Luciano Benavides est peut-être le nom que personne n’attendait en tête du classement général du Dakar 2026, mais il avait déjà montré ses intentions la veille. Pourtant, l’Argentin occupe désormais la première place après avoir remporté la huitième étape, la plus longue spéciale de la quinzaine avec 483 kilomètres, autour de Wadi Ad Dawasir. Dans la catégorie autos, Saood Variawa confirme son immense potentiel en remportant sa deuxième victoire d’étape, à seulement 20 ans. Le rallye-raid prend une tournure inattendue.
| 📌 Repères clés |
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| 🏍️ Leader motos : Luciano Benavides (KTM) ⏱️ Écart au général motos : 10 secondes entre Benavides et Sanders 🚗 Vainqueur autos : Saood Variawa (Toyota) 🌍 Lieu : Wadi Ad Dawasir 📏 Distance spéciale : 483 km (plus longue de l’édition) 🏁 Nation en vue : Afrique du Sud (doublé autos) ♀️ Exploit féminin : doublé Klaassen / Akeel en Challenger |
Luciano Benavides, nouveau leader du Dakar 2026
Un retour en arrière s’impose, pour comprendre les premiers grands bouleversements de ce Dakar 2026. Avant le départ de cette édition, les pronostics convergeaient vers un affrontement entre Daniel Sanders et Tosha Schareina. Les deux hommes avaient écrasé la saison 2025, ne laissant que peu d’espoir aux autres prétendants. Luciano Benavides apparaissait parmi les outsiders, malgré son entrée progressive parmi les leaders. Rien de plus. Aujourd’hui, il change de dimension. L’Argentin a ouvert la piste sur l’ensemble des 483 kilomètres, remportant toutes les bonifications d’ouverture, soit 7 minutes et 28 secondes. Sa troisième victoire d’étape en 2026 lui permet de prendre la tête du classement général, avec seulement 10 secondes d’avance sur son coéquipier australien, Sanders. Une première dans sa carrière.
Le pilote KTM avait déjà prouvé l’année précédente qu’il avait les capacités pour s’imposer en ouvrant. Il récidive cette année. « Depuis deux jours, c’est super rapide et, dans ces conditions, je me sens à l’aise. J’arrive à bien lire le road book et à prendre de bonnes décisions. J’ai pris beaucoup de minutes de bonus, c’est une bonne journée pour moi », a déclaré Benavides à son arrivée au bivouac. Sa performance témoigne d’une nouvelle maturité. L’homme ne tremble pas sous la pression du chronomètre.

Daniel Sanders toujours en embuscade
Daniel Sanders n’a pas dit son dernier mot. Le numéro 1 a terminé deuxième de l’étape et n’a concédé qu’un retard infime sur son coéquipier. Les écarts observés au classement général ne dessinent pas un boulevard vers Yanbu pour Benavides, preuve que la hiérarchie est restée instable. L’Australien a toujours les moyens de renverser la situation. Red Bull KTM Factory Racing place deux motos en haut du classement, ce qui est une position idéale pour gérer la fin de course. Mais la menace de l’équipe Monster Energy Honda HRC demeure bien présente.
Ricky Brabec, à 4 minutes et 47 secondes du leader argentin, occupe la troisième marche du podium provisoire. L’Américain reste dans le bon wagon. Tosha Schareina, quatrième au classement général, accuse un retard de 20 minutes. Un écart important, certes, mais le rallye a prouvé à maintes reprises que tout pouvait basculer rapidement. Personne ne peut exclure l’Espagnol de la course avant la ligne d’arrivée.
Saood Variawa confirme son talent en autos
Saoud Variawa ne surprend plus vraiment. Le jeune homme de 20 ans a habitué le public du rallye-raid à ses coups d’éclat. L’année dernière, il était devenu le plus jeune vainqueur d’étape de l’histoire du Dakar dans la catégorie auto. Aujourd’hui, il récidive avec autorité. Parti en 26e position, le Sud-Africain a remonté toute la journée les classements intermédiaires avant de ravir la victoire pour seulement 3 secondes à un autre Toyota Hilux, celui de son compatriote Henk Lategan. Sur ce parcours roulant, les écarts se jouent à rien.
« C’est la deuxième victoire d’étape, c’est incroyable. La voiture a été parfaite sur une étape très longue où c’était difficile de garder le rythme. Dans les dunes on s’est bien débrouillé avec les caps, beaucoup d’autres se sont égarés, on a parfois fait notre propre trace et on a peut-être fait la différence dans ces moments-là », a confié Varianwa après sa performance. Sept véhicules se sont chronométrés en deux minutes. Il fallait viser juste. Le jeune prodige sud-africain a visé juste.
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Henk Lategan relance la course au général
Henk Lategan n’a pas gagné, mais il a grignoté du temps précieux. Le Sud-Africain a signé le deuxième temps de cette boucle autour de Wadi ad Dawasir, reprenant ainsi une grosse minute à Nasser Al Attiyah. Le bénéfice peut sembler modeste, mais il pourrait bien s’avérer précieux. Pourtant, à l’heure des comptes, cette minute pourrait bien lui être utile. Lategan a dépassé Nani Roma au classement général et s’est hissé sur la troisième marche du podium provisoire, à 6 minutes et 8 secondes du leader qatari. Il accumule les garanties.
Le podium du jour se complète avec Mattias Ekström, troisième à 29 secondes des deux Sud-Africains. Le Suédois conforte sa deuxième place au classement général grâce à une régularité exemplaire au volant de son Ford Raptor. Il se trouve à 4 minutes de Nasser Al-Attiyah. Son Toyota Hilux ne sera pas avantagé demain, puisqu’il partira deuxième sur la deuxième étape marathon-refuge, sans les traces des motos. Mais Lategan avance ses pions méthodiquement.
L’Afrique du Sud, nation forte de l’étape 8
L’Afrique du Sud a signé aujourd’hui son quatrième doublé en autos de l’histoire, grâce à Varian et Lategan. Le pays reprend des couleurs sur le Dakar. L’an dernier, l’actuel troisième du classement général avait mené une étape devant Guy Botterill. Giniel de Villiers, la légende sud-africaine, a bâti une école. Il a fait ses débuts sur le Dakar en 2003, a remporté l’épreuve en 2009 avec Volkswagen et détenait l’an passé le record de 21 participations consécutives sans abandon. Un métronome qui s’est hissé 15 fois dans le top 5 final, dont 8 fois sur le podium.
La nouvelle génération prend la relève. Lategan a déjà remporté 5 étapes, et Variawa ajoute une nouvelle touche de couleur au tableau aujourd’hui avec la deuxième de sa jeune carrière. Deuxième du Dakar 2025, Lategan entend bien combler le vide laissé par De Villiers. Le 17 janvier prochain peut-être ? Son Hilux a déjà mené la 48^e édition du Dakar durant 48 heures, lors des étapes 4 et 5. Ce soir, il se trouve à 6 minutes et 8 secondes. L’Afrique du Sud fait partie des cinq nations en lice pour la victoire finale.

Classement général autos : écarts sous pression
L’écart au sein du top 5 est encore plus faible qu’à la journée de repos. Carlos Sainz, au volant du troisième Raptor, est chronométré à 10 minutes et 39 secondes. Sébastien Loeb, sixième de la hiérarchie, accuse toujours un retard de 17 minutes sur son coéquipier qatari chez Toyota. Les chasseurs n’ont plus beaucoup de temps à perdre. Le discours martelant que l’essentiel est de rester dans le bon wagon garde toute sa pertinence. Mais la minute gagnée aujourd’hui par Lategan sur Al-Attiyah pourrait bien lui être utile à l’arrivée à Yanbu.
Les femmes marquent l’histoire en Challenger
Puck Klaassen s’impose en Challenger pour la deuxième fois depuis Yanbu. La Néerlandaise est devenue, lors de l’étape 2, la cinquième femme à remporter une étape dans l’une des catégories de la course. Elle double la mise. Mais surtout, deux femmes réalisent un doublé inédit aujourd’hui, Dania Akeel lui emboîtant le pas à seulement 3 secondes. Depuis Yanbu, seul le podium de l’étape 1 n’a pas célébré Dania ou Puck. La Saoudienne est montée cinq fois sur le podium, la gagnante du jour en est à son troisième.
« Je ne m’y attendais pas. Trois secondes d’écart après 480 km, c’est fou. C’est cool que ce soit Dania, je suis vraiment contente. On est parti dixième, cela nous a donné un bon espace qui nous a permis d’attaquer un peu et à la fin on a eu un peu de poussière, mais sans plus, donc je pense qu’on a eu un peu de chance et Augusto a fait une super navigation, je crois que nombreux se sont perdus, pas nous », a déclaré Klaassen après sa victoire.
Un palier a été franchi cette année dans la catégorie Challenger. Une seule étape, la première, n’a vu aucune femme sur le podium. Pour la première fois, les deux premières places sont occupées par deux femmes. Le rallye-raid évolue. On lit souvent l’avenir dans les classements des catégories SSV et Challenger. Les pilotes féminines se mêlent de plus en plus à la lutte pour les titres avec les hommes. En 2023, Cristina Gutierrez s’était imposée sur une étape en Challenger, puis avait remporté la catégorie en 2024. Sara Price a remporté une spéciale en SSV en 2024, puis trois en 2025. Le mouvement est lancé.
Rally 2 et SSV : fortunes diverses
Mike Docherty, probablement victime d’une chute en toute fin de spéciale, voit ses mésaventures profiter à Neels Theron. Le Sud-Africain se montre le plus rapide de la catégorie Rally 2 pour la troisième fois, au guidon de sa KTM. Au classement général, l’Américain Preston Campbell reste en tête, mais son avance est réduite de deux minutes par Toni Mulec, qui se positionne à 9 minutes et 36 secondes.
Xavier de Soultrait, vainqueur de la catégorie SSV en 2024, dégringole au classement. Le Français avait réalisé une belle première semaine, se plaçant deuxième, à 20 minutes du RZR de Brock Heger. Mais une panne subite de son moteur, juste après l’arrivée à Riyad, l’a fait frôler la catastrophe. Reparti avec un bruit suspect, privé de ses quatre roues motrices toute la journée, il a laissé filer près de 25 minutes et sa deuxième place au classement général. Un accrochage avec Bruno Saby lui coûte aujourd’hui quarante minutes supplémentaires. Ce soir, De Soultrait se retrouve au pied du podium, à 1 h 25 min 11 s.
« On ne perd pas espoir pour le podium final. On n’a plus que deux Polaris de pointe à mettre sur le podium, c’est notre mission. Il faut arrêter le chat noir, on a payé ce qu’on devait au Dakar, maintenant on veut que du bon », a déclaré le Français. Malgré les difficultés accumulées, l’espoir demeure. Le rallye n’a pas fini de livrer ses verdicts. La route vers Yanbu réserve encore bien des surprises. Les positions au classement général peuvent encore changer. Personne n’a jamais gagné le Dakar avant la ligne d’arrivée.



