La collection automne 2026 d’Emporio Armani marque une rupture douce et assumée. Pour la première fois, Silvana Armani et Leo Dell’Orco, les successeurs créatifs désignés par Giorgio Armani lui-même avant sa disparition le 4 septembre 2025, ont présenté conjointement un défilé co-ed lors de la Fashion Week de Milan, le 25 février dernier. Deux lignes, un seul podium. Le signal est fort.
| 📌 Repères clés |
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| 🗓️ 25 février 2026 : premier défilé post-Giorgio Armani à Milan 👥 Direction créative assurée par Silvana Armani et Leo Dell’Orco 🔄 Premier défilé co-ed pour Emporio Armani 🧥 Retour fort du tailoring en tweed, houndstooth et chevron 👖 Denim léger intégré au vestiaire structuré 🎨 Maintien des signatures maison comme le greige Armani |

L’idée venait du fondateur. Ce passage à un format mixte avait été planifié par Armani lui-même pour assurer la cohésion entre les collections masculines et féminines une fois en boutique. Dell’Orco, qui a travaillé quarante ans aux côtés de Giorgio Armani, est responsable de la ligne homme. Silvana Armani, la nièce du couturier, dirige la ligne féminine. Ce n’est pas une transition arrangée à la dernière minute. C’est une suite mûrement réfléchie.
Côté homme, la collection automne 2026 dresse un panorama large, presque exhaustif, du vestiaire Emporio Armani. Les manteaux d’abord : des cabans structurés, des trenchs enveloppants et des aviateurs en mouton retourné rappellent que la marque n’a jamais eu besoin d’effets pour exister. Les costumes trois-pièces arrivent ensuite : certains sont à carreaux, d’autres en prince-de-galles ou en chevron ; tous sont taillés dans des tissus britanniques travaillés à la manière italienne. La légèreté du toucher contraste avec la densité visuelle des matières.

Les silhouettes masculines affichent une énergie délibérément plurielle. Des tenues hipster avec des vestes de travail en denim à col contrasté côtoient des trois-pièces à carreaux avec des chaînes de poche. Des gentlemen de la campagne britannique apparaissent en manteaux amples, bermuda et chaussures solides. Des figures urbaines aux casquettes plates, cravates et pulls portés sous des vestes à carreaux rappellent l’esthétique des années 1920. Emporio Armani a toujours su que s’habiller n’est pas une question de catégorie sociale. Cette saison le confirme.
L’excellence de cette collection tient également à ses tissus. Le tweed, le fil-à-fil, le houndstooth et le herringbone structurent les manteaux et les costumes fluides avec une précision rappelant les grands tailleurs anglais. Mais Dell’Orco n’a pas voulu d’un vestiaire figé. Le denim revient dans des pièces légères et souples, taillées avec une précision inattendue pour ce matériau. Le résultat : une garde-robe qui respire.
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Les finitions soignent les détails. Les cravates étroites en soie jacquard portées lâchement autour du cou, les guêtres en mohair, les chemises blanches amples à col rond, pointu ou noué en lavallière pour les sorties du soir : tout cela témoigne d’un véritable travail d’orfèvre. La section soirée s’autorise même la queue-de-pie, le nœud papillon en cristal et la chemise à plastron. Une tenue pour la première à l’opéra. Ou pour tout autre événement.
Quarante ans aux côtés de Giorgio Armani, ça forge un regard. Dell’Orco ne cherche pas à réinventer la maison, mais à l’ouvrir légèrement. « Plus jeune dans l’esprit, un peu plus pétillant dans les détails », disait-il lui-même après le défilé, sans trahir le fil conducteur. Le greige Armani est là, tout comme les lainages taupe et les manteaux princesse épurés, autant de repères que les aficionados reconnaîtront immédiatement. Emporio Armani n’a pas changé de registre. Elle a simplement affiné son accent.






















































