L’OMEGA Speedmaster X-33 s’envole avec la mission Artemis II de la NASA autour de la Lune

Au départ du centre spatial Kennedy, les quatre astronautes d'Artemis II comptent sur leur instrument en titane pour naviguer vers la Lune, renouant avec une tradition horlogÚre née en 1965 lors des missions Apollo.

Par
Vincent Mechet
Pigiste spĂ©cialisĂ© en horlogerie, Vincent MĂ©chet dĂ©crypte l’univers des montres avec prĂ©cision et passion. Entre savoir-faire traditionnel et innovations, il met en lumiĂšre aussi bien les...
10 Minutes de lecture
L'astronaute de la NASA Jessica Meir a partagé cette photo d'un écusson du programme Artemis flottant dans la coupole de la Station spatiale internationale - © Photo : NASA/Jessica Meir

Le 1er avril 2026, une fusĂ©e a dĂ©collĂ© du complexe de lancement 39B du centre spatial Kennedy, en Floride. À son bord, quatre astronautes, dont Christina Koch, qui portait une montre OMEGA Speedmaster X-33 Ă©mise par la NASA. À quelques encablures de lĂ , les dĂ©bats faisaient rage dans la communautĂ© horlogĂšre. Quelle montre ferait le tour de la Lune pour la premiĂšre fois depuis Apollo 17, en 1972 ?

Une montre unique portĂ©e par tout l’équipage

La mission Artemis II de la NASA n’est pas une mission ordinaire. Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et le Canadien Jeremy Hansen sont les premiers ĂȘtres humains Ă  s’aventurer au-delĂ  de l’orbite terrestre basse depuis plus d’un demi-siĂšcle. Dix jours de mission, une trajectoire libre de survol de la Lune et un retour sur Terre sont au programme. Le programme Artemis vise Ă  prĂ©parer un retour durable de l’humanitĂ© sur notre satellite naturel, en vue de futures missions vers Mars.

Lors de la confĂ©rence de presse de prĂ©-vol en quarantaine, le 29 mars 2026, les observateurs attentifs ont remarquĂ© les montres aux poignets des astronautes. Le commandant Reid Wiseman, le pilote Victor Glover ainsi que les spĂ©cialistes de mission Christina Koch et Jeremy Hansen portaient chacun une OMEGA Speedmaster X-33. Aucune Breitling en vue : tous les quatre arboraient cette mĂȘme montre en titane certifiĂ©e pour l’espace, issue de l’inventaire des Ă©quipements de vol certifiĂ©s de la NASA.

L'OMEGA Speedmaster X-33 s'envole avec la mission Artemis II de la NASA autour de la Lune
L’OMEGA Speedmaster X-33 – © Photo : OMEGA

Une conception issue d’une collaboration avec les astronautes

Pour comprendre pourquoi la NASA a choisi cette montre, un retour en arriĂšre s’impose. La Speedmaster X-33 a Ă©tĂ© officiellement prĂ©sentĂ©e le 28 mars 1998 au Johnson Space Center de Houston, Ă  l’initiative de l’ancien astronaute et gĂ©nĂ©ral Tom Stafford. L’idĂ©e Ă©tait simple : compenser les lacunes des premiĂšres gĂ©nĂ©rations de Speedmaster en matiĂšre de technologie quartz et d’affichage numĂ©rique. Les premiers prototypes remontent Ă  1995, fruit d’un travail conjoint avec des astronautes amĂ©ricains, europĂ©ens et russes, ainsi que des pilotes civils et militaires.

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Le nom de la montre est d’ailleurs un clin d’Ɠil au Lockheed Martin X-33, un vĂ©hicule spatial expĂ©rimental de la NASA. DĂšs ses dĂ©buts, la montre a Ă©tĂ© adoptĂ©e Ă  bord de la Station spatiale internationale, Ă©quipant des astronautes de presque toutes les nationalitĂ©s. Ce n’est donc pas une nouveautĂ© de circonstance brandie pour l’occasion.

Des fonctions pensĂ©es pour l’environnement spatial

La gĂ©nĂ©ration actuelle de la Speedmaster X-33 est dotĂ©e d’un boĂźtier en titane de grade 2, d’un calibre quartz 1666 et d’un verre saphir, pour une autonomie de trois ans. Le bracelet est Ă©galement en titane, ce qui confĂšre Ă  l’ensemble une lĂ©gĂšretĂ© remarquable au poignet, un atout non nĂ©gligeable pour les astronautes en combinaison pressurisĂ©e.

Il y a toutefois une limite que les passionnĂ©s connaissent bien. La Speedmaster X-33, avec son mouvement Ă  quartz et son affichage Ă  cristaux liquides, ne fonctionne pas dans le vide spatial. Autrement dit, si un astronaute devait sortir du vaisseau pour une activitĂ© extravĂ©hiculaire, il lui faudrait se tourner vers la bonne vieille Speedmaster mĂ©canique, la seule montre de bord certifiĂ©e pour les sorties dans l’espace. Une ironie savoureuse : la technologie la plus ancienne reste la plus fiable dans les conditions les plus extrĂȘmes.

📌 RepĂšres clĂ©s
🚀 La Speedmaster X-33 est portĂ©e par les quatre astronautes d’Artemis II
🌕 PremiĂšre mission habitĂ©e au-delĂ  de l’orbite basse depuis plus de 50 ans
đŸ›°ïž Montre certifiĂ©e par la NASA et intĂ©grĂ©e Ă  l’équipement officiel
⚙ Mouvement quartz et affichage numĂ©rique optimisĂ©s pour les missions
❌ InopĂ©rante dans le vide spatial lors des sorties extravĂ©hiculaires
⏱ La Speedmaster mĂ©canique reste indispensable en conditions extrĂȘmes
🔗 Collaboration Omega–NASA active depuis 1965
đŸȘ Une Ă©volution vers Mars dĂ©jĂ  anticipĂ©e avec la Marstimer

Une relation historique entre OMEGA et la NASA

Le lien entre OMEGA et la NASA est l’un des plus longs et des mieux documentĂ©s de l’histoire de l’horlogerie. C’est le 1er mars 1965 que la NASA a officiellement certifiĂ© la Speedmaster comme « montre approuvĂ©e pour toutes les missions spatiales habitĂ©es ». La procĂ©dure de sĂ©lection avait Ă©tĂ© impitoyable : rĂ©sistance Ă  la chaleur, au froid, aux chocs, aux compressions et dĂ©compressions ; seule la Speedmaster avait passĂ© tous les tests. Puis vint Apollo 13, en 1970. Lors du retour d’urgence, les astronautes ont utilisĂ© leurs montres Speedmaster pour chronomĂ©trer avec prĂ©cision les allumages des moteurs-fusĂ©es. Une montre avait ainsi aidĂ© Ă  sauver trois hommes.

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Soixante ans plus tard, l’OMEGA Speedmaster X-33 perpĂ©tue cette tradition sans chercher Ă  imiter la Moonwatch. Elle la complĂšte. La NASA a remis des X-33 Ă  l’équipage d’Artemis II dĂšs le mois d’aoĂ»t 2025 pour les entraĂźnements. Lors de la simulation de dĂ©collage finale, les quatre astronautes en portaient une au poignet. Les habitudes de travail priment, mĂȘme devant les camĂ©ras.

Une vision tournée vers Mars avec la Marstimer

Si l’X-33 embarquĂ©e sur Artemis II est la version 2 qualifiĂ©e pour le vol, Omega a entre-temps continuĂ© Ă  dĂ©velopper la lignĂ©e. En 2022, la marque suisse a dĂ©voilĂ© la Speedmaster X-33 Marstimer, une version conçue en partenariat avec l’Agence spatiale europĂ©enne (ESA). BoĂźtier en titane grade 2 de 45 mm, calibre quartz 5622 thermocompensĂ©, autonomie de 24 mois. Parmi ses fonctions les plus spectaculaires, on compte un affichage de l’heure martienne au mĂ©ridien d’origine, capable de tenir compte du fait qu’un jour sur Mars dure 39 minutes de plus qu’un jour terrestre. Une boussole solaire indique Ă©galement le nord gĂ©ographique, aussi bien sur Terre que sur Mars.

La Marstimer n’est pas la montre d’Artemis II. Elle montre toutefois jusqu’oĂč la marque pense Ă  long terme. Alors que l’équipage survole la Lune pour prĂ©parer un retour sur sa surface, les ingĂ©nieurs de la marque pensent dĂ©jĂ  Ă  Mars.

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Une montre conçue pour la performance plus que pour l’esthĂ©tique

La Speedmaster X-33 n’est pas une montre que l’on achĂšte pour sa seule beautĂ©. On l’achĂšte pour ses performances. Avec son boĂźtier en titane, sa lisibilitĂ© maximale et sa polyvalence en matiĂšre de fonctions chronomĂ©triques, c’est une montre de professionnel dans toute l’acception du terme. Son prix public reste accessible par rapport aux standards de la haute horlogerie, ce qui lui vaut une cote d’amour rĂ©elle sur le marchĂ© de l’occasion et auprĂšs des collectionneurs de montres spatiales.

Ce qui est frappant, c’est que la communautĂ© des amateurs de montres ait suivi avec une telle attention le poignet des astronautes d’Artemis II. Cela tĂ©moigne de l’attrait persistant des montres portĂ©es dans des contextes extrĂȘmes. Depuis 1965, chaque mission lunaire alimente la fascination pour les garde-temps spatiaux. Artemis II ne fait pas exception.

Artemis II relance une dynamique historique pour l’horlogerie

Artemis II est la premiĂšre mission spatiale habitĂ©e Ă  s’aventurer au-delĂ  de l’orbite basse depuis Apollo 17, il y a plus de cinquante ans. La mission doit durer dix jours, avec trois jours de transit vers la Lune, une journĂ©e d’observation en orbite lunaire, puis un retour vers la Terre. Pour les quatre astronautes Ă  bord, il s’agit d’une aventure sans prĂ©cĂ©dent. Pour l’horlogerie, c’est aussi un moment fort.

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Le fait que Christina Koch ait choisi ou reçu une Speedmaster X-33 pour ce voyage n’est ni le fruit du hasard ni un placement de produit. C’est le fruit de dĂ©cennies de certification, de tests et de retours d’expĂ©rience entre une marque et une agence spatiale. Dans ce contexte, la Speedmaster X-33 porte une responsabilitĂ© concrĂšte : aider une astronaute Ă  gĂ©rer le temps d’une mission autour de la Lune. Ce n’est pas rien.

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