La maison Giorgio Armani présente sa collection automne 2026 dans des circonstances inédites. Pour la première fois depuis sa création, le fondateur italien n’est plus là pour superviser les créations. Leo Dell’Orco, collaborateur du maestro pendant quarante ans, prend les rênes du vestiaire masculin lors du show du printemps 2026 à Milan. Ce passage de témoin soulève une question essentielle : comment perpétuer un héritage sans le trahir ?
| 📌 Repères clés |
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| 👔 Directeur artistique : Leo Dell’Orco (première collection masculine) 📅 Saison : Automne-Hiver 2026 🏛️ Lieu du défilé : Via Borgonuovo, Milan 🎨 Palette : gris, beige, olive, améthyste, lapis-lazuli ✨ Nouveautés : textures irisées, velours coloré, silhouettes juvéniles 🧵 Collaboration : Alanui (maille graphique homme & femme) 🧠 Enjeu central : transmission de l’héritage Armani |

Une première collection Armani sans Giorgio Armani
Dell’Orco ne cherche pas à bouleverser les codes. Le défilé s’est tenu dans le théâtre souterrain habituel de la marque, via Borgonuovo, sans décor particulier. Les mannequins, dont certains défilent pour Armani depuis des décennies, ont arpenté le podium avec cette démarche légère et ce menton relevé qui sont l’ADN de la maison. Cent trente-six passages ont défilé, confirmant la générosité d’une proposition qui refuse de choisir entre une veste à boutonnage simple ou croisé, un col châle ou un col officier.
La silhouette reste fidèle aux fondamentaux : tailleur souple, pantalons amples tombant sur des chaussures en daim à semelle souple et tissus moelleux, dans la lignée de l’approche plus décontractée du printemps 2025. Les vestes descendent des épaules avec cette fluidité caractéristique qui a fait la réputation du créateur depuis les années 1980. Rien de radical, donc. Juste une continuité assumée qui témoigne du respect porté au travail accompli.

Les apports stylistiques de Leo Dell’Orco chez Armani
Pourtant, quelques nouveautés se glissent dans cette collection. Les textures irisées font leur apparition, apportant une brillance discrète aux étoffes. Les couleurs s’émancipent du sempiternel gris-beige pour explorer l’olive, l’améthyste et le lapis-lazuli. Un costume en velours bleu vif frôle même l’audace, flirtant avec l’ostentatoire dans une garde-robe habituellement si mesurée.
Les bombers et les blousons aviateur affichent une énergie juvénile. Les pulls amples aux épaules tombantes, rentrés dans des pantalons larges, s’adressent à une clientèle plus jeune. Dell’Orco avoue avoir voulu ajouter sa touche personnelle : davantage d’excentricité dans les violets et les verts, un peu plus d’iridescence. Giorgio Armani aurait peut-être atténué ces éclats ou assombri les teintes, mais son successeur revendique cette touche d’éclat.
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Une silhouette Armani entre années 1990 et modernité
Les tenues monochromes ou ton sur ton dominent, tendance observée lors de cette saison milanaise écourtée. Dell’Orco tisse des micro-motifs familiers dans une gamme de gris et de beiges, puis introduit progressivement des couleurs plus affirmées. On y trouve notamment une chemise en velours vert sous un blouson en mouton retourné noir, ou encore une veste en velours bleu sans revers portée sur un pantalon en flanelle pour le soir.
La collection propose également quelques silhouettes féminines et se conclut sur des couples vêtus de tenues assorties. Un clin d’œil au rôle pionnier du fondateur dans la révolution du tailleur et la création d’une proposition lifestyle complète, jusque dans une incursion en haute joaillerie pour hommes. Les notes de presse mentionnent une collaboration avec la marque de maille luxueuse Alanui pour des cardigans à motifs géométriques destinés aux hommes et aux femmes. Ces pièces, les plus audacieuses du défilé, ouvrent peut-être une nouvelle voie.

Transmission et continuité au cœur du projet Armani
En 1975, Dell’Orco a rencontré Giorgio Armani par hasard, lors d’une promenade dans les jardins de Piazzale Libia, à Milan. C’est un chien égaré qui les a réunis. Cette rencontre fortuite a façonné une carrière de quatre décennies. Aujourd’hui, accompagné de Gianluca, le neveu du créateur qui dirige le bureau de style masculin, Dell’Orco est chargé de perpétuer cet héritage. Il le dit lui-même : personne ne pourra reproduire ce qu’Armani a accompli, ni devenir lui. Mais chacun assumera sa part : Silvana pour la femme, et lui pour l’homme.
Une fois le défilé terminé, les invités ont été conviés dans l’appartement privé qu’Armani partageait avec Dell’Orco et dans lequel ce dernier vit encore. Un geste symbolique qui ancre cette transition dans l’intimité d’une histoire partagée. Dell’Orco souhaite adopter une approche légère, exprimer ce qu’il connaît et aime. Sans révolution, mais avec une évolution mesurée qui respecte les codes tout en osant quelques libertés personnelles.













