L’entrée dans le lieu du défilé AMIRI à Paris était un spectacle déconcertant. La collection automne 2026 de Mike Amiri plongeait d’emblée ses invités au cœur de Laurel Canyon, dans la lignée de l’imaginaire hollywoodien d’AMIRI. Ce quartier de Los Angeles, refuge des musiciens de rock des années 1970, servait de fil conducteur à une proposition vestimentaire riche en références.
| 📌 Repères clés |
|---|
| 🧵 Maison : AMIRI 👤 Directeur artistique : Mike Amiri 📍 Lieu : Paris 📅 Saison : Automne 2026 🎸 Inspiration : Laurel Canyon, Californie, années 70 🤠 Références stylistiques : western, rock, vintage américain 👞 Pièces clés : costumes western, denim orné, bottes de cowboy 🎭 Invité notable : Jeff Goldblum |
La scénographie ne manquait pas d’audace. Des fauteuils confortables occupaient l’espace. Une bibliothèque en trompe-l’œil fermait la perspective. Un patchwork de tapis persans recouvrait le sol. L’ensemble évoquait ces soirées mythiques où se croisaient les artistes de la scène californienne.

Jeff Goldblum était assis sur l’un des canapés. L’acteur, accompagné de son épouse, Emilie Livingston, venait de donner un concert au Troubadour, un club légendaire de Los Angeles. Le comédien connaît bien Mike Amiri. C’est son styliste, Andrew Vottero, qui l’a présenté au créateur il y a plusieurs saisons déjà.
La collection automne 2026 pour homme célébrait l’individualité. Mike Amiri a voulu rendre hommage à ceux qui osent affirmer leur personnalité à travers leurs vêtements. Son vocabulaire stylistique empruntait librement aux différentes décennies.
Les costumes western rappelaient ceux portés par Johnny Cash et Elvis Presley dans les années 1950. Les détails étaient nombreux : pointes métalliques sur les revers, broderies florales, passepoils contrastés. Les couleurs étaient originales. On y voyait du bordeaux profond, du rose poudré et du vert émeraude électrique. Des bottes de cowboy métallisées complétaient ces silhouettes remarquables.

Mike Amiri excelle dans l’art de sublimer les trouvailles de brocante – jusque dans ses trésors vintage revisités. Les cardigans ornés de cristaux, les vestes en cuir patiné et les chemises brodées témoignaient de ce savoir-faire particulier. Certains mannequins rappelaient Buddy Holly. D’autres rappelaient Jackson Browne.
Le créateur s’est exprimé sur sa vision de la mode masculine contemporaine. Il observe une quête d’authenticité chez les hommes d’aujourd’hui. Selon lui, la dichotomie entre mode tapageuse et mode discrète est dépassée. Selon lui, ce qui compte, c’est la capacité d’un vêtement à susciter une émotion véritable.
La section d’ouverture du défilé déclinait abondamment le bordeaux. Le premier costume présentait un empiècement en satin brodé et des pointes métalliques travaillées sur le col. L’allure tenait du rodéo formalisé. Une veste de type militaire, également bordeaux, était ornée de broderies de perles sur les épaules. Elle était assortie d’une cravate western en satin rose et d’un pantalon de costume rayé.
Le denim occupait une place de choix. Un pantalon surpiqué se portait sous une veste aux empiècements colorés et aux ornements de perles. L’esthétique western persistait tout au long de la présentation. Les bottes de cowboy revenaient régulièrement, déclinées en différentes finitions : lézard, vernis ou cuir travaillé. Les pointes métalliques sur les orteils ajoutaient une touche de caractère.
Suivez toute l’actualité d’Essential Homme sur Google Actualités, sur notre chaîne WhatsApp, ou recevoir directement dans votre boîte mail avec Feeder.
Les silhouettes présentaient une cohérence remarquable. Les pantalons présentaient une légère évasement, presque imperceptible. Cette retenue dans la coupe contrastait avec l’opulence des ornements. Les lunettes de soleil ponctuaient les passages, conférant aux mannequins une allure décontractée.
Les tenues les plus convaincantes restaient paradoxalement les moins apprêtées. Ces tenues décontractées, plus « Rose Bowl » que « tapis rouge », incarnaient véritablement l’esprit de Laurel Canyon. Mike Amiri réussit lorsqu’il capture cette tension entre nonchalance et sophistication.

Une question demeure cependant. Le format du défilé AMIRI mériterait peut-être d’être renouvelé. Le créateur entretient en effet de solides connexions dans le monde du spectacle, cohérentes avec sa vision du vêtement comme expérience. Pourquoi ne pas réintroduire un élément vivant, à l’image de la performance mémorable de DJ Premier lors du défilé automne 2023 ? Jeff Goldblum sortira d’ailleurs un nouvel album en juin. L’occasion semble toute trouvée.
La collection automne 2026 d’AMIRI confirme le positionnement unique de la marque. Mike Amiri sait s’adresser aux hommes qui recherchent des vêtements porteurs de sens. Son approche puise aux sources de la culture populaire américaine sans jamais tomber dans la caricature. Le défilé parisien a une fois encore démontré cette capacité à susciter le désir.











































