Rally-raid Portugal 2026, manche 2, étape 1 : Daniel Sanders écrase la concurrence et Joao Ferreira régale son public

Dans la boue de Grândola, un homme défie la médecine. Daniel Sanders, diminué physiquement, livre une partition parfaite pour assommer la concurrence dès l'ouverture de cette manche portugaise sous haute tension.

Par
Olivier Delavande
Fils d’un père français et d’une mère vietnamienne, Olivier Delavande a baigné dans une double culture qui a façonné sa curiosité et son ouverture d’esprit dès...
9 Minutes de lecture
Daniel Sanders (Australie), Red Bull KTM Factory Racing, lors du 1er étape du Rallye-raid du Portugal 2026 - © Photo : EdoPhoto / DPPI

Le Rally-Raid Portugal 2026 (Manche 2, Étape 1) a livré ses premières vérités sur les pistes glissantes autour de Grândola. Daniel Sanders a signé une démonstration en moto et Joao Ferreira a fait vibrer tout un peuple en voiture. Et Ford a vécu un mercredi cauchemardesque.

Rallye-raid du Portugal 2026, manche 2, étape 1 : Daniel Sanders écrase la concurrence et Joao Ferreira régale son public
AL-RAJHI Yazeed (Arabie saoudite), GOTTSCHALK Timo (Allemagne), Overdrive Racing, Toyota Hilux GR, lors du 1er étape du BP Ultimate Rally-Raid Portugal 2026, le 18 mars 2026 près de Grandola, au Portugal – © Photo : EdoPhoto / DPPI

Sanders impose un rythme intenable dès l’ouverture

On pouvait légitimement se demander dans quel état physique l’Australien de Red Bull KTM Factory Racing débarquait au Portugal. L’Australien de l’équipe Red Bull KTM Factory Racing avait en effet subi une opération à l’épaule et accusait une déchirure musculaire de sept centimètres à la jambe, séquelles d’une chute survenue en Australie, peu après le Dakar. De retour chez lui pour se faire opérer, il n’avait pas eu le temps de se remettre avant de remonter en selle. On pouvait donc s’attendre à voir un Sanders prudent, calculateur, presque en mode survie sur ces 180 kilomètres chronométrés.

Il n’en fut rien. « Chucky » a tout simplement écrasé la concurrence. Vainqueur du prologue-sprint de 3 kilomètres la veille, il a récidivé sur la spéciale du jour, creusant des écarts rarement observés à ce stade d’une épreuve. Tosha Schareina (Monster Energy Honda HRC) termine à 2 min 10 s. Son coéquipier, Adrien Van Beveren, pointe à 2 min 18 s. Derrière, la liste des grands noms accusant déjà un retard important est longue : Ricky Brabec à 5 min 33 s, Luciano Benavides à 7 min 6 s, Edgar Canet à 8 min 10 s.

Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur le sol ibérique, Sanders semble avoir retrouvé un terrain de jeu familier. C’est ici, au Portugal, qu’il avait décroché sa dernière victoire en date, lors de l’édition 2025. Après avoir été défait au rallye du Maroc en octobre, puis au Dakar en janvier, le champion du monde en titre revient avec une revanche à prendre. Au classement du championnat W2RC, il se trouve à 21 points du leader, son propre coéquipier, Luciano Benavides. Sa victoire du jour lui permet par ailleurs de porter à 27 le nombre de spéciales qu’il a remportées sur le W2RC. Un chiffre qui témoigne à lui seul de sa domination sur la discipline.

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Rallye-raid du Portugal 2026, manche 2, étape 1 : Daniel Sanders écrase la concurrence et Joao Ferreira régale son public
AMARAL Gonçalo (Portugal), Wingmotor, Honda CRF350, lors du 1er étape du BP Ultimate Rally-Raid Portugal 2026, le 18 mars 2026 près de Grandola, au Portugal – © Photo : EdoPhoto / DPPI

Ferreira lance sa course à la victoire devant son public

Du côté des quatre roues, c’est Joao Ferreira qui s’est illustré. Le pilote de Leiria, aux commandes de sa Toyota Hilux sous les couleurs de Toyota Gazoo Racing SA, a bouclé les 180 kilomètres chronométrés en 1 h 33 min 58 s, devançant l’Américain Seth Quintero de seulement 17 secondes. Sébastien Loeb (Dacia Sandridge) complète le podium à 28 secondes, devant Guy Botterill (Toyota) à 59 secondes.

Avant le départ, Ferreira avait prévenu. « On remet les compteurs à zéro et on va essayer de ramener la victoire », avait-il déclaré. Promesse tenue dès le premier jour. Pour ce fils du Portugal qui court devant ses compatriotes, l’enjeu dépasse le simple résultat sportif. Pour la troisième édition de l’épreuve, le rendez-vous est déjà pris avec le public local. L’an dernier, il avait remporté la dernière étape autour de Lisbonne. Cette fois, il vise la victoire finale et il a commencé de la meilleure des façons. Il lui reste quatre jours pour confirmer.

Le contexte portugais lui sourit par ailleurs, au-delà de sa propre performance. Luis Cidade (South Racing Can-Am) s’est imposé en SSV et Bruno Santos (BS – Frutas Patricia Pilar) a gagné en Rally2. Trois victoires dans trois catégories différentes pour le Portugal en une seule journée, comme lors de la dernière étape du Rally-Raid du Portugal 2025. La ferveur locale avait quelque chose de contagieux ce jour-là.

📌 Repères clés
🏍️ Daniel Sanders remporte l’étape 1 malgré une blessure lourde
⏱️ Écarts déjà significatifs avec plus de 2 minutes sur ses poursuivants
🇵🇹 Joao Ferreira gagne en voiture devant son public au Portugal
🚗 Ford perd ses trois pilotes officiels dès la première journée
🏁 Trois victoires portugaises dans trois catégories différentes
📊 Toyota reste compétitif Dacia place trois voitures dans le top 7
📖 Jeremy Knuiman décroche une première victoire historique en moto

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Ford éliminé dès le premier jour après une série noire

La journée s’est en revanche transformée en cauchemar pour l’équipe Ford. Le constructeur américain alignait trois Raptor officiels (Martin Prokop, Mattias Ekström et Carlos Sainz) et quatre autres privés, soit la représentation la plus étoffée jamais vue pour la marque lors de ce type d’épreuve. Résultat : tous les pilotes officiels ont été contraints à l’abandon.

Prokop et Sainz ont été victimes de problèmes moteur. Ekström, lui, a percuté un muret et endommagé le train avant de son véhicule. En quelques heures, les espoirs de Ford de briller lors de cette deuxième manche du championnat du monde se sont évaporés. Après avoir placé trois Raptor dans le top 5 au Dakar, ce retour à la réalité est difficile à accepter. La marque pourra toutefois viser des victoires d’étape d’ici l’arrivée à Loulé, dans l’Algarve.

Rallye-raid du Portugal 2026, manche 2, étape 1 : Daniel Sanders écrase la concurrence et Joao Ferreira régale son public
PRICE Sara (États-Unis), BERRIMAN Sean (États-Unis), Defender Rally, Defender Dakar D7X-R, lors du 1er étape du BP Ultimate Rally-Raid Portugal 2026, le 18 mars 2026 près de Grandola, au Portugal – © Photo : EdoPhoto / DPPI

Toyota solide Dacia reste en embuscade au classement

Malgré les déboires de Lategan et Variawa, qui ont tous deux connu des arrêts dus à des incidents avant de reprendre la route, Toyota affiche un bilan globalement satisfaisant à l’issue de cette première journée. Quintero est en tête, à 17 secondes de Ferreira, et Botterill est quatrième : le clan japonais tient le cap.

Du côté de Dacia, les trois Sandriders terminent dans le top 7. Loeb est troisième, Lucas Moraes, tenant du titre, est sixième à 1 min 46 s, et Nasser Al-Attiyah est septième à 3 min 14 s. Le Qatari, pénalisé d’une minute pour excès de vitesse dans une zone contrôlée, commence l’épreuve avec un léger handicap. Pour autant, avec 2 000 kilomètres encore à parcourir et quatre étapes devant eux, rien n’est joué.

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Rallye-raid du Portugal 2026, manche 2, étape 1 : Daniel Sanders écrase la concurrence et Joao Ferreira régale son public
Sébastien Delaunay (France), Odyssey Academy by BBR, Taurus T3 Max, lors du 1er étape du BP Ultimate Rally-Raid Portugal 2026, le 18 mars 2026 près de Grandola, au Portugal – © Photo : EdoPhoto / DPPI

Knuiman signe une première historique et marque le W2RC

La journée réserve également une anecdote qui mérite le détour. Jeremy Knuiman, un Néerlandais de 23 ans, avait récemment disputé l’Enduropale du Touquet et terminé sixième. C’était sa toute première participation à une épreuve du W2RC. Il repart avec une victoire, devenant ainsi le 123e pilote différent à s’imposer dans le championnat. Surtout, il offre aux Pays-Bas leur toute première victoire à moto dans cette compétition. Son père, Henk, avait quant à lui plusieurs fois atteint le top 10 du Dakar et avait servi de coéquipier au vainqueur Marc Coma en 2011. Le fils trace son propre chemin. Et de belle manière.

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