Que cherche vraiment Maximilian Davis chez Ferragamo ? La réponse se trouve peut-être dans ce moment singulier, au siège milanais de la maison, où une fausse alarme incendie interrompt la présentation de la collection. Interrogé sur l’objet qu’il aurait sauvé en premier, le directeur artistique britannique répond sans hésiter : « Le cuir ! » Cette réponse spontanée résume l’essentiel de son approche pour l’homme Ferragamo.

Le cuir, justement, traité comme une seconde peau, s’impose avec une veste en mouton retourné réversible d’un bordeaux profond. La matière atteint une souplesse presque soyeuse, une douceur qui défie les codes habituels de la maroquinerie masculine. Davis manipule le nappa avec une légèreté inattendue, transformant cette spécialité florentine en pièces fluides qui bougent comme du textile.
L’inspiration nautique traverse cette collection pré-automne 2026 de Ferragamo sans jamais tomber dans le folklore marin. Il puise dans les archives Ferragamo des années 1960, exhume des rayures et des détails de navigation qu’il réinterprète avec discernement. Les pantalons de marin taille haute en soie, dotés de fermetures éclair frontales repliables, incarnent cette approche subtile du vestiaire maritime.
Suivez toute l’actualité d’Essential Homme sur Google Actualités, sur notre chaîne WhatsApp, ou recevoir directement dans votre boîte mail avec Feeder.
Le créateur tisse également des liens entre ses racines caribéennes et l’attachement de la famille Ferragamo pour la voile. Cette double référence à l’océan transcende le simple exercice de style. Elle devient un territoire d’exploration où le raffinement italien rencontre une certaine nonchalance tropicale.
Le vestiaire masculin adopte une élégance décontractée, cette fameuse « sprezzatura » milanaise que Davis poursuit depuis son arrivée à la tête de la maison. Une parka militaire verte en daim se porte avec désinvolture sur un manteau ajusté assorti, le tout associé à un pantalon hivernal de la même teinte, uniforme des Milanais élégants.
Le tailoring reste impeccable, mais assoupli, avec des épaules qui glissent naturellement et des lignes volontairement détendues. Les twinsets en viscose, les cardigans et les pantalons amples noués bas sur les hanches par des ceintures à franges proposent une alternative au costume traditionnel.

Davis excelle dans l’art de sublimer le quotidien par des ajustements discrets. Les nœuds marins se transforment en torsades de cuir décoratives, les rayures asymétriques animent des mailles légères et les fermoirs Gancini rehaussent les tricots marine. Cette attention portée aux finitions distingue le travail du créateur britannique.
La chemiserie occupe une place centrale, déclinée en versions masculines détournées, avec des cols marin ou mandarin, à porter sous le costume ou en pièce autonome. Le coton se décline en différentes formes et poids, servant aussi bien aux pantalons de marin taille haute qu’aux pièces plus structurées.
Ferragamo pré-automne 2026 propose une garde-robe pensée pour la vie de tous les jours, loin du spectaculaire. La palette de couleurs maritimes, avec ses bleus océan, ses neutres sableux, ses bordeaux profonds et ses tons délavés par le soleil, murmure plus qu’elle ne crie. Davis privilégie le sens plutôt que le bruit, ancrant sa vision dans l’artisanat, la culture et une clarté d’intention.














