Le Design Museum de Londres consacre une rétrospective d’exception à Wes Anderson, dévoilant plus de 600 objets issus de ses archives personnelles. Costumes iconiques, maquettes monumentales et carnets de travail offrent une immersion rare dans l’univers du cinéaste, de The Grand Budapest Hotel à Fantastic Mr. Fox.
Dès les premières salles, la maquette monumentale de The Grand Budapest Hotel attire le regard. Cette structure rose bonbon de plus de trois mètres de large servait à filmer la façade emblématique du bâtiment pour le film de 2014. Elle trône parmi des centaines d’autres pièces qui témoignent du processus créatif méticuleux du réalisateur.

Un voyage chronologique à travers trente ans de cinéma
L’exposition adopte une approche chronologique qui permet de suivre l’évolution du travail d’Anderson depuis ses débuts. Le parcours commence avec Bottle Rocket, son premier long métrage sorti en 1996, et se termine avec The Wonderful Story of Henry Sugar, un court métrage oscarisé en 2023. Chaque section est consacrée à un film spécifique et présente les objets qui y sont associés.
Les visiteurs découvrent notamment des carnets à spirale dans lesquels le réalisateur consigne ses idées. Ces documents manuscrits révèlent son processus créatif, de ses premières inspirations aux esquisses de scènes. L’écriture caractéristique d’Anderson s’étale sur les pages, offrant un aperçu rare de la genèse de ses films.

Costumes iconiques et pièces oscarisées : l’élégance selon Anderson
La garde-robe exposée impressionne par sa diversité et sa richesse. Le manteau en fourrure FENDI porté par Gwyneth Paltrow dans The Royal Tenenbaums y côtoie l’uniforme de Max Fischer dans Rushmore. Les costumes primés aux Oscars de The Grand Budapest Hotel, créés par Milena Canonero, occupent une place de choix.
Les tenues de Ralph Fiennes, Tilda Swinton, Bill Murray, Scarlett Johansson et Owen Wilson sont présentées avec soin. L’ensemble complet de l’équipage Zissou dans The Life Aquatic with Steve Zissou permet d’apprécier le souci du détail apporté à chaque personnage. Ces vêtements ne sont pas de simples costumes, mais des éléments essentiels à la construction des univers andersoniens.

Les mondes miniatures : l’art du stop motion revisité
Les sections consacrées aux films en stop motion révèlent toute la complexité technique de cette animation artisanale. Les marionnettes originales de M. Fox, vêtu de son costume en velours côtelé signature, et de Nutmeg sont exposées aux côtés des décors miniatures construits avec précision.
Ces pièces témoignent de l’attachement du cinéaste aux techniques traditionnelles et manuelles. Anderson a créé ces univers en veillant à ce que chaque élément visible à l’écran existe comme un objet réel et tangible. Les créatures marines fantastiques de The Life Aquatic with Steve Zissou témoignent également de ce savoir-faire.

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Objets cultes et œuvres d’art créées pour l’écran
Le tableau Boy with Apple occupe une place particulière dans l’exposition. Présentée comme un portrait de la Renaissance dans The Grand Budapest Hotel, cette toile est en réalité une œuvre contemporaine de l’artiste britannique Michael Taylor, spécialement commandée par Anderson pour le film. Elle est exposée aux côtés du costume de concierge de Gustave H, porté par Ralph Fiennes, et des accessoires de Madame D, interprétée par Tilda Swinton.
Les distributeurs automatiques d’Asteroid City, le costume de Moses Rosenthaler porté par Benicio del Toro dans The French Dispatch, ainsi que de nombreux autres accessoires, complètent ce panorama visuel. Chaque objet raconte une partie de l’histoire cinématographique du réalisateur.

Les archives personnelles de Wes Anderson enfin révélées
L’histoire de cette collection commence après Bottle Rocket, lorsque Anderson se rend compte que tous les objets créés pour son premier film appartiennent à la société de production. Dès Rushmore, son deuxième long métrage, il décide de conserver personnellement chaque élément fabriqué après le tournage.
Cette démarche peu commune chez un cinéaste lui permet aujourd’hui de posséder des milliers d’objets. La plupart des pièces exposées n’ont jamais quitté les réserves depuis leur utilisation sur les plateaux de tournage. Le Design Museum a obtenu un accès sans précédent à ces archives pour cette rétrospective.

Une collaboration créative essentielle à son univers singulier
L’exposition met en lumière le travail collectif qui rend possible l’univers d’Anderson. Les contributions d’Eric Chase Anderson, Javier Aznarez, Milena Canonero, Roman Coppola, Alexandre Desplat, Erica Dorn, Mark Friedberg, Andy Gent, Juman Malouf et d’autres collaborateurs de longue date sont mises en lumière.
Lucia Savi, responsable curatoriale au Design Museum et co-commissaire de l’exposition, explique : « Chaque film de Wes Anderson plonge le spectateur dans un univers qui lui est propre, avec ses codes, ses motifs, ses références, ainsi que ses décors et ses costumes somptueux et immédiatement reconnaissables. Chaque objet présent dans un film de Wes Anderson revêt une importance particulière pour lui ; il ne s’agit pas simplement d’accessoires, mais d’œuvres d’art et de design à part entière qui donnent vie à ses univers inventifs. »
Johanna Agerman Ross, conservatrice en chef du Design Museum et co-commissaire de l’exposition, ajoute : « C’est un véritable cadeau que Wes Anderson, alors jeune cinéaste, ait eu la vision et la clairvoyance de conserver tous ses accessoires et objets magnifiquement conçus pour ses propres archives. »

Storyboards, maquettes et matériaux de travail : la fabrique d’un film
Le parcours intègre également du matériel de travail en cours et des maquettes préparatoires. Ces éléments permettent de comprendre les différentes étapes de fabrication des films. Les storyboards originaux, les Polaroïds et les croquis accompagnent les objets finis.
Tim Marlow, directeur général du Design Museum, déclare : « Wes Anderson a créé certains des films les plus distinctifs visuellement et les plus émouvants de ces deux dernières décennies, du charme mélancolique des Tenenbaums à l’esprit d’aventure juvénile de Moonrise Kingdom. C’est un créateur de mondes cinématographiques fascinant dont la vision singulière et le souci du détail s’appuient sur une compréhension aiguë du design et de l’artisanat. C’est pourquoi le Design Museum est le lieu idéal pour cette rétrospective historique. »

Une expérience immersive enrichie au Design Museum
Les visiteurs peuvent visionner le court métrage original Bottle Rocket directement dans les salles d’exposition. Réalisé en 1993 avec Owen Wilson, ce film de 14 minutes précède le long métrage et constitue une rareté pour les admirateurs du cinéaste.
L’exposition londonienne présente par ailleurs plus de 100 objets supplémentaires par rapport à la version présentée à la Cinémathèque française en mars. Cette nouvelle configuration met davantage l’accent sur le processus complexe de création des univers andersoniens et sur le rôle des collaborateurs.
Un catalogue exhaustif accompagne l’exposition. Publié par le Design Museum en collaboration avec Wes Anderson, il contient des essais de spécialistes du design et du cinéma, des photographies inédites, ainsi que des entretiens avec Owen Wilson, Scarlett Johansson, Jason Schwartzman, Tilda Swinton, Alexandre Desplat, Seu Jorge et Randall Poster.

Questions fréquentes
Quand se déroule la rétrospective Wes Anderson au Design Museum ?
L’exposition se tient du 21 novembre 2025 au 26 juillet 2026 au Design Museum de Londres.
Combien d’objets sont présentés dans l’exposition ?
Plus de 600 objets issus des archives personnelles de Wes Anderson sont exposés pour la première fois au Royaume-Uni.
Quelles œuvres majeures de Wes Anderson sont mises en avant ?
Des pièces de The Grand Budapest Hotel, Fantastic Mr. Fox, The Royal Tenenbaums, Isle of Dogs et bien d’autres films sont présentées.
L’exposition inclut-elle des objets inédits ?
Oui. Le Design Museum présente notamment des costumes oscarisés, des marionnettes en stop motion et des maquettes jamais dévoilées auparavant.



