Ferrari. Collection automne 2026. Ces deux mots suffisent à fixer les coordonnées d’un rendez-vous très attendu dans le calendrier de la mode masculine. Pour son dixième défilé à la tête de la maison italienne, Rocco Iannone a choisi un terrain de jeu singulier : la peau. Pas comme prétexte esthétique, mais comme principe de construction.
| 📌 Repères clés |
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| 🟥 Ferrari automne 2026 marque le dixième défilé de Rocco Iannone 🧥 Le cuir nude domine les premières silhouettes masculines 🧵 Des mailles tridimensionnelles évoquent des scarifications 🧶 Palette automnale : mousses, bruns, noirs profonds 🌊 Scénographie aquatique avec bassin ovale et déluge final 🏁 Le rouge Ferrari apparaît par touches maîtrisées ✂️ Construction directe sur mannequin pour certaines pièces |

Le décor plantait le ton. Un bassin ovale, quelques gouttes tombant de structures métalliques en hauteur, puis, pour finir, une ouverture franche sur le déluge. L’eau comme révélateur, et non comme ornement. C’est dans cet espace que la collection a pris forme, au sens propre du terme.
Les premières silhouettes masculines jouaient la carte de la retenue. Des costumes en cuir souple couleur chair, des manteaux aux genoux dans le même registre nude, des pièces qui semblaient prolonger l’épiderme plutôt que de le couvrir. L’intention était claire : vêtir l’homme sans l’effacer. La matière participait d’une logique de contact, voire d’une tactilité revendiquée, à une époque où les écrans ont remplacé les mains.

Iannone a ensuite glissé vers des silhouettes plus enveloppantes, des formes drapées qui épousent les volumes du corps sans les contraindre. Des vestes à col châle matelassées en soie ivoire, proches dans leur traitement de certains codes de la tenue de course, mais traitées avec une précision digne de la haute couture. Ces pièces, construites directement sur les mannequins, témoignaient d’une technicité discrète mais réelle.
La transition vers des propositions plus denses s’est faite avec des costumes en laine sèche aux tons mousses, bruns et noirs, une palette grave ancrant la collection dans une réalité quotidienne. Des vestes en cuir, souvent amples, affichaient une surface travaillée évoquant une écaille de tortue. Des mailles tridimensionnelles dont les motifs rappelaient des scarifications jouaient sur des effets de relief que l’on ne voit guère ailleurs.
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Le rouge Ferrari, signature incontournable, a fait une apparition mesurée : quelques touches de doublure visible sur les premiers looks, puis, plus loin, sous forme de coup de pinceau dans une robe du soir brodée sur voile, avec des fils qui semblaient traverser le tissu. Un effet de transparence sur un fond fragile et élaboré, loin du signe facile.
Ce défilé confirme l’ambition d’Iannone : construire un vestiaire masculin où le luxe ne se manifeste pas par l’ostentation, mais par la recherche. Le cuir, la soie, le jersey seconde peau, les tissus empruntés aux sous-vêtements, les mailles dont la surface est soulevée comme des plumes arrachées : chaque matière a été choisie pour ce qu’elle dit du corps qu’elle recouvre. L’érotisme dont parle le directeur artistique ne tient pas à la nudité, mais à l’idée que chaque pièce doit être découverte, explorée et comprise.
Dix saisons après ses débuts chez Ferrari, Iannone tient le cap. La collection automne 2026 ne cherche pas à séduire par le bruit. Elle propose à l’homme qui s’y intéresse un vestiaire construit, sensuel sans être démonstratif, technique sans être froid. Un exercice d’équilibre que peu de maisons savent tenir aussi longtemps.












