Simon Porte Jacquemus n’a jamais caché son obsession pour les années 1980. Pour sa collection automne 2026 présentée au musée Picasso, le créateur provençal transforme cette fascination rétro en laboratoire d’expérimentation pour l’homme contemporain. Le smoking devient un prétexte à l’audace et le costume abandonne ses codes convenus.
| 📌 Repères clés |
|---|
| 🏛️ Maison : JACQUEMUS 🧵 Créateur : Simon Porte Jacquemus 🎩 Pièce phare : smoking asymétrique et veste portée avec shorts 🧥 Best-seller confirmé : bomber en cuir échancré 📈 Chiffre clé : les ventes homme égalent désormais celles du vestiaire féminin 🇺🇸 Marché stratégique : États-Unis (ouverture à Miami Design District) 🎉 Intention créative : s’amuser, détourner les codes, refuser la tiédeur |

JACQUEMUS réinvente le smoking masculin
Vous pensiez tout connaître du smoking ? Jacquemus vous prouve le contraire. La veste blanche aux revers noirs asymétriques évoque vaguement l’univers aquatique, sans jamais tomber dans le littéral. Portée avec ce qui ressemble à des caleçons glorifiés, elle bouleverse les conventions du vestiaire de soirée. Le créateur s’amuse, repousse les limites et transforme le formalisme en fantaisie contrôlée.
Un blouson brodé de minuscules points multicolores, certains prolongés par des plumes, illustre cette approche ludique. Chez JACQUEMUS, le vêtement masculin n’est plus une armure professionnelle, mais un terrain d’expression personnelle. Cette liberté trouve son apogée dans une veste de smoking associée à des shorts défiant toute étiquette traditionnelle.

Le vestiaire masculin, nouveau pilier commercial de JACQUEMUS
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le prêt-à-porter masculin de JACQUEMUS égale désormais les ventes du vestiaire féminin. Le pantalon mène la charge, suivi par les chemises et la ligne de vêtements sur mesure. Cette progression ne doit rien au hasard, mais tout à une vision claire du vêtement pour homme moderne.
Le costume aux couleurs de pâte à modeler divise, voire provoque. Trop excentrique pour certains, audacieux pour d’autres, il témoigne d’une volonté d’expérimentation qui ne fait pas l’unanimité. Faut-il vraiment proposer ces teintes artificielles ? Peut-être pas. Mais Jacquemus préfère prendre le risque de se tromper plutôt que de se montrer tiède.
Chemise blanche et bomber : les essentiels
La chemise blanche, pièce maîtresse de la garde-robe masculine, retrouve ici une nouvelle ampleur, avec un retour à une élégance plus « cousue main ». Portée avec emphase, elle retrouve sa fonction première : structurer la silhouette. Les vestes bomber en cuir échancrées, déjà best-sellers dans les boutiques de la marque, s’imposent comme un investissement durable.
Ces bombers souples, vendus en duo avec des pantalons crayon assortis, incarnent l’élégance pragmatique. Vous les portez au quotidien sans vous poser de questions. Ils fonctionnent. Point. La matière est agréable au toucher et la coupe épouse le corps sans le contraindre.
Suivez toute l’actualité d’Essential Homme sur Google Actualités, sur notre chaîne WhatsApp, ou recevoir directement dans votre boîte mail avec Feeder.
Une mode masculine placée sous le signe du plaisir
« Je veux que tout le monde s’amuse, qu’on ne se prenne pas trop au sérieux », déclarait le créateur lors de la présentation. Cette obsession du divertissement traverse toute la collection masculine. La coiffure en forme de palmier des années 1980, reprise sur de nombreux mannequins, donnait le ton dès l’invitation accompagnée d’un peigne à grosses dents.
Le musée Picasso se transformait pour l’occasion en demeure imaginaire où se déroulait une fête mondaine. L’hommage à Paloma Picasso, idole du créateur, structurait la collection féminine, mais le vestiaire masculin conservait son indépendance créative. Plus original et moins prisonnier des codes rétro, il proposait une vision moins littérale des années 1980.
Les États-Unis, marché stratégique pour JACQUEMUS
L’ouverture d’une boutique dans le Miami Design District cet automne confirme l’importance stratégique de ce marché. Les États-Unis sont désormais le territoire clé de la maison. Cette expansion géographique s’accompagne d’une expansion de l’offre masculine qui ne cesse de gagner du terrain.
Depuis son premier défilé au musée Picasso, en septembre 2017, Jacquemus a bâti une puissance indépendante, avec des magasins à New York, Los Angeles, Londres et Paris. D’autres sont prévus. Le créateur, qui rendait l’impossible possible il y a huit ans, dirige aujourd’hui une entreprise qui rivalise avec les grands groupes du luxe.

Une créativité volontairement inégale mais assumée
Toutes les propositions ne convainquent pas également. Certaines silhouettes frôlent le pastiche, d’autres atteignent leur cible avec précision. Cette inégalité fait partie du processus créatif de Jacquemus. Il préfère proposer dix idées dont trois excellentes plutôt que trois idées simplement correctes.
Le défilé était peut-être un peu trop long. Trop long pour maintenir l’attention, il diluait son impact. Mais l’énergie du final, avec Jacquemus bondissant dans le bâtiment pour saluer, a rattrapé ces longueurs. Le créateur dansait, tournoyait et incarnait physiquement la joie qu’il voulait transmettre.
Famille, héritage et émotion au cœur du défilé
Assise au premier rang, Liline Jacquemus, la grand-mère du créateur et nouvelle ambassadrice de la marque, regardait fièrement son petit-fils. « Tant que mon petit-fils est heureux, c’est tout ce qui compte. La famille d’abord », confiait-elle. Cette présence familiale au cœur de l’événement rappelle les racines provençales dont le créateur ne se départit jamais.
Elizabeth Olsen et Damson Idris complétaient le parterre de célébrités, aux côtés d’Elton John, de Sophie Marceau et de Josh Hartnett. Le girl group coréen Illit apportait quant à lui une touche internationale. Peu de gens arboraient la coiffure palmier, malgré le tutoriel publié par le magazine Elle pour reproduire ce style.
























