Dans The Bootleg Series Vol. 18 : Through the Open Window, Bob Dylan ouvre une fenêtre exceptionnelle sur ses années de formation, de 1956 à 1963. Ce coffret monumental de 139 enregistrements retrace l’émergence progressive d’un adolescent passionné de musique devenu l’une des voix les plus influentes du folk américain. Entre archives inédites, performances rares et moments clés de l’histoire sociale, ce volume révèle la genèse d’un artiste en pleine construction.
Vous découvrirez ici un Dylan que peu de gens connaissent réellement. Avant les albums officiels, avant la reconnaissance internationale, il y avait un interprète qui absorbait tout ce qu’il entendait. Le country blues, le folk appalachien et les ballades anglo-irlandaises constituaient son terrain d’exploration.
Les débuts d’un prodige du folk américain
L’enregistrement le plus ancien date du 24 décembre 1956. Bob Dylan a alors quinze ans et s’appelle encore Robert Zimmerman. Il grave un 78 tours dans une boutique de musique de Saint-Paul, dans le Minnesota. La chanson s’intitule « Let the Good Times Roll » et ne dure que trente-sept secondes.
Ce fragment sonore crépitant est bien plus qu’une simple curiosité. Il marque le point de départ d’une carrière qui bouleversera la musique populaire. On y entend Dylan au piano, accompagné de son meilleur ami Larry Kegan et de son cousin Howie Rutman. L’unique exemplaire en acétate appartient désormais au Bob Dylan Center de Tulsa, dans l’Oklahoma.

L’apprentissage intensif des traditions folk et blues
Entre 1959 et 1961, vous suivrez le parcours de Dylan entre Hibbing, Minneapolis et Madison. Il enregistre chez des amis, dans des chambres d’étudiants. Sa première composition originale apparaît en mai 1959 chez Ric Kangas, un camarade de collège. Le morceau « I Got a New Girl » montre déjà une capacité à créer, même si le style reste influencé par le doo-wop de l’époque.
Dylan adopte alors un faux accent de l’Oklahoma pour imiter Woody Guthrie. Cette démarche peut sembler artificielle aujourd’hui. Pourtant, elle témoigne d’une volonté d’apprendre en reproduisant les codes du genre folk. L’artiste absorbe les influences de Robert Johnson, Jimmie Rodgers et Hank Williams.
New York : la ville qui révèle l’artiste
Le jeune homme débarque dans le quartier de Greenwich Village et fréquente les clubs. Au Gaslight Café, il interprète Song to Woody avec hésitation. Au Gerde’s Folk City, il se produit aux côtés de Jim Kweskin. C’est à la Riverside Church qu’il rencontre Suze Rotolo, qui transformera son approche de l’écriture.
Son premier concert en dehors des clubs a lieu le 4 novembre 1961 au Carnegie Hall. Seules 53 personnes assistent à la performance. Il y joue principalement des reprises de Guthrie, mais présente aussi « Man on the Street » et la murder ballad « Pretty Polly ».
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En studio : l’éveil du songwriter visionnaire
Ce coffret contient 59 titres jamais entendus auparavant et 37 considérés comme extrêmement rares. Vous y entendrez des sessions à l’harmonica pour Carolyn Hester, Harry Belafonte, Big Joe Williams et Victoria Spivey. Ces collaborations témoignent d’un musicien qui apprend son métier en accompagnant des artistes confirmés.
Les morceaux écartés du premier album de Bob Dylan figurent également dans cette compilation. La ballade du XVIIe siècle « House Carpenter » et « Ramblin’ Round » de Woody Guthrie n’avaient pas trouvé leur place sur le disque officiel.
Le 16 avril 1962, Dylan retourne au Gerde’s et présente pour la première fois « Blowin’ in the Wind ». La chanson ne possède alors que deux couplets. Quelques mois plus tard, Peter, Paul and Mary en feront un hymne pacifiste reconnu dans le monde entier.

The Bootleg Series Vol. 18: Through the Open Window, 1956-1963
L’édition 2CD et 4LP comprend 42 titres, dont 18 sont entièrement non publiés ainsi que 9 morceaux très rares.
Des performances live d’une intensité brute
Plusieurs performances publiques jalonnent ce coffret. Le Live at the Gaslight 1962 propose les premières versions enregistrées de « A Hard Rain’s A-Gonna Fall » et « Don’t Think Twice », It’s All Right. L’apocalyptique « Hard Rain » frappe par sa puissance prophétique. La ballade élisabéthaine « Barbra Allen » s’étend sur huit minutes, avec une vulnérabilité que Dylan n’exprimera plus par la suite.
Parmi les titres inédits de The Freewheelin’ Bob Dylan, vous découvrirez « Rambling, Gambling Willie » et « Rocks and Gravel ». Ce dernier titre se distingue par une main droite redoutable à la guitare. La voix de Dylan possède déjà cette texture particulière qui deviendra sa marque de fabrique.
La conscience politique d’un artiste en devenir
Dylan a participé aux moments clés du mouvement des droits civiques. Le 6 juillet 1963, il interprète « Only a Pawn in Their Game » dans une ferme noire de Greenwood, dans le Mississippi. Cette chanson évoque l’assassinat du militant Medgar Evers et encourage le vote des Afro-Américains.
Le 26 juillet 1963, lors du festival de Newport, il partage la scène avec Joan Baez, Pete Seeger, Peter, Paul and Mary et les Freedom Singers. Leur interprétation collective de Blowin’ in the Wind résonne comme un appel au changement.
La marche sur Washington du 28 août 1963 constitue un autre moment fort. Dylan y interprète le prophétique « When the Ship Comes In », accompagné des vocalises de Joan Baez. Martin Luther King prononcera son discours historique « I Have a Dream » quelques heures plus tard.

The Bootleg Series Vol. 18: Through the Open Window, 1956-1963
L’édition 2CD et 4LP comprend 42 titres, dont 18 sont entièrement non publiés ainsi que 9 morceaux très rares.
Carnegie Hall : la clôture d’un premier chapitre
Les deux derniers disques du coffret présentent l’intégralité du concert triomphal donné à Carnegie Hall le 26 octobre 1963. Columbia envisageait alors d’en faire le premier album live de Dylan. Le projet a finalement été abandonné, mais les bandes ont été conservées.
Ce concert s’ouvre sur The Times They Are A-Changin’, enregistré seulement trois jours auparavant en studio. Suivent des interprétations bouleversantes de « Boots of Spanish Leather », « Masters of War », « Ballad of Hollis Brown » et « The Lonesome Death of Hattie Carroll ».
Plusieurs chansons prévues pour ce projet avorté sont restées longtemps inédites. On y trouve « Who Killed Davey Moore ? », popularisé par Graeme Allwright, le vitriolique « Talkin’ John Birch Paranoid Blues » et l’élégiaque « Lay Down Your Weary Tune », repris par les Byrds. Les Britanniques de Fairport Convention chanteront « Percy’s Song », tandis que Joan Baez enregistrera « Seven Curses » et « Walls of Red Wing ».
L’affirmation d’un maître du folk contestataire
À 22 ans, Dylan est le maître du folk américain. Il est le champion de la chanson contestataire et politique. La gauche américaine le considère comme une icône. Il invente le genre du singer-songwriter moderne. Joan Baez l’emmène en tournée et popularise son répertoire.
En janvier 1964, les Beatles écoutent en boucle l’album The Freewheelin’ Bob Dylan à l’hôtel George-V, pendant leur résidence à l’Olympia. Avant de conquérir l’Amérique, ils s’imprègnent de cette nouvelle écriture. En France, Hugues Aufray commence à interpréter les chansons de Dylan. L’album The Times They Are A-Changin’ connaît un important succès commercial.
Dylan se trouve alors à un tournant. Après l’assassinat de John F. Kennedy, le 22 novembre 1963 à Dallas, il compose Another Side of Bob Dylan. Ce disque reste solo et acoustique, mais marque une première métamorphose. Il a rencontré Allen Ginsberg et intègre des influences de Lennon-McCartney et de Rimbaud.
Un coffret essentiel pour comprendre la naissance d’une légende
Ce coffret révèle comment un adolescent passionné de musique est devenu l’auteur qui a marqué plusieurs générations. The Bootleg Series Vol. 18 : Through the Open Window comble un manque essentiel dans la discographie officielle de Dylan.
Vous comprendrez désormais d’où vient cette voix si singulière. Les sept années capturées ici témoignent d’un apprentissage accéléré. Dylan écoute, reproduit, assimile, puis transcende ses influences pour créer quelque chose de neuf.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que The Bootleg Series Vol. 18 : Through the Open Window ?
C’est un coffret de 139 enregistrements rares ou inédits couvrant les années de formation de Bob Dylan entre 1956 et 1963.
Pourquoi ce volume est-il important dans la discographie de Bob Dylan ?
Il révèle l’évolution artistique du jeune Dylan, depuis ses premières influences jusqu’à son émergence comme figure majeure du folk.
Quels types d’enregistrements trouve-t-on dans ce coffret ?
Des sessions studio, des performances live, des démos, des collaborations, ainsi que des titres rares ou abandonnés lors des premiers albums.
Que montrent ces archives sur la transformation de Dylan ?
Elles documentent l’apprentissage, les influences, les rencontres et les événements historiques qui ont façonné son écriture et son engagement.
À qui s’adresse ce coffret ?
Aux passionnés de Bob Dylan, aux amateurs de folk, aux historiens de la musique et à tous ceux qui souhaitent comprendre la naissance d’un artiste majeur.



