La collection Croisière 2026 de Tom Ford, pensée par Haider Ackermann, initie une nouvelle expression du désir masculin. Entre cuirs allégés, teintes vibrantes et silhouettes souples, le créateur insuffle à la maison américaine une élégance plus subtile, fidèle à son héritage tout en ouvrant un nouveau chapitre.
Nommé directeur créatif de la marque, il ne trahit pas son ADN. Il le réinterprète à sa manière. La collection Croisière 2026 pour hommes, récemment présentée dans les showrooms milanais, prouve que le désir peut s’exprimer autrement que par la provocation frontale.

Le créateur parle de sa démarche comme d’une danse. Il ne s’agit pas là d’une simple métaphore poétique. Ackermann évolue dans l’univers de Tom Ford avec la prudence de celui qui connaît son héritage. Son apport ? Une fluidité, une souplesse, une respiration qui ouvrent les fenêtres d’un univers parfois trop hermétique.
La collection Croisière 2026 met à l’honneur le cuir. Mais attention, le cuir n’est plus une armure ici. Ackermann le traite avec légèreté : une veste en daim rouge portée sur un pull lavande. Une veste en daim rouge est ainsi portée sur un pull lavande. Un blouson bleu en daim sur une chemise de soie jaune. Un imperméable bleu électrique profond qui attire l’œil sans le capturer.

Ces associations chromatiques révèlent le talent de coloriste du créateur. Vous vous souvenez de ses propres défilés avant la pandémie ? Cette science des teintes, ce sens de l’accord parfait, il les transpose chez Tom Ford avec assurance.
Ackermann parle d’une « mosaïque de masculinités » qu’il souhaite représenter. La formule pourrait sembler grandiloquente. Elle prend toutefois corps dans trois directions distinctes.
D’abord, le vestiaire formel. Des tailleurs près du corps, mais fabriqués dans des tissus luxueux. La silhouette semble plus étroite que celle imaginée par Tom Ford chez ZEGNA. Ensuite, les basiques preppy pour gentlemen de country club. Des tricots somptueux, des chaussettes roses qui dialoguent avec les pulls et des détails soignés qui signent l’appartenance à un certain milieu.
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Enfin, le roué-flâneur contemporain. Des robes d’intérieur portées à l’extérieur, des ensembles froissés dans la même couleur qui suggèrent une décontraction étudiée. Ackermann revendique « l’aisance, la nonchalance et la négligence étudiée » comme ses trois attributs principaux.
Cette collection Croisière illustre bien son nom. Elle anticipe les déplacements entre les villes, les moments de transition. Les pièces respirent cette liberté du voyageur qui connaît les codes sans s’y conformer totalement.
Les chaussons en velours, les sacs oversize souples, les pyjamas qui sortent de la chambre : tout suggère une vie vécue avec assurance et décontraction. Vous passez d’un continent à l’autre sans effort apparent. Votre vestiaire suit le mouvement.

Ackermann ne révolutionne pas Tom Ford. Il l’aère. Le sex-appeal est toujours présent, mais s’exprime avec moins de frontalité. La précision du tailleur reste une priorité absolue. Les pantalons allongent la silhouette et les vestes équilibrent confiance et décontraction.
Pour ceux qui craignaient une rupture brutale avec l‘esthétique de Tom Ford, cette collection Croisière 2026 apporte des réponses rassurantes. Ackermann connaît les règles du jeu. Il choisit l’élégance plutôt que la révolution.
Tom Ford écrivait le désir en lettres capitales. Haider Ackermann le murmure. Les deux approches se valent. La seconde correspond peut-être mieux à notre époque, qui préfère la suggestion à l’affirmation.


































