ZFE, carburants, bonus : le grand bilan automobile de 2025

Une année automobile faite de renoncements politiques, de surprises économiques et d’un attachement populaire toujours aussi fort.

Par
Aurélien Ronto
Né au début des années 1990 dans la région parisienne, Aurélien Ronto est un journaliste spécialisé dans l'automobile qui a su transformer sa passion pour les...
9 Minutes de lecture

Entre assouplissement des contraintes environnementales, baisse des prix à la pompe et succès populaires inattendus, le bilan automobile de 2025 révèle une année riche en paradoxes. ZFE édulcorées, bonus écologique remodelé et passion du public intacte : retour sur douze mois qui ont profondément redessiné le paysage automobile français.

Les zones à faibles émissions : un dispositif en net recul face à la réalité sociale

Le dossier ZFE devait bouleverser la circulation urbaine dès 2023, avec des radars actifs et une interdiction des véhicules diesel à partir de 2025. La réalité s’avère toutefois bien différente. Seules quatre métropoles ont timidement banni les véhicules Crit’Air 3 cette année : Montpellier, Grenoble, Lyon et le Grand Paris. Les véhicules diesel d’avant 2011 et essence d’avant 2006 sont concernés, mais l’application reste timide. Lyon se montre la plus stricte, tandis que le Grand Paris a apparemment décidé de ne pas verbaliser en 2026. Quant aux radars, leur arrivée est repoussée à 2027. Peut-être.

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Ce pétard mouillé contraste avec les ambitions initiales. Le dispositif qui devait mettre le feu aux ronds-points s’est transformé en simple claque-doigt. Les automobilistes concernés peuvent respirer, mais la question environnementale reste posée. Comment concilier la protection de l’air urbain et l’acceptabilité sociale sans créer de nouvelles tensions ?

Carburants : une accalmie bienvenue pour le budget des automobilistes

Bonne surprise à la pompe pour les automobilistes français. Après une année 2024 déjà relativement clémente pour le portefeuille, 2025 se termine sur une note encore plus favorable. Le gazole affiche en moyenne 1,622 € depuis janvier, soit 7 centimes de moins qu’en 2024. Le SP95-E10 baisse de 9 centimes pour atteindre 1,694 €, tandis que l’E85 recule de 10,5 centimes pour s’établir à 0,733 €.

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Cette tendance se poursuivra-t-elle l’année prochaine ? Il est difficile de le prédire avec certitude. Un premier facteur risque toutefois de renchérir les prix dès le 1er janvier : la hausse de la contribution aux certificats d’économies d’énergie, liée au nouveau système de bonus écologique. Quelques centimes supplémentaires sont donc à prévoir pour tous les carburants. Mais globalement, 2025 restera une année plutôt favorable pour les conducteurs en termes de tarifs.

Bonus écologique : une réforme controversée aux effets indirects

Le système d’aides à l’achat de véhicules électriques a en effet connu un bouleversement majeur cette année. Le budget de 500 millions d’euros alloué par l’État a été épuisé en seulement six mois. Sans prévenir, le bonus traditionnel a disparu le 1er juillet pour laisser place à un « coup de pouce » financé différemment.

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Ce nouveau dispositif repose sur les certificats d’économies d’énergie imposés aux fournisseurs d’énergie, comme EDF, Engie ou TotalEnergies. Les montants ont augmenté, passant de 200 à 1 200 euros selon le profil de l’acheteur. Cependant, le système présente plusieurs défauts. Sa lisibilité est compromise, car l’aide varie en fonction des constructeurs. Surtout, ce « coup de pouce » n’est pas gratuit : les fournisseurs d’énergie répercutent son coût sur le prix des kilowattheures d’électricité, de gaz et des litres de carburant facturés.

Autre problème : le malus ne servant plus à financer le bonus, il devient un impôt déguisé. Et quel impôt ! 70 000 € maximum, malus au poids dès 1 600 kg, les hybrides rechargeables sont également touchés. Les finances publiques y trouvent leur compte. En résumé, ce « top » ressemble finalement à un « flop » quand on regarde de près.

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Salons automobiles : la passion du public dément les idées reçues

Contrairement aux idées reçues, le public n’a pas déserté l’automobile. La preuve en chiffres : les événements de 2025 ont pulvérisé les compteurs. Rétromobile a accueilli 146 000 visiteurs, un record absolu. Le salon de Bruxelles a dépassé les 300 000 entrées et celui de Munich les 500 000. Lyon a frôlé les 100 000 visiteurs, tandis qu’Epoq’Auto en a attiré près de 110 000.

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Les ventes aux enchères ont également marqué les esprits avec des montants vertigineux. Rétromobile a généré 24,6 millions d’euros de transactions. Lyon a réalisé 2,6 millions d’euros de transactions, et la vente des voitures de cinéma du musée Movie Cars Central, 2,4 millions. Quant aux 100 véhicules du patrimoine de Renault, ils ont été adjugés pour 12 millions d’euros. Ces chiffres à sept ou huit chiffres prouvent que la passion automobile est intacte. Mais elle a un prix, souvent très élevé.

Sécurité, mobilité et marché : les autres faits marquants de 2025

Plusieurs mesures importantes ont été adoptées en 2025. En juillet, l’homicide routier a été reconnu par la loi, une avancée attendue par les victimes qui aura des conséquences lourdes pour les responsables d’accidents. La carte grise a été dématérialisée : depuis juillet, il est possible de stocker ce document dans son smartphone grâce à l’application France Identité.

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L’autoroute en flux libre a confirmé son succès. Après un an d’existence et 83 millions de passages sur les 210 km de l’A13, le bilan est positif. Une étude OpinionWay pour la Sanef révèle que 84 % des usagers en sont satisfaits et 76 % sont favorables à la généralisation du free flow.

Malgré les difficultés du marché du neuf, celui de l’occasion résiste. Sur onze mois, 4,98 millions de transactions ont été enregistrées, soit une hausse de 0,3 %. La circulation en file indienne sur les autoroutes est enfin entrée dans le code de la route après des années d’expérimentation. Le texte détaille désormais les règles précises de cette pratique.

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Enfin, la Renault 5 électrique a connu un grand succès : un acheteur de véhicule électrique sur dix l’a choisie en 2025. La R4 fera-t-elle aussi bien ? Rien n’est moins sûr. En revanche, la future Twingo électrique pourrait bien réitérer ce succès.

L’année 2025 restera comme une période de transition pour l’automobile française. Entre mesures environnementales édulcorées, aides à l’achat transformées et passion du public confirmée, le secteur de l’automobile navigue entre contraintes et enthousiasme. L’année 2026 apportera des réponses aux questions laissées en suspens.

Questions fréquentes

Pourquoi les ZFE ont-elles été assouplies en 2025 ?

Les difficultés d’acceptation sociale et le manque de dispositifs de contrôle ont freiné leur application.

Les carburants vont-ils rester abordables en 2026 ?

La tendance est incertaine, notamment en raison de nouvelles contributions énergétiques.

Le bonus écologique est-il encore avantageux ?

Il existe toujours, mais sous une forme moins lisible et indirectement financée par les consommateurs.

Les salons automobiles sont-ils encore attractifs ?

Oui, les chiffres de fréquentation et de ventes démontrent un engouement toujours très fort.

2025 est-elle une année de transition pour l’automobile ?

Oui, elle marque un tournant entre contraintes environnementales réajustées et passion préservée.

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