Les développeurs d’Anthropic codent désormais très peu. Mike Krieger, directeur produit du laboratoire californien, vient de révéler une réalité qui bouleverse les certitudes de l’industrie logicielle : l’IA Claude produit désormais 100 % du code de l’entreprise. Un chiffre qui valide la prédiction jugée extravagante de Dario Amodei il y a moins d’un an.
| 📌 Repères clés |
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| 🤖 100 % du code d’Anthropic est généré par l’IA Claude 📅 Mars 2025 : Dario Amodei prédit 90 % de code écrit par l’IA 🚀 Février 2026 : ce seuil est dépassé et atteint 100 % 👨💻 0 ligne de code humain écrite par certains ingénieurs depuis plusieurs mois 📈 +50 % de productivité mesurée en interne 🔁 Jusqu’à 30 heures d’autonomie par session d’IA 🌍 Microsoft, Salesforce : ~30 % seulement de code généré par l’IA |
Comment Anthropic est passé de 90 % à 100 % de code généré par l’IA
Mars 2025. Devant le Council on Foreign Relations, Dario Amodei, le PDG d’Anthropic, affirme que l’IA écrira 90 % du code sous six mois. Cette déclaration provoque des sourires en coin dans la Silicon Valley. Trop ambitieux, trop rapide, irréaliste. Février 2026. Mike Krieger confirme que ce seuil a non seulement été atteint, mais aussi dépassé : « Dario avait prédit il y a un an que 90 % du code serait écrit par l’IA, et les gens trouvaient cela fou. Aujourd’hui, c’est effectivement 100 % ».
Entre ces deux dates, une transformation radicale s’est opérée. Les chiffres internes racontent cette bascule. En janvier 2026, un porte-parole d’Anthropic évoque 70 à 90 % de code généré par l’IA. Trois semaines plus tard, Boris Cherny, architecte de Claude Code, annonce qu’il n’a personnellement pas écrit une seule ligne de code depuis deux mois. « J’ai envoyé 22 PR hier et 27 avant-hier, chacune écrite à 100 % par Claude », précise-t-il sur X.
Chez Anthropic, le rôle des développeurs est désormais celui de superviseurs d’IA
Le métier d’ingénieur logiciel chez Anthropic a changé du tout au tout. Finies les heures passées à déboguer des fonctions récalcitrantes devant un clavier. Les développeurs orchestrent désormais plusieurs instances de Claude Code fonctionnant en parallèle, chacune agissant comme un développeur autonome avec son propre contexte. Boris Cherny illustre cette nouvelle réalité : 259 demandes de fusion et 497 modifications en 30 jours, soit environ 40 000 lignes ajoutées et 38 000 supprimées, toutes générées par Opus 4.5.
Cette mutation s’accompagne d’une explosion des capacités. Il y a six mois, Claude Code n’accomplissait que 10 actions avant de solliciter l’intervention humaine. Fin 2025, ce nombre grimpera à 20 actions consécutives. Les sessions peuvent durer jusqu’à 30 heures. « Je n’ai jamais pris autant de plaisir dans mon travail », confie Cherny à Fortune. « Essentiellement, Claude s’occupe de tout le travail fastidieux, et je peux être créatif. »
Les chiffres de productivité corroborent ce discours. Une étude interne publiée en novembre 2025 révèle que les employés d’Anthropic utilisent Claude dans 59 % de leurs tâches quotidiennes, ce qui se traduit par un gain de productivité de 50 %. Les pull requests de 2 000 à 3 000 lignes deviennent la norme.
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Pourquoi le code généré par l’IA inquiète l’industrie technologique mondiale
Cette accélération crée un fossé dans l’écosystème technologique. Anthropic affiche 100 %, mais ailleurs, les pourcentages restent modestes. En avril 2025, Satya Nadella évoquait 30 % chez Microsoft, un taux similaire à celui de Salesforce. Cette différence soulève la question : Anthropic est-il une avant-garde ou une exception ?
Les sceptiques nuancent ces proclamations. Sur Reddit, plusieurs commentateurs rappellent que si l’IA génère le code, les humains restent indispensables en tant que « concepteurs, créateurs de prompts et réviseurs nécessaires ». D’autres suggèrent que ces pourcentages concernent principalement les outils internes plutôt que le cœur du modèle de langage.
Les marchés financiers, eux, ont déjà tranché. Les actions d’Infosys, de TCS et de HCLTech ont chuté à la suite de ces annonces. Les investisseurs anticipent un effondrement du modèle pyramidal qui a fait la fortune de ces géants indiens : le recrutement massif de développeurs juniors pour effectuer des tâches répétitives. TCS forme actuellement 25 000 ingénieurs aux outils Azure OpenAI de Microsoft et Infosys déploie plus de 100 agents d’IA générative pour automatiser les flux de travail. Le message est clair : se réinventer ou disparaître.
Claude 4.5 : la nouvelle génération d’IA qui accélère la fin du code humain
Mike Krieger résume cette temporalité déformée : « Chaque mois dans l’IA ressemble à une année — les années de chien sont à peu près correctes ». Claude 4.5 symbolise cette progression fulgurante : il est cinq fois moins cher et plus rapide qu’Opus 4, plus précis, et ses chaînes de raisonnement sont plus étendues – la version Claude 4.6 est réservée aux abonnements payants. Les capacités « agentiques » dépassent désormais le codage pour accomplir des tâches autonomes complexes.
La prédiction de Dario Amodei, jugée délirante en mars 2025, s’est concrétisée avec plusieurs mois d’avance. Ce qui se produit actuellement dans le développement logiciel pourrait annoncer des transformations similaires dans d’autres domaines du travail intellectuel. La question n’est plus de savoir si l’IA remplacera certaines tâches, mais à quelle vitesse cette substitution s’opérera.
Anthropic fonctionne désormais comme un laboratoire grandeur nature de cette transition. Ses ingénieurs ne codent plus ; ils supervisent, orientent et valident. Un aperçu peut-être de ce que sera le travail technologique de demain.



