L’année 2026 marque un tournant brutal pour les acheteurs de voitures neuves. Le malus 2026 durcit considérablement ses conditions et rend la fiscalité automobile presque confiscatoire. Le seuil de déclenchement du malus CO₂ passe ainsi à 108 g/km, contre 113 g/km en 2025, et le montant maximum grimpe à 80 000 euros. Cette hausse concerne la grande majorité des véhicules thermiques et hybrides, y compris les plus sobres.
La loi de finances pour 2025, votée par le Parlement, a acté cette trajectoire de renforcement jusqu’en 2028. Les automobilistes qui espéraient un répit n’ont pas été entendus. Le système du malus, conçu à l’origine pour dissuader l’achat de véhicules polluants, est devenu un outil fiscal généralisé. Finies les nuances, terminées les exceptions : l’électrique est désormais la seule alternative crédible pour éviter la sanction.
| 📌 Repères clés |
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| 🚗 Seuil CO₂ : déclenchement dès 108 g/km 💸 Montant maximal : jusqu’à 80 000 € ⚖️ Malus au poids : dès 1 500 kg 🔌 Hybrides rechargeables : double peine CO₂ + poids ⚡ Électriques : taxation du poids au-delà de 2 100 kg dès juillet 2026 📉 Trajectoire 2027-2028 : seuil CO₂ à 98 g/km, plafond à 100 000 € 🏷️ Occasion : non concernée par le malus |
Malus automobile 2026 : un barème CO₂ durci dès 108 g/km
Le nouveau barème de 2026 commence donc à 108 g/km, avec une première tranche à 50 euros. Cela peut sembler anodin, mais la progression devient rapidement vertigineuse. Un véhicule émettant 120 g/km paie 310 euros, un véhicule émettant 130 g/km paie 983 euros et un véhicule émettant 140 g/km paie 2 205 euros. La courbe grimpe ensuite de manière exponentielle. À 160 g/km, le montant s’élève à 8 770 euros, et au-delà de 192 g/km, le plafond de 80 000 euros est atteint.
Cette escalade tarifaire rend les modèles familiaux spacieux, les berlines premium thermiques et les SUV hybrides légers inaccessibles. Un constat qui interroge sur la cohérence du dispositif. Comment justifier qu’une famille nombreuse ayant besoin d’un véhicule spacieux soit pénalisée à ce point ? Les constructeurs adaptent leurs gammes en conséquence. Les motorisations essence et diesel disparaissent progressivement des catalogues pour laisser la place aux hybrides rechargeables et aux véhicules 100 % électriques.
Rappelons qu’en 2008, lors de la création du système bonus-malus, le seuil de taxation débutait à 160 g/km. L’objectif était alors d’encourager les choix vertueux par le biais du bonus, et non de sanctionner massivement. Dix-huit ans plus tard, la philosophie s’est inversée. Le malus est devenu la norme et le bonus, l’exception. Cette transformation témoigne d’une volonté politique claire : accélérer la fin du moteur thermique, quelles qu’en soient les conséquences économiques et sociales.
Malus au poids 2026 : seuil abaissé à 1 500 kg
Le malus sur la masse en ordre de marche connaît également un durcissement majeur. Le seuil est abaissé de 1 600 à 1 500 kg dès le 1er janvier 2026. Cette taxe s’ajoute au malus CO₂ et fonctionne selon un barème progressif. De 1 500 à 1 699 kg, on paie 10 euros par kilogramme excédentaire. Entre 1 700 et 1 799 kg, le tarif est de 15 euros par kilo, puis de 20 euros jusqu’à 1 899 kg, de 25 euros jusqu’à 1 999 kg et enfin de 30 euros par kilo au-delà de 2 000 kg.
Prenons un exemple concret : un SUV de 1 650 kg paiera 1 500 euros de malus au poids (150 kg × 10 euros). Un SUV de 1 650 kg devra payer 1 500 euros de malus au poids (150 kg × 10 euros). Un véhicule de 1 950 kg se voit infliger 6 775 euros selon le calcul officiel. Ces montants s’ajoutent au malus CO₂, ce qui peut rapidement faire exploser la facture finale. Seul garde-fou : le plafond cumulé des deux malus est fixé à 80 000 euros pour 2026.
Heureusement, certaines catégories bénéficient d’abattements. Les hybrides rechargeables conservent une réduction de 200 kg sur leur masse taxable et les hybrides simples bénéficient d’un abattement de 100 kg. Les familles de trois enfants ou plus peuvent déduire 200 kg tous les deux ans, et les personnes handicapées sont totalement exonérées. Les véhicules de huit places destinés aux entreprises bénéficient d’un abattement de 600 kg.
Quant aux voitures électriques, elles ont longtemps échappé au malus au poids. Cette exemption prendra fin partiellement le 1er juillet 2026. À partir de cette date, seul un abattement de 600 kg s’appliquera. Autrement dit, tout modèle électrique dont le poids réel est supérieur à 2 100 kg sera soumis à la taxe sur la masse. Les grands SUV électriques, comme la Tesla Model X, l’Audi e-tron ou la Mercedes EQS SUV, sont donc dans le collimateur du fisc.
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Hybrides rechargeables : la fausse solution de transition
Les hybrides rechargeables se retrouvent dans une situation paradoxale. Capables de rouler plusieurs dizaines de kilomètres en mode 100 % électrique, ils devraient représenter une solution de transition idéale. Pourtant, leur poids élevé, souvent supérieur à 1 800 kg, les expose au malus lié au poids. Leur consommation homologuée en cycle WLTP, bien qu’avantageuse sur le papier, ne suffit pas toujours à éviter le malus CO₂, surtout si le conducteur ne recharge pas régulièrement la batterie.
Résultat : de nombreux modèles cumulent les deux malus. Une aberration pour beaucoup d’observateurs, car l’usage quotidien d’un PHEV peut varier du tout au tout selon les habitudes de recharge. Un utilisateur consciencieux qui branche son véhicule chaque soir consommera moins qu’un petit citadin essence. À l’inverse, un PHEV utilisé sans jamais être rechargé devient un poids lourd thermique pénalisé deux fois.
Une fiscalité automobile devenue confiscatoire
Le montant cumulé des malus peut désormais dépasser le prix d’une citadine neuve. Certains SUV premium affichent des malus supérieurs à 20 000 euros, voire 30 000 euros pour les modèles les plus lourds et les plus polluants. Cette fiscalité punitive restreint mécaniquement l’offre disponible. Les constructeurs retirent progressivement de leurs catalogues les modèles thermiques qui deviennent invendables.
Ce système génère des recettes importantes pour l’État. Selon le ministère de l’Économie, le malus au poids a rapporté 1,4 milliard d’euros en 2024. Un chiffre qui devrait encore augmenter en 2026, avec l’abaissement des seuils. Il est difficile de ne pas y voir une dimension budgétaire autant qu’environnementale. La transition écologique sert d’alibi à une taxation massive des automobilistes.
Face à ce constat, les acheteurs n’ont guère le choix. Soit ils se tournent vers l’électrique, une solution coûteuse à l’achat, mais exonérée de malus jusqu’en juillet 2026 pour les modèles lourds. Soit ils optent pour de petits modèles hybrides légers, au prix de concessions en termes d’espace et de confort. Soit ils renoncent purement et simplement à acheter du neuf et se tournent vers l’occasion, qui n’est pas concernée par les nouveaux barèmes.
Malus après 2026 : une trajectoire encore plus sévère
La trajectoire adoptée dans la loi de finances ne s’arrête pas là. Le seuil du malus CO₂ continuera de baisser : 103 g/km en 2027, puis 98 g/km en 2028. Le plafond maximal atteindra 90 000 euros en 2027, puis 100 000 euros en 2028. Le malus au poids pourrait même voir son seuil descendre à 1 400 kg dans les années suivantes, selon les projections du gouvernement.
Cette fuite en avant pose question. À force de durcir les conditions, le système finit par toucher l’ensemble du parc automobile thermique, y compris les véhicules les plus sobres. La frontière entre incitation et interdiction devient floue. Le malus de 2026 sonnera probablement le glas du moteur thermique accessible au plus grand nombre. Seuls les véhicules électriques échapperont vraiment à cette fiscalité, du moins tant que le gouvernement ne décidera pas de les taxer à leur tour pour compenser la baisse des recettes liées aux carburants.
Les automobilistes doivent désormais anticiper ces évolutions. Acheter un véhicule thermique neuf en 2026, c’est accepter une facture fiscale élevée dès l’immatriculation, sans possibilité de négociation ni d’échappatoire. Le malus est devenu un critère de choix central, au même titre que le prix, la consommation ou l’équipement. Une donnée que les concessionnaires intègrent d’ailleurs dans leurs argumentaires commerciaux en mettant en avant les rares modèles encore épargnés.



