Kiko Kostadinov rejette les envolées lyriques. Le créateur d’origine bulgare, installé à Londres, présentait sa collection lors de la dernière Fashion Week parisienne et vous deviez oublier vos attentes habituelles. Pas de personnages fictifs, pas de récits tarabiscotés, pas de décorum inutile, contrairement à son printemps 2025 teinté de science et de santé. Le designer a vidé son vestiaire de tout ce qui l’encombre pour revenir à ce qu’il maîtrise le mieux : la construction pure et la matière brute.
| 📌 Key Facts |
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| 🧵 Designer : Kiko Kostadinov 🗓️ Saison : Automne–Hiver 2026 📍 Lieu : Fashion Week de Paris 🧱 Références : Dom Hans van der Laan, architecture monastique 🧠 Concept : Construction géométrique, refus de l’ornement 🧶 Matières : Laine Loro Piana, mohair vierge, cachemire, soie 👟 Collaboration : Crocs (chaussures multi-panneaux sans perforations) 🏛️ Scénographie : Sculptures d’Oscar Tuazon 🔍 Intention : Déplacer le regard du style vers la structure |

Une géométrie monastique au cœur de la collection automne 2026
Kostadinov cite volontiers Dom Hans van der Laan, cet architecte néerlandais devenu moine bénédictin, qui consacra son existence à établir des proportions idéales. Vous voyez le tableau : des rapports mathématiques appliqués avec une rigueur presque religieuse. Mais attention, il ne s’agit pas d’un retour aux fondamentaux. Kostadinov pousse son expertise technique jusqu’à déplacer les soufflets traditionnels sous les bras vers l’encolure ou à transplanter des éléments d’épaule au niveau du genou. Ces manipulations anatomiques transforment le vêtement sans jamais en trahir la présence.

Une précision technique poussée à l’extrême
Vous découvrez des manteaux et des pantalons dont les panneaux se replient comme des origamis. Des tuniques à smocks qui se déploient en plis fluides. Des vestes dont les cols s’enroulent sur eux-mêmes. Kostadinov pousse l’épure jusqu’à l’obsession : pas de traitement de surface, pas de fermeture éclair visible, pas même de surpiqûre apparente. Les boutons disparaissent derrière des pattes de boutonnage afin que rien ne vienne interrompre la ligne. Vous touchez là à une forme de radicalité vestimentaire.
Matières nobles et palette chromatique monacale
Le noir domine, ponctué de teintes minérales froides. Quelques mailles rayées apportent une respiration, puis une série de color-block en soie froissée clôt le défilé. Kostadinov travaille désormais avec de la laine Loro Piana, du mohair vierge, du cachemire et de la soie. Vous comprenez l’évolution : au début de sa marque, les ressources limitées imposaient une simplicité technique. Aujourd’hui, ces matières somptueuses lui permettent de laisser le tissu s’exprimer.
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Collaboration Crocs : Kiko Kostadinov réinvente le sabot
Il est impossible de passer sous silence la collaboration avec Crocs. Kostadinov transforme ces sabots iconiques en chaussures multi-panneaux. La silhouette reste massive, mais il n’y a plus aucun trou de ventilation. Le reste de la chaussure explore des lignes hybrides s’inspirant à la fois de la chaussure de randonnée et de la basket de performance. Tomohiro Kono signe les coiffures, avec des franges angulaires et des teintes qui prolongent le color-blocking des vêtements.

Un défilé minimaliste au service de la radicalité
Le défilé se déroule dans une ancienne salle universitaire baignée de lumière. Trois sculptures géométriques blanches d’Oscar Tuazon ponctuent l’espace : du carton, du ruban adhésif et de la peinture, des matériaux modestes métamorphosés en formes captivantes. Vous saisissez la cohérence du propos : transformer le simple en remarquable par la seule force de la construction.
Une maturité créative et un nouveau chapitre pour Kostadinov
Kostadinov vient d’ouvrir une boutique phare à Londres, avec un atelier à l’étage. Il navigue également dans sa nouvelle vie de père. Ces étapes de la vie expliquent peut-être la maturité qui imprègne ce tournant créatif. Pendant que Laura et Deanna Fanning supervisent la ligne féminine avec leur vision tactile et expressionniste, il assume une proposition exigeante qui refuse de faciliter la tâche à celui qui la regarde.
Certaines collections révèlent leur génie quand les gens saisissent enfin l’ingéniosité qui se cache derrière les idées. Celle-ci ne cherche pas à plaire immédiatement. Elle préfère défier plutôt qu’imposer une ambiance préfabriquée.



































