Pour son deuxième chapitre chez DIOR Men, Jonathan Anderson approfondit une vision qui mêle opulence brodée, décontraction maîtrisée et clins d’œil à l’héritage couture. Photographiée dans un décor chargé d’histoire sur l’île Saint-Louis, cette collection Pré-Automne 2026 dévoile une écriture stylistique plus affirmée, où la précision du geste et le goût du détail deviennent le fil conducteur.

« La première collection était le chapitre un. Je n’ai pas envie de m’en éloigner trop vite », confie Anderson. Le directeur artistique revendique une approche méthodique, presque pédagogique. Renforcer, peaufiner, donner de l’importance aux détails : voilà son programme. Les pièces phares de son arrivée chez DIOR réapparaissent donc, légèrement transformées. Les redingotes somptueusement brodées, les bermudas cargo « Delft » aux proportions généreuses évoquant des jupes, les vestes Bar en tweed : autant de codes qu’il installe patiemment dans l’ADN de la maison.
Le nom « Delft » fait référence à une robe haute couture créée par Christian Dior en 1948. Anderson s’en empare pour sculpter des bermudas aux volumes spectaculaires. Cette saison, ils apparaissent ornés d’un blason médiéval démesuré orné de l’abeille porte-bonheur DIOR au centre. Le créateur raconte avoir aperçu ce motif du coin de l’œil lors d’une visite de l’exposition Caravage à Rome. On les découvre également en calicot parsemé de boutons de roses, preuve que le créateur sait jouer avec les registres.
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Le look d’ouverture donne le ton. Un manteau et un blouson bleu royal richement brodés de motifs floraux baroques sont associés à un jean délavé clair et à un sac messager en daim taupe. La formalité s’adoucit et devient plus accessible. Plus loin, un blazer en tweed brun dialogue avec un jean ample et des mocassins en daim. Anderson excelle à faire cohabiter l’extraordinaire et le quotidien, un talent qu’il avait déjà démontré durant ses années chez LOEWE.

Le cadre choisi pour ces photographies n’est pas anodin. L’opulence dorée d’un appartement de l’île Saint-Louis établit le décor d’un grand écart stylistique, de la haute couture au vestiaire ordinaire. Anderson y présente des pièces susceptibles de séduire la clientèle masculine la plus conservatrice de DIOR. Pantalons en flanelle grise, chinos rouges, chemises françaises, veste Harrington décontractée-chic, pull à rayures de rugby, costume du soir en velours bleu étroit : le vestiaire classique y trouve sa place.
Mais le créateur n’oublie pas les passionnés de mode qui décrypteront ses références. Boucles de ceinture à médaillons dorés DIOR, broches amusantes en forme de lapin et de crevette façonnées à partir de dés à coudre, de pièces de machine à coudre et de pelotes à épingles : ces détails griffés constituent le guide d’Anderson pour paraître sans effort.

« Même si quelque chose peut sembler très normal, Delphine et moi veillons à ce qu’un simple jersey soit fabriqué au meilleur endroit du monde », conclut-il. La qualité devient l’obsession silencieuse qui doit permettre de construire une garde-robe intemporelle. Anderson ralentit l’accélération vertigineuse de la perception de la mode actuelle. Il prend le temps d’installer son langage chez DIOR, pièce après pièce, collection après collection. La suite est prévue pour mai, avec le défilé Cruise 2026 à Los Angeles.









































