« The Beast in Me » sur Netflix : un thriller intense porté par Claire Danes et Matthew Rhys

Un duel psychologique troublant où la vérité devient une arme et la culpabilité, un piège. Attention : Spoiler

Par
Olivier Delavande
Fils d’un père français et d’une mère vietnamienne, Olivier Delavande a baigné dans une double culture qui a façonné sa curiosité et son ouverture d’esprit dès...
10 Minutes de lecture
© Photo : Netflix

Netflix réunit Claire Danes et Matthew Rhys dans The Beast in Me, un thriller psychologique électrique où la culpabilité, le deuil et la manipulation s’entremêlent. Portée par deux performances d’une intensité rare, cette mini-série explore les zones les plus sombres de la moralité humaine. Voici ce qu’elle vaut vraiment.

L’histoire suit Aggie Wiggs, une écrivaine lauréate du prix Pulitzer, paralysée depuis quatre ans par la mort de son fils, Cooper, dans un accident de voiture. Elle vit recluse dans sa grande maison délabrée de Long Island, incapable d’écrire le moindre mot. Son ex-femme, Shelley, est partie et Aggie se retrouve seule avec sa rage et son sentiment de culpabilité.

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Tout bascule lorsque Nile Jarvis emménage dans la propriété voisine. Ce promoteur immobilier fortuné traîne derrière lui une réputation sulfureuse. Il est soupçonné d’avoir assassiné sa première épouse, Madison, dont le corps n’a jamais été retrouvé.

« The Beast in Me » sur Netflix : un thriller intense porté par Claire Danes et Matthew Rhys
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Claire Danes, au cœur d’un rôle déchirant

Vous découvrirez une actrice au sommet de son art. Elle incarne Aggie avec une intensité fébrile qui saisit le spectateur dès les premières minutes. Son personnage est tendu comme un fil, prêt à craquer, et hanté par des questions sans réponse.

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La comédienne excelle dans les rôles de femmes au bord de l’implosion. Après Carrie Mathison dans Homeland, elle retrouve ce registre émotionnel extrême. Mais Aggie possède une profondeur singulière. Cette femme refuse d’admettre sa responsabilité dans l’accident qui a coûté la vie à son fils. Elle préfère accuser Teddy Fenig, un adolescent du quartier, sans preuve concrète.

Danes vous fait ressentir cette fuite désespérée devant la vérité. Vous comprenez qu’Aggie a besoin de savoir si Nile a tué sa femme pour affronter sa propre culpabilité. Cette quête devient obsessionnelle et dévorante.

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« The Beast in Me » sur Netflix : un thriller intense porté par Claire Danes et Matthew Rhys
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Matthew Rhys, un antagoniste aussi charmant qu’inquiétant

Face à Danes, il livre une prestation troublante. Son Nile Jarvis n’est pas un psychopathe classique. On devine chez lui une faille, une blessure originelle causée par son père, Martin, un magnat de l’immobilier impitoyable.

Le personnage se voit toujours comme une victime, même lorsqu’il commet l’irréparable. Cette distorsion de la réalité fait froid dans le dos. Rhys parvient à rendre Nile à la fois charmant et menaçant, brillant et dangereusement instable.

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Pourtant, le scénario ne creuse pas suffisamment cette psyché torturée. On reste sur sa faim en comparaison avec la complexité d’Aggie. Nile agit davantage comme un catalyseur pour le développement de l’écrivain que comme un personnage autonome pleinement développé.

Un face-à-face psychologique sous tension constante

La série vous entraîne dans une partie d’échecs perverse. Aggie propose à Nile d’écrire sa biographie, prétendant ainsi lui donner une chance de s’expliquer. En réalité, elle cherche à prouver sa culpabilité. Nile accepte, persuadé de pouvoir la manipuler.

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Vous assistez à des joutes verbales fascinantes. Les deux protagonistes partagent une intelligence acérée, un humour noir et une solitude profonde causée par leurs traumatismes respectifs. Ils se reconnaissent mutuellement et se comprennent d’une manière malsaine.

Cette dynamique atteint son paroxysme lors d’une soirée où Aggie et Nile boivent ensemble chez elle. Vous les voyez baisser leur garde et créer une connexion troublante. Quelques heures plus tard, Nile franchit la ligne rouge en laissant le cadavre de Teddy dans la chambre du fils défunt d’Aggie. Cette trahison glaciale survient dans l’espace même où elle s’est montrée la plus vulnérable.

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Une enquête sombre, rythmée par des révélations choc

La construction narrative vous tient en haleine. Vous suivez l’enquête clandestine menée par Aggie et Brian Abbott, un agent du FBI qui a déjà tenté, sans succès, de coincer Nile pour crimes financiers.

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Les révélations s’enchaînent avec une précision chirurgicale. Vous découvrez que Madison, la première épouse disparue, dénonçait les activités illégales de la famille Jarvis. Vous comprenez que Nina, la nouvelle épouse de Nile, était l’assistante de Madison et a dénoncé sa trahison.

Le septième épisode vous plonge dans un flashback glaçant. Vous assistez au meurtre de Madison, perpétré à Noël 2019. Nile la frappe sauvagement, lui détruisant le visage. Rhys s’est documenté sur les meurtres impulsifs pour préparer cette scène. Il explique que ces tueurs se perçoivent comme des victimes, ce qui nourrit sa performance.

« The Beast in Me » sur Netflix : un thriller intense porté par Claire Danes et Matthew Rhys
© Photo : Netflix

Des thèmes puissants parfois éclipsés par l’action

The Beast in Me vous interroge sur la justice, la vengeance, la vérité et l’aveuglement volontaire. La série refuse les réponses faciles. Elle montre que la rétribution a toujours un coût et que le karma n’est jamais pur ni linéaire.

Aggie finit par écrire un livre sur Nile. Lors d’une lecture publique, elle avoue sa complicité dans ce cycle de violence. Elle reconnaît avoir nourri une soif de vengeance qui a conduit à la mort de Teddy.

Malheureusement, cette réflexion philosophique se perd parfois dans les rebondissements. La série bascule alors vers un suspense violent qui affaiblit la profondeur psychologique. On ressent une certaine indécision dans la direction artistique, tiraillée entre thriller intellectuel et action brutale.

Un final dérangeant qui bouscule le spectateur

Le dénouement réserve toutefois un dernier coup de théâtre. Nina enregistre les aveux de Nile et le fait arrêter. Puis, Rick, l’oncle de Nile et fidèle au patriarche Martin, paie un prisonnier pour le poignarder. Vous le voyez mourir, se sentant une fois de plus injustement traité.

Rhys savoure cette mort violente à l’écran. Il confie avoir pensé aux grandes scènes de mort du cinéma et avoir espéré faire aussi bien que dans Terminator 2. Cette franchise désarmante vous rappelle qu’un acteur est aussi un spectateur.

Aggie, elle, semble libérée. Vous la voyez plus intégrée, capable d’écrire à nouveau. Danes refuse de spéculer sur son avenir personnel, laissant ainsi la porte ouverte à une éventuelle deuxième saison.

Une mini-série imparfaite, mais impossible à décrocher

The Beast in Me souffre de comparaisons inévitables avec The Jinx, le documentaire sur Robert Durst qui a inspiré la série. Le tueur fictif ne possède pas l’étrangeté fascinante du criminel réel. On ne retrouve pas cette imprévisibilité qui rendait Durst si captivant.

La série fonctionne néanmoins grâce à ses deux acteurs principaux. Danes offre une performance méticuleuse, faite de micro-expressions et de postures qui sonnent juste. Vous croyez à son personnage, même quand ses choix deviennent discutables.

La réalisation d’Antonio Campos apporte une élégance visuelle bienvenue. La maison d’Aggie, avec ses bibliothèques surchargées et ses papiers peints à motifs, devient un cocon oppressant. Vous ressentez physiquement l’enfermement du personnage.

Verdict final

Vous avez devant vous un thriller psychologique qui ne manque ni d’ambition ni de talent. The Beast in Me vous propose huit épisodes captivants, portés par deux monstres du jeu d’acteur. La série aurait toutefois gagné à approfondir son antagoniste et à mieux équilibrer réflexion philosophique et action. Mais elle offre suffisamment de matière pour justifier un visionnage complet. Vous ne regretterez pas ce voyage dans les zones grises de la moralité humaine.

Questions fréquentes

The Beast in Me est-elle inspirée d’une histoire vraie ?

La série s’inspire librement du cas Robert Durst et du documentaire The Jinx, sans en être une adaptation directe.

Une saison 2 de The Beast in Me est-elle prévue ?

Netflix n’a rien confirmé pour l’instant. La fin ouverte laisse toutefois la possibilité d’une suite.

Combien d’épisodes compte la série ?

La mini-série comporte huit épisodes.

Pourquoi la performance de Claire Danes est-elle autant saluée ?

Son interprétation mêle fragilité, rage et obsession, avec un réalisme émotionnel rare.

Le final de The Beast in Me a-t-il divisé ?

Oui, le dénouement brutal et ambigu suscite de nombreux débats parmi les spectateurs.

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