Avec cette deuxième collection pour kolor, Taro Horiuchi confirme sa capacité à piloter la maison avec assurance, après son premier défilé Printemps 2026. Le jeune créateur s’approprie les codes de la griffe fondée par Junichi Abe sans jamais chercher à reproduire le travail de son prédécesseur. Cette approche mesurée constitue précisément sa force.
| 📌 Repères clés |
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| 🌊 Directeur artistique : Taro Horiuchi 🧭 Collection : Deuxième collection pour Kolor 🧥 Saison : Automne-hiver 2026 ⚓ Inspiration : Univers maritime, tempête, traversée 🧵 ADN : Modularité, déconstruction, héritage workwear 🤖 Thème sociétal : Inquiétudes face à l’intelligence artificielle 🌤️ Message final : De l’adversité à l’espoir |

Le défilé se déroule comme une traversée maritime. Les premiers passages présentent des tweeds gris et des costumes en laine évoquant la protection nécessaire face aux intempéries. Les lignes édouardiennes, les rayures et les surpiqûres apparentes s’inspirent de l’univers du vêtement de travail, un écho au chic utilitaire du Printemps 2025. Les références à Moby Dick et au film The Lighthouse, avec Robert Pattinson, transparaissent clairement dans ces silhouettes robustes qui évoquent la rudesse de la vie en mer.
Puis, la palette s’éclaircit progressivement. Les silhouettes se détendent. Une doudoune aux manches gigot crée un lien parfait entre la forme historique et les matériaux contemporains. Ce changement reflète le parcours personnel d’Horiuchi, partagé entre appréhension et curiosité face à cette période de transition. Le créateur présente sa collection comme une réflexion sur le dépassement de l’incertitude et de l’adversité.

Il exprime ses inquiétudes concernant les mutations rapides de la société sous l’influence de l’intelligence artificielle. Paradoxalement, il utilise cette technologie pour créer une mélodie jazz des années 1940 qui accueille le public. Sur le podium, les péplums ingénieux évoquent des ceintures de sauvetage. Des cordages de voile entourent les accessoires, tandis que les gilets et les capes se réinventent grâce à des matières sportives et des touches de couleur vive.
Les superpositions apparemment complexes révèlent souvent un seul vêtement. Cette technique renforce les codes historiques de la marque, fondés sur des constructions modulables. Les pièces déstructurées et délavées semblent avoir été récupérées après un naufrage. Le créateur cite l’expression japonaise aranami ni momareru, qui signifie « être ballotté par des vagues violentes ». Cette image résume son sentiment face aux bouleversements actuels.
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Dans la seconde partie de la collection, la tempête semble se calmer. Les gris sombres et les verts militaires laissent place à des tonalités lumineuses. Un pantalon métallique rappelle les écailles de poisson irisées. Un caban jaune vif de pêcheur et une combinaison de marin en nylon couleur ciel dégagé apportent une respiration bienvenue. Ces pièces traduisent l’espoir qui succède à la tourmente.

Horiuchi démontre une compréhension fine de l’héritage de la marque tout en affirmant sa propre vision. Sa retenue est un atout majeur. Au lieu de reproduire les excentricités parfois débordantes de son prédécesseur, il affine les codes de la maison avec justesse. Le résultat est à la fois assuré et rafraîchissant.
Le créateur trouve exactement le bon équilibre pour cette deuxième collection. Son parcours ne fait que commencer, mais il navigue déjà avec habileté dans les eaux agitées de la mode. Il reste à observer comment son voyage créatif évoluera dans les saisons à venir. Pour l’instant, Kolor semble entre de bonnes mains.





























