Prix : 95 euros. Posé sur le comptoir, ce chiffre ne cille pas. Au Royal Monceau – Raffles Paris, on ne vend pas un œuf de Pâques, mais une œuvre d’art. Une chose que l’on hésite à casser, mais que l’on finira pourtant par briser avec un léger sentiment de profanation.
| 📌 Repères clés |
|---|
| 🍫 Création 2026 imaginée par le chef pâtissier Yazid Ichemrahen au Royal Monceau – Raffles Paris 🧺 Design cannage inspiré de la vannerie traditionnelle 🌍 Chocolat noir Passionato 62 % provenant des Caraïbes 🧈 Intérieur gourmand avec praliné sablé breton et caramel à la fleur de sel 💶 Prix de vente : 95 € 📅 Précommandes ouvertes depuis le 9 mars 2026 📦 Retrait des créations à partir du 28 mars 2026 |

Yazid Ichemrahen, le chef pâtissier du palace, et son chef exécutif, Alexandre Favre, ont imaginé ce qu’ils appellent l’Œuf Cannage. Le nom en dit long. Le cannage, ce travail patient du rotin tressé que l’on voit sur les chaises de bistrot ou dans les ateliers d’artisans oubliés, se présente ici sous la forme d’une coque en chocolat. L’idée n’est pas anodine. Elle rappelle que les gestes les plus anciens peuvent reprendre vie là où on les attend le moins : dans un palace de l’avenue Hoche, entre une toile de Basquiat et une clientèle vêtue de Loro Piana.
La coque, donc. Elle est moulée dans un chocolat noir Passionato 62 % de la Chocolaterie de l’Opéra, avec cette amertume franche des Caraïbes qui ne joue pas les timides. On ouvre. À l’intérieur, on découvre un praliné sablé breton relevé à la fleur de sel, un caramel tendre également salé, ainsi que des brisures de sablés qui craquent sous la dent. Le fondant contre le croquant, le sucre contenu par le sel : l’équilibre tient sans esbroufe.

Suivez toute l’actualité d’Essential Homme sur Google Actualités, sur notre chaîne WhatsApp, ou recevoir directement dans votre boîte mail avec Feeder.
Ce qu’Ichemrahen réussit ici, c’est de ne pas faire de la pâtisserie de palace comme on brandit un titre. Il travaille plutôt comme un artisan qui n’oublie pas que le temps est précieux et que la main laisse une empreinte. Le motif tressé qui orne la surface n’est pas un ornement ajouté en dernier recours. C’est le centre du projet. La vannerie comme point de départ, l’exigence du chocolat comme aboutissement. Rien n’est superflu.

On peut se demander si 95 € pour un œuf en chocolat relèvent du délire ou de la cohérence. Au Royal Monceau, la question se pose différemment. Ce palace a toujours fonctionné sur l’idée que l’art et le quotidien ne s’excluent pas. Avec sa galerie ouverte au public, sa librairie, son cinéma maison et son pâtissier qui dessine ses créations comme des sculptures, tout cela forme un ensemble. L’Œuf Cannage s’inscrit dans cette logique, sans forcer le trait.

Les précommandes sont ouvertes depuis le 9 mars. Le retrait débutera le 28 mars. Vous avez donc encore un peu de temps pour décider si vous l’offrez, si vous le gardez sur une table ou si vous vous jetez dessus un dimanche matin sans complexe. La troisième option est probablement la meilleure.



