HBO délaisse la démesure de Game of Thrones pour replonger Westeros dans une version plus rugueuse, centrée sur un chevalier errant sans titre et sur son jeune écuyer. A Knight of the Seven Kingdoms, attendue en janvier 2026, promet une immersion médiévale brute, intime et viscérale, soutenue par la vision de George R. R. Martin et un parti pris esthétique radical.
Programmée pour le 19 janvier 2026 en France sur HBO Max et Sky, cette série en six épisodes de trente minutes promet une approche résolument plus intimiste et viscérale de l’univers créé par George R. R. Martin.

La série est adaptée des nouvelles Tales of Dunk and Egg, des récits médiévaux centrés sur les aventures de Ser Duncan le Grand, surnommé Dunk, un chevalier errant interprété par Peter Clough. L’action se déroule un siècle avant les événements de Game of Thrones, à une époque où la dynastie Targaryen règne encore sur le Trône de Fer et où le souvenir des dragons est encore vivace.
Ce qui distingue fondamentalement A Knight of the Seven Kingdoms des productions précédentes, c’est son ancrage délibéré dans la réalité médiévale. Le showrunner, Ira Parker, a clairement exprimé sa vision lors du New York Comic-Con, affirmant que la série abandonne le format tentaculaire de Game of Thrones pour quelque chose de beaucoup plus brut.
« Ce n’est pas le Game of Thrones grandiose et tentaculaire que nous avons appris à connaître et à aimer », explique-t-il. « C’est proche et c’est intime. C’est brutal et c’est dur. C’est exactement ce que ça aurait été », ajoute-t-il pour clarifier son approche esthétique.
L’histoire suit le parcours de Dunk, un orphelin des bas-fonds de Port-Réal qui tente de se faire un nom sans héritage ni fortune. Son écuyer, Egg, incarné par le jeune Dexter Sol Ansell, l’accompagne dans cette quête périlleuse à travers Westeros. Parker insiste sur cette perspective inédite : « En suivant Dunk dans cette aventure, nous découvrons une perspective qui nous était jusqu’alors inconnue. Il a grandi dans les bidonvilles de Port-Réal, orphelin, sans nom, sans héritage et sans argent. Il n’a pas non plus reçu la meilleure éducation qui soit. »
La production mise énormément sur les scènes de tournoi médiéval, une passion avouée de George R. R. Martin, qui signe cette série en tant que co-créateur aux côtés d’Ira Parker. Martin s’est rendu sur le plateau en 2024, dans les environs de Belfast, et a découvert les décors reconstituant le tournoi d’Ashford Meadow, moment central de la première saison.
« Quelque part au nord de Belfast, dans les contrées sauvages de l’Irlande du Nord, ils avaient reconstitué tout le tournoi à Ashford Meadow », raconte-t-il avec enthousiasme. « Il y avait de magnifiques terrains, des tentes et des pavillons de joute. Il n’y a rien de tel que de voir quelque chose qui n’existe que dans votre tête prendre soudainement vie », confie l’écrivain américain, qui a trouvé dans cette adaptation l’occasion de placer les joutes au centre du récit.
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Il a lancé un véritable défi aux équipes techniques en exigeant les meilleures séquences de joute jamais filmées. « J’ai dit : “Réalisons les meilleures séquences de joutes jamais filmées” », révèle-t-il, faisant référence au film Ivanhoe de 1952, jusqu’alors son modèle absolu en matière de tournoi médiéval à l’écran.
Parker confirme cette ambition démesurée en annonçant une innovation spectaculaire : « Nous avons également organisé quelque chose qui, espérons-le, n’a jamais été vu auparavant, à savoir un tournoi de joute nocturne. Ça a l’air génial. Je suis très impatient que tout le monde puisse voir ça. » Cette scène nocturne pourrait bien marquer les esprits et redéfinir les standards visuels du genre.
La structure narrative resserrée de la première saison permet de se concentrer pleinement sur l’action. George R. R. Martin a dévoilé lors du Comic-Con de New York ses épisodes préférés, soulignant la puissance du cinquième volet entièrement consacré au combat.
« Le cinquième épisode est très intense. C’est l’épisode le plus riche en action. Je trouve que la façon dont ils l’ont réalisé est superbe », déclare-t-il avant de nuancer son propos. « Cela dit, je suis encore plus impressionné par le dernier épisode de la série, car la bataille est terminée à ce moment-là et le grand rebondissement a été révélé. Il s’agit d’un épisode épilogue. Ce sont les conséquences qui montrent les gens confrontés à la résonance émotionnelle de ce qui s’est passé dans l’épisode 5 », précise l’auteur, révélant ainsi la construction dramatique de la saison.
Peter Claffey évoque un souvenir intense du tournage : une scène où son personnage prononce un long monologue à cheval. « Je suis à cheval et j’ai énormément de choses à dire », explique l’acteur irlandais. « Nous l’avions fait lors des auditions et je me souviens d’avoir pensé : “C’est le véritable monologue de Dunk qui essaie d’implorer les gens de faire quelque chose”. Quand est venu le moment de tourner cette scène, j’étais assez nerveux, mais quand nous avons terminé, j’ai pris mon cheval et je suis parti. Mon adrénaline montait, j’ai sorti mon épée et j’ai crié. Ça peut sembler ridicule de le dire maintenant, mais c’était ma scène préférée », confie Claffey avec une franchise désarmante.
HBO manifeste déjà une confiance absolue dans le potentiel de la série, puisque la chaîne américaine a renouvelé A Knight of the Seven Kingdoms pour une deuxième saison avant même la diffusion du premier épisode. Cette saison 2 est prévue pour 2027, ce qui marque la volonté du diffuseur de développer l’univers de Game of Thrones sur le long terme.

Casey Bloys, PDG de HBO et de HBO Max Content, a confirmé cette décision lors d’une conférence de presse organisée à New York en novembre 2025. La franchise continue donc son expansion avec House of the Dragon, dont la saison 3 est attendue pour juin 2026, créant ainsi un calendrier de sorties dense pour les fans de Westeros.
L’Irlande du Nord retrouve son rôle de décor naturel pour Westeros, un territoire déjà exploré lors du tournage de Game of Thrones. Les paysages sauvages au nord de Belfast offrent l’authenticité recherchée par les producteurs pour recréer un Moyen Âge crédible et immersif.
Parker résume son intention artistique avec une formule limpide : « Nous voulons que le public ressente ce que ressent Dunk. Nous voulons être aussi proches que possible de lui. » Cette proximité émotionnelle constitue le pari majeur de la série, qui abandonne les intrigues politiques complexes de Game of Thrones au profit d’une expérience sensorielle directe du combat et de la survie.
Le choix de Dunk comme protagoniste permet d’explorer Westeros sous un angle social inédit : celui des classes populaires qui tentent de s’élever par les armes. Ce chevalier errant sans titre ni fortune incarne une vision démocratisée de l’héroïsme médiéval, loin des grandes maisons nobles qui dominaient les précédentes productions.
Les novellas de George R. R. Martin racontent les aventures de Duncan et Egg sur plusieurs années, ce qui laisse la possibilité d’une série en plusieurs saisons si le succès est au rendez-vous. Les trois récits publiés à ce jour, The Hedge Knight, The Sworn Sword et The Mystery Knight, offrent une matière narrative substantielle que la série pourra développer.
La relation entre le maître et son écuyer, qui structure le cœur émotionnel de la série, est un duo improbable dans un monde où l’origine sociale détermine le destin. Cette amitié transcende les barrières de classe et constitue le moteur du récit, un thème universel qui devrait toucher un public large, au-delà des seuls fans de fantasy.

A Knight of the Seven Kingdoms marque un tournant esthétique majeur pour la franchise Game of Thrones, privilégiant la brutalité réaliste et l’intimité des personnages aux grandes fresques politiques. La série teste une formule inédite, avec des épisodes courts et une narration concentrée, qui pourrait redéfinir les standards de la fantasy télévisuelle contemporaine.
HBO mise gros sur cette production qui doit maintenir l’intérêt pour l’univers de Westeros entre deux saisons de House of the Dragon. Le défi est de prouver que la richesse de cet univers permet d’explorer des genres variés, du drame politique dynastique au film de chevalerie médiéval.
Les premières images dévoilées lors du teaser officiel confirment le parti pris visuel ancré dans la boue et la violence des combats rapprochés. L’identité visuelle s’éloigne délibérément du spectacle pyrotechnique des dragons pour retrouver la rudesse des affrontements à l’épée et à la lance.
La sortie simultanée, le 18 janvier 2026 aux États-Unis et le 19 janvier en France, traduit la stratégie globale de HBO Max qui vise à capter l’attention internationale dès le lancement. Les six épisodes de la première saison seront diffusés selon un rythme encore non dévoilé, hebdomadaire ou en bloc, selon le choix du diffuseur.



