Renault abandonne Alpine et Dacia en sport automobile et se replie sur la F1

Fin des programmes Alpine et Dacia : Renault concentre désormais tous ses moyens sur la Formule 1.

Par
Aurélien Ronto
Né au début des années 1990 dans la région parisienne, Aurélien Ronto est un journaliste spécialisé dans l'automobile qui a su transformer sa passion pour les...
6 Minutes de lecture
Alpine Endurance Team - © Photo : DPPI / Alpine Racing

La décision a été prise ce jeudi 12 février. Renault arrête les frais et met un terme brutal à ses ambitions en sport automobile, hors Formule 1. Alpine quittera le championnat du monde d’endurance après 2026 et Dacia abandonnera le rallye-raid, dont le Dakar, dès 2027. Deux programmes sacrifiés sur l’autel des économies, deux victoires au losange qui resteront sans lendemain.

Cette annonce a fait l’effet d’une douche froide dans le paddock. Quelques semaines après le sacre de Dacia au Dakar en janvier dernier, la marque roumaine du groupe range déjà ses cartons. C’est la fin du programme Sandriders et des épopées dans le désert saoudien. Le projet prendra fin fin 2026 et aucune voiture ne portera les couleurs de Dacia lors de l’édition 2027 de cette épreuve mythique.

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Alpine quitte le WEC et les 24 Heures du Mans après 2026

Pour Alpine, le départ sera tout aussi définitif. L’écurie tricolore, engagée depuis plusieurs années en WEC d’abord en LMP2, puis en catégorie Hypercar avec l’Alpine A424, disputera sa dernière saison complète en 2026. Les 24 Heures du Mans de juin prochain marqueront donc la fin de cette aventure. Une aventure qui aura connu quelques moments de grâce, avec des victoires ponctuelles, mais jamais la régularité espérée face aux mastodontes Toyota, Ferrari ou Porsche.

La direction du constructeur justifie cette décision par une nécessité de recentrage budgétaire. La Formule 1 devient la seule vitrine sportive du groupe et Alpine doit y concentrer tous ses efforts pour espérer retrouver les sommets. L’écurie, qui roule désormais avec des moteurs Mercedes après avoir renoncé à sa propre motorisation Renault, affiche clairement ses priorités. Le développement commercial de la marque prime désormais sur les exploits sportifs.

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Crise économique : pourquoi Renault coupe dans le sport automobile

« Les arbitrages s’inscrivent dans un contexte économique et industriel tendu », explique le communiqué officiel publié jeudi. En clair, les sportives se vendent mal, le développement de l’électrique est onéreux, et les budgets consacrés au sport automobile sont devenus des variables d’ajustement. Renault fait face aux mêmes défis que tous les constructeurs européens, pris en étau entre la transition énergétique et la concurrence asiatique féroce.

Le groupe ne fait pas mystère de ses difficultés. Les investissements nécessaires pour rester compétitif sur les marchés stratégiques obligent à faire des choix. Et visiblement, l’endurance et le rallye-raid ne font plus partie des priorités. Seule la Formule 1 conserve son statut de sanctuaire, malgré des résultats sportifs qui se font attendre.

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Quel avenir pour l’usine Renault de Viry-Châtillon ?

Cette annonce jette également une ombre supplémentaire sur l’avenir de l’usine de Viry-Châtillon. Ce site historique, berceau des moteurs de course Renault depuis des décennies, ne fermera pas immédiatement. Mais son destin reste flou. La direction promet une « transformation » vers des « projets d’innovation et de services », une formule vague qui n’a rien pour rassurer les 400 salariés du site.

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Viry avait déjà perdu sa raison d’être principale lorsque Alpine avait annoncé l’abandon de son moteur maison en Formule 1. Avec la fin des programmes Endurance, c’est un nouveau pan d’activité qui disparaît. Il est difficile d’imaginer ce qui pourra maintenir l’usine à flot à moyen terme.

Victoire au Dakar et podiums en WEC : des résultats insuffisants

L’ironie de la situation est d’autant plus frappante que les résultats étaient au rendez-vous. Dacia venait de remporter le Dakar, prouvant ainsi la compétitivité de son approche et la pertinence de son engagement. Mais même une victoire aussi prestigieuse n’aura pas suffi à contrebalancer les impératifs financiers du groupe. Le retour sur investissement commercial n’était visiblement pas à la hauteur des attentes.

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Côté Alpine, les performances en Hypercar restaient honorables, sans être transcendantes. L’A424 manquait de constance pour monter régulièrement sur le podium, mais le potentiel était là. Il aurait encore fallu lui donner du temps et des moyens. Ce ne sera pas le cas.

La Formule 1, dernier pilier sportif stratégique de Renault

Renault mise donc tout sur la Formule 1 pour Alpine. Un pari risqué, car les résultats actuels de l’écurie ne plaident guère en faveur de cette stratégie. Le passage aux moteurs Mercedes devait permettre d’améliorer immédiatement les performances, mais les premières courses de 2026 n’ont pas encore confirmé cette hypothèse. Si la F1 ne décolle pas, Alpine se retrouvera sans vitrine sportive crédible.

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Le groupe espère que cette concentration des efforts permettra enfin de hisser l’écurie au sommet du classement. Mais dans un championnat où les budgets se comptent en centaines de millions et où la concurrence est acharnée, rien n’est garanti. D’autres constructeurs ont tenté cette approche avant Renault, avec des fortunes diverses.

Les fans de sport automobile français perdent en tout cas deux belles aventures. Alpine en endurance et Dacia au Dakar offraient de la diversité, du spectacle et des émotions. Tout cela s’arrête net, victime des réalités économiques d’une industrie en pleine mutation. Rendez-vous au Mans en juin pour un dernier tour de piste.

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