Vendredi soir, à Milan, Ralph Lauren a fait un retour fracassant sur les podiums milanais, vingt-quatre ans après son dernier passage en 2002. Le Palazzo Ralph Lauren s’est transformé en théâtre américain le temps d’un défilé célébrant la collection automne 2026 de Ralph Lauren, qui présentait les univers de Polo Ralph Lauren et de Purple Label. Absent physiquement, le créateur avait néanmoins laissé une note manuscrite sur chaque siège, précisant que ses collections s’inspiraient des différentes façons dont les hommes vivent aujourd’hui, de leur individualité et de leur style personnel.
| 📌 Repères clés |
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| 🗓️ Date & lieu : Défilé présenté à Milan, 24 ans après le dernier show italien 👔 Lignes présentées : Polo Ralph Lauren & Purple Label réunies 🎯 Inspiration majeure : Americana, années 1990, élégance masculine plurielle 🧵 Savoir-faire : Artisanat autochtone américain (programme Authentic Makers) ⭐ Moment fort : Retour iconique de Tyson Beckford 🎨 Vision créative : Diversité des styles, rejet de l’uniforme masculin |

Polo Ralph Lauren et Purple Label réunis sur un même podium
Ralph Lauren a fait un choix audacieux en présentant simultanément deux collections distinctes sur un seul podium. Polo Ralph Lauren a ouvert le bal avec exubérance, présentant une profusion de pièces qui semblaient tout droit sorties des années 1990, époque bénie où le logo Polo régnait en maître sur la garde-robe masculine. Polaires ornées de motifs traditionnels, camouflages revisités et jeans amples évoquaient cette décennie avec une nostalgie palpable. Les maillots de rugby Polo Sport rayés orange et lavande ont particulièrement marqué les esprits, rappelant que le sportswear américain a ses propres codes vestimentaires – une autre lecture du style américain.
Puis, le défilé a basculé vers l’univers de Purple Label, la ligne confidentielle et ultra-luxueuse de la maison. La transition s’est opérée lorsque la première silhouette, drapée d’une cape, est apparue dans la cour intérieure du palais, vêtue d’un blazer tartan et d’un pantalon de smoking. Le contraste était saisissant. Alors que Polo affichait une énergie juvénile et débordante, Purple Label incarnait une sophistication feutrée, presque aristocratique. Les manteaux en cachemire double face couleur camel, portés sur des pantalons en flanelle grise et des pulls torsadés, dégageaient une élégance nonchalante que seules les grandes maisons savent cultiver.
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L’esthétique Americana revisitée
John Wrazej, directeur créatif senior des lignes masculines de Ralph Lauren, a supervisé cette présentation avec un objectif précis : rappeler la diversité stylistique que la maison propose aux hommes. Les silhouettes défilaient comme autant de personnages distincts. Le poète bohème, vêtu d’un jean éclaboussé de peinture, d’une veste en cuir à franges ornée de perles et d’une guitare acoustique en bandoulière. Les amateurs de montagne et de sports d’hiver, enveloppés dans des doudounes orange vif et des parkas utilitaires en peau lainée crème. Les gentlemen aventuriers, en combinaison d’aviateur noire smoking, portée sur une chemise habillée et une cravate, serrée par une ceinture western travaillée à la main.
Cette multiplicité de styles reflète la vision que Ralph Lauren défend depuis six décennies : le vêtement masculin ne se réduit pas à un uniforme unique. Les costumes à carreaux affirmés se portaient avec des duck boots et des casquettes de chasse, tandis que les codes preppy se superposaient en collages sophistiqués. Une tenue pouvait associer une veste pied-de-poule, un cardigan jaune canari, une chemise Oxford à fines rayures, un pantalon en velours côtelé vert Kelly et une casquette bleue logotypée. Cette accumulation aurait pu paraître excessive, mais elle fonctionnait parfaitement grâce à la cohérence esthétique propre à Ralph Lauren.

L’artisanat autochtone au cœur de la collection
La collection automne 2026 de Ralph Lauren rendait également hommage au savoir-faire autochtone américain. Cette dimension s’inscrit dans les partenariats développés par la maison, notamment avec la marque TÓPA, dirigée par des membres de la nation Oceti Sakowin, et avec l’artiste Neil Zarama, de la nation Apache Chiricahua, dans le cadre du programme Authentic Makers. Les vestes en daim couleur peau de bison, ornées de perles et de franges, témoignaient de la volonté de célébrer les traditions artisanales américaines, au-delà du folklore.

Tyson Beckford, symbole d’un héritage toujours vivant
Le final du défilé a réservé une surprise de taille : l’apparition de Tyson Beckford, mannequin emblématique qui a incarné Ralph Lauren dans les années 1990. Vêtu d’un somptueux pardessus brun en cachemire sherpa, porté sur un costume du soir et des bottes de montagne, il a clôturé le défilé sous les applaudissements nourris des invités. Sa présence résumait à elle seule l’intention de cette collection : relier le passé glorieux de la maison à son présent créatif, sans jamais se laisser enfermer dans une nostalgie stérile.
Après le défilé, les invités ont attendu en vain que Ralph Lauren, John Wrazej ou l’équipe créative ne viennent saluer. À la place, une troupe de jeunes serveurs en vestes blanches est apparue, portant des plateaux garnis de flûtes de champagne. Une conclusion élégante et sobre, très Ralph Lauren. Le créateur américain prouve qu’à 86 ans, il sait encore captiver Milan sans avoir besoin d’apparaître sur scène. Son univers parle pour lui : immuable et pourtant toujours renouvelé.








































































