ZARA vient d’annoncer sa collaboration avec le créateur new-yorkais d’origine mexicano-américaine pour une capsule baptisée VATÍSIMO, disponible dès le 26 mars 2026. Le lancement se fera via un pop-up exclusif au 73 Spring Street, à SoHo, ainsi que dans une sélection de boutiques à travers le monde et en ligne. Tout va vite cette saison chez ZARA.

Le nom mérite qu’on s’y attarde. VATÍSIMO est le superlatif de vato, un terme familier profondément ancré dans la culture chicano qui désigne les amis proches, les partenaires et la famille que l’on choisit. Chavarria en fait le titre de cette collection, et ce n’est pas anodin. Ce mot exprime quelque chose de fondamental sur son rapport à la mode : pour lui, créer des vêtements, c’est d’abord une question d’appartenance, de liens et de dignité. Pas de folklore. Pas d’exotisme. Une conviction.
On connaît le pedigree du designer. Double lauréat du prix CFDA du meilleur styliste de prêt-à-porter masculin en 2024 et 2025, et ancien vice-président exécutif du design chez Calvin Klein, il s’est forgé une réputation grâce à ses coupes amples, ses épaules structurées rappelant les silhouettes des années 1980 et son esthétique ouvertement politique. Ses défilés parisiens ont attiré l’attention internationale sur une culture longtemps ignorée par les grandes maisons de couture. Avec VATÍSIMO, il s’adresse désormais à un public beaucoup plus large, sans rien céder à l’exigence qui caractérise son travail.

La collection couvre le prêt-à-porter pour hommes et femmes, les accessoires et les bijoux. On y trouve des pièces taillées dans des matières soignées (cuir, denim, cupro, maille), avec cette précision de coupe que l’on attendrait plutôt d’une maison de luxe que d’un géant de la fast fashion. Jupes crayon structurées, chemises à bords francs, chaussures aux textures affirmées, ceintures et sacs en cuir premium : la gamme est large et chaque pièce porte la signature visuelle du créateur. Les roses rouges emblématiques de Chavarria sont présentes sur les étiquettes intérieures. Un détail qui compte.
Pour accompagner le lancement, le créateur a choisi Glen Luchford comme photographe et a fait appel à des mannequins qui ne sont pas là par hasard. Christy Turlington, top model des années 1990, retrouve les plateaux de tournage aux côtés de l’acteur mexicain Alberto Guerra. Tournée au Mexique, la campagne s’inspire de l’univers des telenovelas, ce théâtre des passions populaires où se jouent jalousie, désir et pouvoir, sur fond de lumières chaudes et de regards lourds de sens. Luchford et Chavarria en tirent quelque chose de tendu et immédiatement reconnaissable, qui tranche avec l’habituel glacis des campagnes de mode.
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ZARA multiplie les partenariats ambitieux. Quelques jours à peine après l’annonce de Chavarria, la marque confirmait une collaboration de deux ans avec John Galliano. Le message est clair : ZARA veut rendre la mode exigeante accessible. Avec Willy Chavarria, le calcul est différent de celui d’un simple coup marketing. VATÍSIMO porte une identité culturelle précise, latino-américaine et chicano, qu’il transmet sans concession à des millions de clients dans le monde. C’est la portée de ZARA au service d’une vision singulière. La question que tout le monde se pose maintenant est la même : combien de temps avant que les pièces disparaissent des rayons ?











