Hiroaki Sueyasu a fait un choix radical pour KIDILL cette saison. Finie la théâtralité, place au silence. L’espace de présentation de la collection était dépouillé, presque austère. Le vêtement et le corps respiraient enfin, libérés de tout artifice.
| 📌 Repères clés |
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| 🎸 Maison : KIDILL 🧠 Directeur artistique : Hiroaki Sueyasu 🗓️ Saison : Automne-Hiver 2026 🧷 Thématiques : punk, fragilité, adolescence, militarisme, underground 🤝 Collaborations : Alpha Industries, Umbro, Trevor Brown 🖤 Pièces clés : MA-1 revisité, tulle militaire, tartans découpés, bondage straps 🌏 Références culturelles : Tokyo 90s, cyberpunk, underground londonien |

Le paradoxe fondateur de l’ADN punk de KIDILL
Connaissez-vous KIDILL ? Son ADN bat au rythme du punk. Sueyasu cultive la contradiction depuis toujours. Le hasard côtoie l’inévitable, le chaos embrasse le silence et l’audace flirte avec la délicatesse. Le kawaii rencontre le hardcore sans complexe, prolongeant ainsi le dialogue de la marque avec la culture otaku et la cyberculture japonaise. À travers le design, Sueyasu affirme ces frictions et laisse les oppositions proclamer leur singularité. La mode devient pour lui un remède, une façon de panser l’esprit malmené par le désordre. Une force d’esprit à la fois robuste et souple, une résistance instinctive aux conventions, une manière de teinter la douceur du hardcore.
Adolescence, fragilité et rébellion chez KIDILL
Sueyasu s’accroche à ce qui risque de disparaître. La pureté, la naïveté fragile, proche du trouble. Il tente de préserver ce qu’il aime. L’utopie de KIDILL ne repose pas sur une beauté calculée. Elle demeure chargée de contradictions et vibrante d’une présence brute.
Cette collection automne-hiver 2026 condense ces oppositions avec une intensité particulière. Une palette de couleurs fumées et délicates se heurte à la densité d’un noir en silicone, sale et presque abrasif. La collaboration avec Alpha Industries revisite le MA-1, le blouson militaire emblématique. Un tulle souple enveloppe la rigidité du vestiaire militaire. La féminité rencontre l’agressivité sans fausse note.
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Trevor Brown et l’esthétique underground tokyoïte
Les œuvres de Trevor Brown, artiste ancré depuis plus de trente ans dans l’underground tokyoïte, se déploient sans retenue. Des démons et des ailes d’anges démesurées dissimulent le corps. Une parka longue, inspirée du mouvement mods, aux courbes tranchantes. Du tulle glisse sur des motifs de jeunes filles. Des formes qui permettent la coexistence des contraires.
Étoffes découpées à vif, jupes matelassées, tartans traditionnels. Sangles de bondage serrées à la taille, épingles à nourrice, ornements métalliques. Lignes de piping et jacquards réfléchissants. La collaboration avec UMBRO se distingue par ses plus de quarante zones de découpe ajustables. Les symboles du punk, tels que les perçoit Sueyasu, s’affirment avec insistance. Le travail avec une équipe experte du sur-mesure allie précision et rébellion.

Les influences culturelles et punk de Hiroaki Sueyasu
Les frémissements culturels qu’il a vécus nourrissent le moteur de KIDILL. Des scènes ordinaires de Londres jusqu’au chaos de l’underground, dans la lignée du passé rebelle de Harajuku revisité en automne 2025. Les réminiscences de Tokyo au début des années 1990, le mouvement cyberpunk. Lorsqu’une créativité inspirée d’une histoire personnelle rencontre l’émergence d’un nouvel esprit contemporain, des éléments inconciliables se rencontrent. Sueyasu s’éloigne volontairement de toute sophistication. Il continue d’apprécier la force brute de l’inachevé.

« Heaven » : la métaphore punk de KIDILL
« Heaven » ne désigne pas un paradis classique. Le concept évoque plutôt une libération qui se détache des tabous et des contraintes. C’est une interrogation face aux normes établies. Pour Sueyasu, c’est une métaphore dans laquelle les forces opposées se rejoignent, à l’endroit fragile situé entre l’enfance et l’âge adulte.
La collection automne-hiver 2026 frappe au cœur même de ce que KIDILL a patiemment construit. Un imaginaire d’esprit ouvert vers un avenir libre et assumé. Un dénouement destructeur, une illusion du réel. Finalement, peut-être est-ce là une certaine idée de son paradis.




















