Nike lance le programme Air Works pour réinventer la Air Max

Huit créatifs internationaux s'installent dans les laboratoires de l'Oregon pour fusionner l'héritage de la bulle d'air avec les promesses de la fabrication additive.

Par
Stéphane Leonelli
Stéphane Leonelli est rédacteur numérique chez Essential Homme, où il se spécialise dans le domaine des sneakers. Son parcours professionnel comprend également la couverture de la...
7 Minutes de lecture
© Photo : Nike

Le programme Air Works de Nike a été récemment annoncé, et il faut admettre que la marque au Swoosh n’a jamais fait preuve d’une telle ambition. Huit villes. Huit designers indépendants. Un seul objectif : repenser l’avenir de la Air Max à l’ère de l’impression 3D.

Pékin, Londres, Los Angeles, Mumbai, New York, Paris, Shanghai et Tokyo. La liste parle d’elle-même. Nike ne va pas chercher ses créatifs dans les écoles de mode parisiennes ou dans les bureaux feutrés de Beaverton. La marque se rend là où les baskets sont portées, vécues, discutées et revendiquées : au cœur des communautés. C’est précisément ce regard extérieur que Nike souhaite ramener en interne.

Du 11 au 14 mai prochain, ces huit designers rejoindront le campus Philip H. Knight à Beaverton, dans l’Oregon, pour un programme de recherche, de développement et de création sans précédent. Ils travailleront directement aux côtés des designers et ingénieurs de Nike, avec un accès à des lieux que peu de créatifs extérieurs ont jamais foulés.

Nike lance le programme Air Works pour réinventer la Air Max
© Photo : Nike

Un accès inédit aux laboratoires et aux archives de Nike

Parlons des coulisses. Les participants auront accès au Nike Air Manufacturing Innovation, le centre névralgique où la technologie Air est conçue depuis des décennies. Ils passeront également par le Department of Nike Archives, sorte de mémoire vivante de la marque, ainsi que par le Nike Sport Research Lab, le Blue Ribbon Studio et le Bowerman Footwear Lab. Ce n’est pas un stage d’observation. C’est une immersion totale dans les rouages d’une des marques les plus influentes du monde du sport et de la culture sneakers.

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Andy Caine, vice-président et directeur de la création de Nike Sportswear, ne mâche pas ses mots : « Air Works célèbre l’impact culturel de la Air Max et invite un groupe de créatifs internationaux à imaginer son avenir. C’est également une opportunité d’explorer en profondeur son histoire, son innovation et ses sources d’inspiration, tout en faisant dialoguer des regards extérieurs avec les outils, les talents et les savoir-faire uniques de Nike pour redéfinir ce que la Air Max représente pour cette génération. » Une déclaration qui sonne moins comme un brief marketing que comme une véritable conviction.

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L’impression 3D redéfinit la conception des sneakers Air Max

Ce qui distingue fondamentalement le programme Air Works des collaborations habituelles, c’est la technologie utilisée. Chaque designer créera un modèle de Air Max imprimé en 3D, développé en partenariat avec Zellerfeld, la start-up spécialisée qui avait déjà co-fabriqué la Air Max 1000 avec Nike. Ce modèle, sorti le 26 mars 2026 dans un coloris noir et volt, a marqué la première utilisation réussie de la technologie Nike Air dans une sneaker entièrement imprimée en 3D. Zellerfeld a même récemment repoussé les limites de son procédé en développant une impression bicolore sur une même chaussure, une première dans l’industrie. Michael Krause, Chief Platform Officer chez Zellerfeld, explique : « Cette approche bicolore, une première dans le secteur de la chaussure imprimée en 3D, permettra aux créateurs et aux marques de donner vie à des chaussures dans deux couleurs vives. »

L’impression 3D offre ici une liberté de forme que le prototypage classique ne permet pas. Pas de coutures, pas de semelles collées, pas de contraintes industrielles habituelles. La chaussure naît d’un fichier numérique et prend forme couche après couche, directement dans la matière. Pour des designers issus de cultures aussi diverses que Mumbai et Tokyo, c’est un outil qui permet de traduire une identité visuelle sans compromis.

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Nike lance le programme Air Works pour réinventer la Air Max
© Photo : Nike

Des éditions limitées pensées pour des communautés locales

À l’issue du programme, chaque designer lancera une édition limitée de sa création, réservée à son cercle proche et à sa communauté. Ces pièces seront mises à l’honneur tout au long de l’année, jusqu’à l’Air Max Day 2027. Autrement dit, Nike transforme ce programme en un événement qui s’étale sur plusieurs saisons, offrant à chaque designer une visibilité durable plutôt qu’un passage éclair sous les projecteurs.

C’est là que Nike joue finement. La Air Max fête cette année ses plus de 40 ans d’innovation technologique. Au lieu de célébrer cet anniversaire avec une rétrospective muséale, la marque projette la silhouette vers l’avenir en confiant ses clés à une génération qui n’existait pas lorsque la première Air Max a été lancée. Ce pari est cohérent avec l’ADN de la Air Max, une sneaker qui a toujours appartenu autant à la rue qu’au laboratoire.

Un casting encore secret pour entretenir l’attention autour du projet

Là, Nike joue encore la montre. Les identités des huit créatifs sélectionnés pour cette première promotion n’ont pas encore été révélées. La marque a annoncé que les informations seraient dévoilées « dans le courant de la saison ». C’est une façon de maintenir l’attention sur la durée et de créer une attente qui nourrira la sortie des éditions limitées. Pour les passionnés de sneakers qui suivent de près l’actualité de la chaussure, le suspense est bien réel. Un designer parisien ? Un designer de streetwear de Lagos ou de Séoul, ayant fait un passage à Mumbai ? Les spéculations vont bon train.

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