Marco de Vincenzo arbore un petit trophée de rhinocéros sur le revers de sa veste. Une broche minuscule qui annonce le ton de sa collection automne 2026 pour ETRO. Samedi soir, les invités découvrent des mannequins coiffés de têtes d’animaux en papier mâché fabriquées à Venise. Renards, hiboux, béliers, ours. Les smartphones se lèvent. La séquence devient virale avant même la fin de la présentation.
| 📌 Repères clés |
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| 🦊 Inspiration : archive ETRO 1997 et iconographie animaliste 🎭 Signature visuelle : masques animaliers vénitiens en papier mâché 🧵 Matières & motifs : tweeds colorés, velours, paisley omniprésent 🎨 Palette : bruns, verts forêt, grenat, rouille 🎶 Bande-son : Wendy Carlos, entre Bach et électronique 👔 Silhouette : pyjamas chic, robes de chambre, tailoring précis 🧠 Intention créative : instinct vs intellect, passé réécrit au présent |

Une archive ETRO de 1997 comme point de départ créatif
Le directeur créatif s’inspire d’une campagne photographique de 1997 signée Kean Etro, alors directeur artistique de la ligne masculine. L’imagerie de l’époque fusionnait l’humain et l’animal, jouant sur la physionomie, cette idée que nos traits peuvent parfois ressembler à ceux de certaines bêtes. Que nos comportements les plus raffinés reposent sur des instincts primitifs. De Vincenzo a décroché son téléphone pour appeler Kean Etro directement. Il voulait comprendre pourquoi la maison avait adopté cette iconographie animale. La réponse l’a frappé : un commentaire sur l’instinct contre l’intellect.
Les codes historiques de la marque s’imposent naturellement. Le motif paisley apparaît partout : imprimé sur des chemises en soie, travaillé sur des vestes de dîner – le travail des motifs d’archives reste au cœur de l’approche de la maison. Les tweeds robustes déclinent des teintes fauve et rouille pour des manteaux et des blazers. Un exemplaire présente des plumes sur les revers. L’excentricité propre à la griffe italienne s’exprime sans retenue.

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L’homme ETRO automne 2026 : élégance, instinct et fantaisie
La présentation se déroule dans les arrière-salles d’une trattoria de Brera. Lumière tamisée, atmosphère feutrée. On pense aux cabinets de curiosité. Les mannequins portent des masques d’animaux qui transforment le défilé en une ménagerie élégante. Un bestiaire bien habillé et doté de manières impeccables. De Vincenzo explique sa vision : « J’ai trouvé cette imagerie géniale. » Il la ressuscite sans nostalgie excessive. Le ton reste ludique, légèrement camp.
Sa palette chromatique évoque une forêt au crépuscule. Des bruns profonds, des verts veloutés, des rouges grenat sensuels. Des teintes qui suggèrent le camouflage ou la discrétion. Les Ani-men, nom donné à cette collection, portent des robes en velours paisley et des pyjamas amples. Quand ils revêtent un costume, c’est avec une précision millimétrique. Revers étroits, gilets assortis ornés de plumes. Le plumage devient héraldique.
Des cerfs apparaissent en jacquard pixelisé sur des mailles moelleuses. Des têtes de hiboux et de cerfs ornent des blousons de soirée et des vestes en cuir. L’étrangeté assumée caractérise cette collection. Trois ans après son arrivée à la tête de la maison, De Vincenzo continue d’apprivoiser l’ADN d’ETRO. Il cherche à équilibrer classicisme et fantaisie, et à célébrer la réputation de la marque pour les couleurs, les motifs et les textures luxueuses.

Une bande-son culte pour réécrire l’héritage ETRO
La musique de Wendy Carlos accompagne le défilé. Admirée de longue date par le créateur, cette compositrice américaine a signé les bandes originales d’Orange mécanique et de Shining. Son album le plus célèbre réinterprétait Bach en version électronique. De Vincenzo y voit un parallèle avec son propre travail : « Elle réécrivait une musique existante. C’est exactement ce que je fais chez ETRO : réécrire le passé, le remodeler. »
Les robes de chambre et les vêtements façon pyjama illustrent cette tendance lifestyle décontractée. La bourgeoisie italienne rencontre l’excentricité britannique. Le formel se libère. Quand on lui demande quel animal il préfère, il répond qu’il les aime tous. Il ignore même son signe astrologique chinois. C’est le cheval. Les natifs de ce signe sont réputés pour être énergiques, indépendants et aventureux. Ce portrait correspond parfaitement à cette collection qui ose tout.





















