Le Dakar 2026 vient de connaître un tournant majeur, dans la continuité des premières secousses du classement général. L’étape 9, qui reliait Wadi Ad Dawasir au bivouac refuge, a redistribué les cartes de la course et prouvé que les spéciales marathons refuges sont uniques en leur genre. Tosha Schareina a signé le meilleur temps du jour chez les motos, devançant Daniel Sanders de 6 min 24 s. Eryk Goczal a, lui, réalisé un coup de maître en auto pour décrocher sa première victoire dans la catégorie Ultimate. Voilà comment cette journée a rebattu toutes les hiérarchies établies depuis le départ de Yanbu.
| 📌 Repères clés |
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| 🏍️ Moto : Tosha Schareina remporte l’étape et reste en course pour le titre 🧭 Navigation : plusieurs leaders piégés dès le km 34 🥇 Classement général moto : Daniel Sanders reprend la tête 🚗 Auto – Ultimate : première victoire d’étape pour Eryk Goczal 🇪🇸 Autos : Nani Roma et Carlos Sainz aux deux premières places ⚠️ Challenger : Nicolas Cavigliasso chute lourdement au général 🔥 Enjeu : la deuxième manche du marathon s’annonce décisive |
Schareina prend sa revanche et relance la course au titre
Les difficultés de navigation, promises dès le départ de Wadi Ad Dawasir, ont rapidement séparé les prétendants au titre. Au kilomètre 34, un changement de direction mal calibré a piégé les hommes de tête. Luciano Benavides, parti en tête après sa prise de pouvoir la veille, s’est retrouvé face à une note complexe. L’Argentin a perdu neuf minutes précieuses sur cette erreur fatale, qui a également coûté cher à Daniel Sanders.
« C’était une note difficile. Je suis arrivé le premier dessus, j’ai commis l’erreur, Daniel aussi, et c’est quand Ricky nous a rejoints que nous avons réussi à corriger le tir », explique Benavides. Pendant ce temps, Tosha Schareina a choisi le bon canyon et a filé vers une victoire qui le maintient dans la course au titre.
Le pilote espagnol de Honda a démontré toute son intelligence de course. « Je n’ai pas commis d’erreur de navigation en début de spéciale et ma stratégie a changé à partir de ce moment-là. J’ai essayé de prendre le plus de bonus possible, mais dans la poussière et sur des pistes rapides, il est difficile de battre les autres pilotes. Dans les dunes, à la fin, j’ai tout tenté, mais nous avons tous roulé ensemble jusqu’à la fin », raconte-t-il après avoir franchi la ligne d’arrivée.
Quatrième au classement général, à quinze minutes de Sanders, Schareina peut encore croire en ses chances. Les dix minutes de pénalité reçues lors de la pénalité reçue plus tôt dans le rallye le pénalisent encore. Sans cette sanction, le duel qu’il livre actuellement avec Sanders prendrait une toute autre dimension. Mais le temps perdu ne se rattrape pas. Seules les positions peuvent encore changer.

Daniel Sanders récupère la tête du classement général moto
Daniel Sanders termine deuxième de l’étape, derrière Schareina. L’Australien a commis une erreur de navigation avec Benavides au début de la spéciale. « Juste avant le départ, j’ai jeté un œil rapide au road book et j’ai vu que l’on allait évoluer dans une zone que l’on ne connaissait pas encore, avec de nombreux changements de rythme ; cela s’annonçait sympa. À une note pas évidente, je me suis trompé ; Luciano avait fait de même devant moi. C’était un peu le chaos et Ricky est arrivé lui aussi. On a perdu environ six minutes », détaille le tenant du titre.
Cette confusion collective lui a néanmoins permis de reprendre la première place du classement général. Sanders domine désormais avec 6 min 24 s d’avance sur Ricky Brabec et 7 min 5 s sur Luciano Benavides. Le Dakar retrouve ainsi son leader naturel pour la quatrième fois depuis le départ de Yanbu. Mais la marge reste fragile avant la deuxième manche du marathon. Brabec partira trois minutes après lui, et le programme copieux de dunes pourrait réserver son lot de rebondissements.
L’aventure de Benavides n’est probablement pas terminée, surtout après sa montée en puissance après la journée de repos. Son séjour au sommet du classement a simplement été interrompu. L’Argentin conserve un pneu arrière légèrement entaillé, mais il reste confiant. « Ce sera bien pour demain. J’ai une petite entaille dans mon pneu arrière, mais ce n’est pas grave, cela devrait aller », affirme-t-il, malgré sa neuvième place du jour.
Eryk Goczal signe sa première victoire en Ultimate
Eryk Goczal a frappé un grand coup dans la catégorie reine des autos. Le jeune Polonais de 20 ans a remporté sa première étape chez les Ultimate, après être parti de Wadi en 38^e position. Il a dépassé dix-sept voitures sur sa route avant de signer le meilleur temps à l’arrivée de la spéciale. Son bonheur est encore plus grand, car il devance son oncle Michal de 7 min 45 s. La Pologne signe ainsi son premier doublé familial depuis la victoire de Krzysztof Holowczyc en 2012.
Vainqueur de la catégorie SSV en 2023 à seulement dix-huit ans, Goczal avait déjà impressionné lors de son baptême du feu sur le Dakar. Ses quatre victoires d’étape cette année-là avaient annoncé l’arrivée d’un phénomène. Sa disqualification pour non-conformité technique de son Taurus avait stoppé net son ascension. Mais le jeune homme de Varsovie n’a jamais douté. Il avait déjà remporté une spéciale lors de l’Abu Dhabi Desert Challenge 2025, au volant de son Toyota Hilux. Aujourd’hui, il confirme qu’il n’a pas peur de la transition vers les Ultimate.
Lors de la première semaine, Goczal s’était classé cinquième d’une étape. Un résultat en forme d’avertissement, car c’était déjà lors d’une première partie d’étape marathon. L’exercice semble lui réussir particulièrement. Son père n’était pas présent pour l’accompagner aujourd’hui, mais la famille Goczal prouve qu’elle a sa place parmi l’élite du raid.
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Classement auto : Nani Roma reprend les commandes
Le classement général des autos a connu un chamboulement historique. Nani Roma retrouve le sommet du classement, qu’il n’avait plus occupé depuis sa victoire en 2014. Le Catalan mène désormais avec 57 s d’avance sur son coéquipier Carlos Sainz. Deux Espagnols de l’équipe Ford M-Sport se livrent un Clasico sous le soleil d’Arabie saoudite.
Mais peut-on vraiment écarter Nasser Al-Attiyah de la bataille finale ? Le Qatari a certes été délogé de son trône, mais il n’est qu’à 1 min 10 s au classement général. Sa Dacia Sandrider reste une menace permanente. Trois anciens vainqueurs composent le podium provisoire, à quatre étapes de l’arrivée. La hiérarchie est plus ouverte que jamais.
Henk Lategan doit sa quatrième place au classement général à l’arrêt technique effectué au kilomètre 183. Le Sud-Africain a pu y faire réparer sa direction assistée, après un arrêt de quatorze minutes qui lui a fait perdre sa place sur le podium provisoire. Il accuse maintenant 6 min 13 s de retard sur Roma.
Mattias Ekström a connu une journée catastrophique. Le Suédois avait quitté Wadi en deuxième position au classement général. Il rentrera dans sa tente ce soir à la cinquième place, à 11 min 19 s, après une grosse erreur de navigation qui pourrait lui coûter le podium final.

Francisco López égale le record historique de Seth Quintero
Francisco « Chaleco » López a ajouté une vingtième victoire à son palmarès dans les catégories SSV et Challenger. Le Chilien, qui a fêté ses cinquante ans le 15 septembre dernier, égale ainsi le record de Seth Quintero. L’officiel Can-Am a débuté sa carrière sur le Dakar en moto en 2007, avec onze victoires en spéciale. Depuis son passage aux SSV en 2015, il n’a cessé d’enchaîner les succès.
Au total, Lopez compte trente-et-une victoires en course. L’homme de Teno n’a pas fini d’arrondir ses statistiques. Il fait partie des pilotes les plus réguliers de sa catégorie et prouve que l’expérience est aussi importante que la fougue juvénile sur les pistes du Dakar.
Cavigliasso chute lourdement dans la catégorie Challenger
Nicolas Cavigliasso a vécu un terrible coup dur. Le tenant du titre en catégorie Challenger est immobilisé par un radiateur endommagé, alors qu’il se trouvait encore à la deuxième place du classement général, à 2 min 02 s de Pau Navarro. Vainqueur en quad en 2019, l’Argentin avait vécu « la plus belle année de sa vie » en 2025, selon ses propres mots.
Sa victoire en catégorie Challenger lors du Dakar 2025 avait marqué le début d’une saison partagée avec son épouse, Valentina Pertegarini, qui s’était terminée par leur titre W2RC. Pour conserver son titre, Cavigliasso avait décidé de s’isoler dans une structure dédiée à sa réussite. Son seul coéquipier en piste, Oscar Ral, a parfaitement joué son rôle en arrivant auprès du couple immobilisé. L’Espagnol, à l’origine de Vertical Motorsport, s’est sacrifié pour son champion. Mais la chute reste verticale. Cavigliasso devrait accuser plus d’une heure et demie de retard au classement général.
La deuxième manche du Marathon des sables s’annonce décisive. Sanders partira avec une avance fragile. Schareina aura la charge d’ouvrir la spéciale après sa victoire du jour. Roma, Sainz et Al-Attiyah se préparent à un combat féroce dans les dunes saoudiennes. Le Dakar 2026 tient toutes ses promesses.



