Le rallye du Portugal 2026 n’a pas encore dit son dernier mot, mais une chose est déjà claire : les Dacia Sandriders sont venus en conquérants. Du 17 au 22 mars 2026, la deuxième manche du Championnat du monde FIA de rallye-raid (W2RC) a offert un spectacle saisissant sur les pistes lusitaniennes, de Grândola à Loulé. C’est sous les couleurs d’une marque populaire, Dacia, qu’une nouvelle page du sport automobile s’est écrite.
Les chiffres ne mentent pas. Avant même de poser les roues sur le sol portugais, l’équipe Dacia Sandriders trônait déjà en tête du classement des constructeurs du W2RC avec 160 points, devant Ford Racing (127) et Toyota Gazoo Racing (97). Après leur victoire historique au Dakar 2026 – une première pour la marque au losange – avec Nasser Al-Attiyah et Fabian Lurquin, l’équipe débarquait au Portugal avec un appétit intact et une ambition clairement affichée.
Sébastien Loeb prend le contrôle du classement général
La première étape, disputée sur une boucle de 180 kilomètres autour de Grândola sous la pluie et la boue, avait donné le ton. Loeb et Boulanger terminaient troisièmes, à 28 secondes du leader. Déjà solide, mais pas encore souverain. « C’était une bonne journée pour nous. La spéciale était vraiment piégeuse, avec beaucoup de boue et une adhérence changeante. Ce n’était pas simple de gérer tout cela et de rester sur la route. On a vu beaucoup de voitures faire des erreurs, mais on a bien roulé, sans problème, et on est troisième au classement général pour l’instant. C’est seulement la première étape, mais je voulais terminer cette première journée, et c’est chose faite. »
La deuxième étape a tout changé. Sébastien Loeb a frappé très fort. L’Alsacien, associé à Édouard Boulanger depuis la fin de la saison 2025, a signé le meilleur temps sur les 377 kilomètres menant à Badajoz et a pris la tête du classement général. Derrière lui : du vide. Derrière, on trouve les Toyota de Botterill et Quintero, le Sandrider de Lucas Moraes et celui d’Al-Attiyah. Le patron, c’était Loeb.
Moraes et Al Attiyah renforcent une stratégie collective efficace
Dans un grand team, tout le monde travaille en collectif. Chez les Sandriders, le Brésilien Lucas Moraes et le Qatari Nasser Al-Attiyah ne sont pas là pour faire de la figuration. Lors de la troisième étape, longue de 296 kilomètres, c’est Moraes qui a frappé le premier en remportant le scratch devant Loeb, à 1 min 46 s. Une victoire personnelle, la première de Moraes avec Dacia. Un signal fort lancé à toute la concurrence.
Loeb, lui, a conservé la tête du classement général, avec une avance de 1 min 27 s sur Seth Quintero (Toyota) et 1 min 34 s sur son coéquipier. La stratégie de l’équipe fonctionne à merveille : deux Sandriders dans le top 3 au classement général et une troisième voiture disponible en cas de problème. Ce schéma avait déjà fait ses preuves au Dakar, où Al-Attiyah avait dominé en terminant premier, quatrième, septième et onzième au classement général.
| 📌 Repères clés |
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| 🏁 Dacia Sandriders domine la deuxième manche du W2RC 2026 📊 160 points pour Dacia contre 97 pour Toyota après le Dakar 🚗 Trois pilotes performants Loeb Moraes et Al-Attiyah dans le top 🥇 Loeb prend la tête dès la deuxième étape et impose le rythme 🌧️ Conditions difficiles au Portugal avec boue et terrains instables ⚙️ Une voiture développée avec Prodrive et carburant durable 🌍 Dacia s’affirme comme favori du championnat constructeurs |
Le rallye du Portugal 2026 impose des conditions imprévisibles
On pourrait croire que les pistes portugaises, plus proches du bitume que des dunes saoudiennes, sont moins éprouvantes que le désert d’Arabie. Ce serait une erreur. Les terres du centre et du sud du pays réservent en effet leurs propres pièges : revêtements changeants, boue après les pluies de printemps, pierres affleurantes, virages aveugles. La saison 2026 a d’ailleurs coïncidé avec un changement de calendrier notable : le rallye-raid du Portugal est passé de l’automne au printemps, bouleversant ainsi les repères tactiques de toutes les équipes.
Édouard Boulanger, le navigateur de Loeb, l’avait reconnu sans détour avant le départ : ces changements d’itinéraire et de calendrier transformaient cette édition en véritable saut dans l’inconnu. Autrement dit, même les meilleurs repartaient de zéro. Et dans ces conditions, les Dacia Sandrider ont su se montrer à la hauteur.
Une Sandrider conçue pour la performance et la régularité
Derrière les exploits des pilotes se cache une machine. Développée en partenariat avec Prodrive et alimentée par un carburant durable, la Dacia Sandrider est bien plus qu’une voiture de course. Conçue pour les terrains les plus hostiles de la planète, elle a déjà prouvé au Dakar qu’elle pouvait battre les constructeurs les plus réputés. Toyota, Ford, tous ont mordu la poussière face aux Sandriders depuis le début de la saison 2026.
Les chiffres de la première manche du W2RC donnent le vertige : 160 points pour Dacia au classement des constructeurs, contre seulement 97 pour Toyota. Un écart de 63 points après une seule manche qui témoigne du niveau de fiabilité et de compétitivité atteint par l’équipe technique basée à Viry-Châtillon.
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Sébastien Loeb poursuit une carrière hors norme en rallye raid
À 51 ans, Sébastien Loeb continue d’écrire son épopée dans le sport automobile. Neuf fois champion du monde WRC, il aurait pu raccrocher les gants depuis longtemps. Le rallye-raid lui a offert un nouveau souffle, une nouvelle façon de se battre, différente mais tout aussi intense. Son association avec Édouard Boulanger semble parfaitement rodée, les deux Français communiquant avec une fluidité remarquable sur des spéciales où la moindre erreur de navigation peut tout faire basculer.
Sa victoire d’étape lors de la deuxième spéciale du rallye du Portugal 2026 n’a rien d’anecdotique. Sur une épreuve exigeante, dans des conditions difficiles et face à une concurrence solide, il a imposé son rythme et son autorité. Le mot « légende » est souvent galvaudé dans le sport. Avec Loeb, il prend une résonance particulière.
Le W2RC 2026 bascule sous l’impulsion de Dacia
Le 22 mars, le rallye du Portugal 2026 s’est conclu à Vilamoura, avec la cérémonie du podium final à la marina. Que l’on retienne le nom de Loeb, de Moraes ou d’Al-Attiyah, le constat est le même : les Dacia Sandriders ont imposé leur loi sur les pistes portugaises et continuent de dicter le rythme du W2RC 2026. Trois autres manches attendent encore l’équipe cette saison – le Desafío Ruta 40 en Argentine, le Rallye du Maroc et l’Abu Dhabi Desert Challenge- pour que le titre constructeur soit décroché.
Une chose est sûre : la marque née dans les Carpates roumaines pour proposer des voitures simples et accessibles est en train de réécrire les règles du sport automobile tout-terrain. Et ce n’est pas fini.



