Les pneus quatre saisons peuvent-ils vraiment remplacer les pneus saisonniers ?

Pour la plupart des automobilistes français, les pneus quatre saisons offrent une alternative économique et pratique au double équipement saisonnier, combinant économies financières, gain de temps et réduction de l'impact environnemental.

Par
Aurélien Ronto
Né au début des années 1990 dans la région parisienne, Aurélien Ronto est un journaliste spécialisé dans l'automobile qui a su transformer sa passion pour les...
8 Minutes de lecture
© Photo : zigmunds (Depositphotos)

La France fait partie des pays européens où le rituel du changement de pneus rythme encore le quotidien de millions d’automobilistes. Deux fois par an, vous prenez rendez-vous chez votre garagiste, vous patientez dans la salle d’attente et vous réglez une facture qui s’alourdit d’année en année. Pourtant, une alternative gagne du terrain sur nos routes : les pneus quatre saisons. Cette solution mérite qu’on s’y attarde sérieusement, car elle bouleverse nos habitudes sans compromettre la sécurité.

Le vrai coût du changement saisonnier

Faisons les comptes. Posséder deux jeux de pneus représente un investissement initial conséquent. Il faut compter entre 400 et 800 euros pour des pneus hiver de qualité, auxquels s’ajoutent les pneus été. Le montage et le démontage vous coûteront généralement entre 60 et 100 euros par intervention, soit entre 120 et 200 euros par an.

- Publicité -

Ajoutez à cela le coût du stockage si vous ne disposez pas d’un garage ou d’une cave adaptée. Certains centres facturent ce service jusqu’à 80 euros par saison. Sur cinq ans, vous aurez dépensé près de 2 000 euros uniquement pour jongler entre deux montes.

Les pneus quatre saisons bouleversent cette équation. Un seul jeu suffit, certes légèrement plus onéreux à l’achat qu’un train de pneus été, mais bien moins cher que deux jeux complets. Vous divisez vos frais de montage par deux et supprimez totalement les coûts de stockage.

- Publicité -
Les pneus quatre saisons peuvent-ils vraiment remplacer les pneus saisonniers ?
© Photo : robert-superphoto (Depositphotos)

Libérez-vous des contraintes temporelles

Mars et octobre sont des mois stressants pour beaucoup d’automobilistes. Les centres auto affichent complet des semaines à l’avance. Vous devez anticiper, réserver, voire poser une demi-journée de congé pour un rendez-vous que vous honorerez peut-être sous un soleil radieux ou lors d’un redoux inhabituel.

La météo ne suit plus le calendrier comme avant. Les premiers froids peuvent survenir début novembre et les dernières gelées se produire jusqu’en avril. Rouler quelques semaines avec des pneus inadaptés expose à des risques réels, sans parler des amendes encourues dans certaines zones de montagne soumises à la loi Montagne.

- Publicité -

Avec des pneus toutes saisons, vous supprimez cette gymnastique logistique. Votre véhicule est parfaitement équipé douze mois sur douze, quelle que soit la température extérieure. Vous gagnez ainsi un temps précieux et une tranquillité d’esprit appréciable.

L’argument écologique prend du poids

Produire deux jeux de pneus plutôt qu’un seul double l’empreinte carbone liée à leur fabrication. L’extraction des matières premières, le transport et la transformation en usine sont autant d’étapes énergivores qui se répètent inutilement.

- Publicité -

Le stockage pose également question. Conserver des pneumatiques dans des conditions optimales nécessite en effet des espaces dédiés, souvent chauffés ou climatisés selon les régions. Cette consommation énergétique supplémentaire pèse sur le bilan environnemental global.

Les déplacements bi-annuels chez le garagiste s’additionnent également. Sur une durée de vie automobile de dix ans, vous effectuez ainsi vingt allers-retours qui auraient pu être évités. Certes, l’impact individuel peut sembler modeste, mais multiplié par des millions d’utilisateurs, il devient significatif.

- Publicité -

Les fabricants ont accompli des progrès remarquables. Les pneus modernes affichent désormais une longévité accrue, ce qui limite le renouvellement fréquent et réduit la quantité de déchets à traiter.

Des performances qui tiennent leurs promesses

Vous craignez peut-être qu’un compromis technique rime avec des performances médiocres. Cette inquiétude était légitime il y a une décennie. Les premiers pneus toutes saisons offraient en effet des performances moyennes, ni excellentes sur la neige, ni optimales sur l’asphalte sec.

- Publicité -

La donne a changé. Les ingénieurs ont développé des mélanges de gomme sophistiqués qui conservent leur souplesse par grand froid, tout en résistant à la chaleur estivale. Les sculptures de la bande de roulement intègrent désormais des lamelles fines pour assurer une bonne motricité en hiver et des blocs rigides pour garantir une bonne tenue de route en été.

Les certifications 3PMSF, symbolisées par le pictogramme montagne et flocon, garantissent des performances hivernales conformes aux normes européennes. Ces pneus répondent aux exigences légales en vigueur dans les zones soumises à l’obligation d’équipements spéciaux.

- Publicité -

Bien sûr, un pneu hiver pur restera supérieur sur verglas ou neige épaisse. De même, un pneu été offrira un rendement kilométrique légèrement meilleur. Mais pour la grande majorité des conducteurs français qui ne roulent que rarement sur la neige et n’exploitent jamais le potentiel maximal de leurs pneus, les pneus quatre saisons constituent un excellent compromis.

Suivez toute l’actualité d’Essential Homme sur Google Actualités, sur notre chaîne WhatsApp, ou recevoir directement dans votre boîte mail avec Feeder.

Optez pour des produits certifiés et reconnus

L’achat de pneumatiques nécessite réflexion et discernement. Optez toujours pour des références homologuées ayant subi les tests réglementaires. Les économies réalisées sur des produits douteux se paient souvent au prix fort en cas de situation d’urgence.

Des plateformes spécialisées comme Allopneus, accessible via ce lien, proposent une sélection rigoureuse de modèles certifiés. Vous y trouverez les grandes marques, mais aussi des alternatives de qualité à des prix plus accessibles. Comparez les étiquetages européens qui renseignent sur la consommation de carburant, l’adhérence sur sol mouillé et le niveau sonore.

N’hésitez pas non plus à consulter les tests indépendants publiés par la presse automobile spécialisée. Ces évaluations en conditions réelles apportent un éclairage précieux sur le comportement routier, le freinage et la durabilité.

Quelques limites à considérer

Soyons honnêtes. Les pneus quatre saisons ne conviennent pas à tous les profils. Vous habitez en haute montagne et vous affrontez régulièrement des routes enneigées pendant plusieurs mois par an ? Optez plutôt pour des pneus hiver dédiés.

Vous possédez une voiture de sport et recherchez des performances maximales sur circuit ou sur des routes sinueuses ? Optez plutôt pour des pneus été haute performance.

L’usure peut également varier en fonction du kilométrage annuel. Un conducteur parcourant 30 000 kilomètres par an sollicitera davantage ses pneumatiques qu’un utilisateur urbain occasionnel. La rentabilité du pneu quatre saisons s’apprécie donc au cas par cas.

La question posée en titre appelle une réponse nuancée. Pour la plupart des Français résidant en plaine ou en zone urbaine, parcourant des distances moyennes et privilégiant la polyvalence, les pneus quatre saisons constituent une solution parfaitement viable.

Vous réalisez ainsi des économies substantielles, simplifiez votre organisation et réduisez votre impact environnemental. Les technologies actuelles offrent un niveau de sécurité satisfaisant dans la quasi-totalité des situations que vous pourrez rencontrer.

Cette option moderne mérite donc d’être sérieusement envisagée lors du prochain remplacement de vos pneumatiques. Elle incarne une approche pragmatique de l’automobile, loin des dogmes et proche des réalités quotidiennes.

- Publicité -
ÉTIQUETTES :
Partager cet article