Sous le pont Alexandre III, SONGZIO présente une collection automne 2026 radicale baptisée « Crushed, Cast, Constructed ». Inspiré par les sculptures industrielles de John Chamberlain, Jay Song déconstruit le vestiaire masculin pour en faire une armure contemporaine, entre chaos maîtrisé et élégance post-industrielle.
| 📌 Repères clés |
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| 🗓️ Saison : Automne 2026 📍 Lieu : Pont Alexandre III, Paris 🎨 Inspiration artistique : John Chamberlain 🧵 Silhouettes : Tailoring déconstruit, asymétries sculpturales 🎭 Esthétique : Post-industrielle, brute, architecturale 🧔 Homme SONGZIO : Survivant du chaos, élégant par la transformation |

John Chamberlain, muse industrielle de la collection SONGZIO
Le sculpteur américain hante cette collection. Ses œuvres en métal froissé, des assemblages de carcasses automobiles compressées, servent de fil conducteur. Jay Song transpose cette violence mécanique sur le vestiaire masculin. Les redingotes structurées, les costumes trois-pièces et les chemises à col montant sont tordus. Le résultat ? Des pièces qui semblent avoir traversé un accident industriel pour renaître sous une nouvelle forme.
Cette référence artistique n’est pas gratuite. Elle permet à SONGZIO d’explorer la tension entre ordre et désordre, philosophie centrale de la maison, déjà perceptible dans la collection automne 2025 de SONGZIO. Les matières se superposent par strates, parfois proches d’un langage industriel plus radical. On y trouve du cuir associé à des feuilles d’aluminium, créant ainsi des effets de brillance là où on les attend le moins. Les tissus sont coupés en biais pour obtenir une fluidité sculpturale. Des plis se forment à la taille et aux hanches, comme si le vêtement avait été comprimé, puis figé dans cet état.

Asymétrie et déconstruction du tailoring masculin
Les proportions s’affranchissent de la rigueur du tailleur traditionnel, prolongeant une approche sculpturale assumée par la maison SONGZIO. Les cols montent démesurément, dissimulant parfois entièrement le visage des mannequins. Cette mise à distance crée une sensation d’aliénation volontaire. Les pantalons se déploient largement, adoptant des formes de culottes ou de barils. Certains modèles présentent des tailles paperbag en cuir matelassé.
Et la symétrie ? Oubliée. Les boutons sont décalés de manière volontaire, exerçant une traction sur le tissu qui dessine des lignes de tension sur le corps. Les ourlets refusent toute géométrie plane. Les coutures restent apparentes, les finitions sont à vif. Ce qui pourrait passer pour de la négligence révèle en réalité une précision artisanale extrême. Chaque imperfection est calculée.

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Couleurs industrielles et matières sculpturales
La couleur suit une progression délibérée. Le noir profond et le gris dominent les premières étapes, ponctuées de blanc. Puis viennent les tonalités terreuses : rouille, cuivre, brun. Ces teintes minérales s’accumulent par couches successives. Mais la véritable surprise se cache dans les plis intérieurs du vêtement. Des éclats de couleurs industrielles inspirés des sculptures de Chamberlain apparaissent alors : orange cadmium, or métallique. Ces nuances ne se révèlent qu’en mouvement, à la manière des entrailles d’une machine éventrée.
Les textiles eux-mêmes témoignent d’une recherche approfondie. Les cotons enduits, les lins et les laines rigidifiés au crin refusent de se draper passivement. Ils ont leur propre résistance. Les pulls surdimensionnés présentent des strates de fils de laine. Les manteaux en laine sont brossés pour obtenir un aspect usé. Les patchworks de matières différentes s’assemblent sans rechercher l’homogénéité.

Accessoires post-industriels : signes d’une humanité alternative
Les détails renforcent l’atmosphère post-industrielle. De larges ceintures en poils frangés ceignent la taille. Des moufles en fausse fourrure apportent une dimension tactile. Certains mannequins arborent des lunettes steampunk ou des colliers de chien en cuir. Ces accessoires accentuent le sentiment d’étrangeté, comme si les personnes qui les portent évoluaient dans une temporalité alternative.
La maison SONGZIO ne se contente pas de déconstruire le vestiaire masculin. Elle le reconstruit selon une logique nouvelle, où la violence formelle devient élégance. Les « Ghostly Veils », ces panneaux coupés en biais caractéristiques de la marque, glissent sous les couches extérieures rigides. Cette fragilité dissimulée contrebalance la dureté de l’enveloppe.
La collection automne 2026 de SONGZIO s’adresse à un homme contemporain qui accepte de porter les traces de l’histoire. Le survivant plutôt que la victime. Celui qui transforme les débris du passé en une armure pour affronter l’avenir. Jay Song apporte une réponse à la question : comment s’habiller quand on traverse le chaos ? En le façonnant, en le sculptant, en en faisant une seconde peau.


















































