hommage qu’à un manifeste pour les hommes qui n’ont pas peur d’expérimenter. Les silhouettes sont souples mais précises, les tissus tactiles mais irrévérencieux.