Pour la collection automne 2026 de dunhill, le directeur créatif Simon Holloway a choisi un mentor aussi fascinant qu’insoumis : Lord Snowdon, de son vrai nom, Antony Armstrong-Jones. Photographe brillant, aristocrate désinvolte, mari de la princesse Margaret, cet homme incarnait tout ce que la Maison britannique défend depuis ses origines. Snowdon roulait en moto, portait des vestes de chasse en daim, conduisait des voitures de sport avec une élégance décontractée, puis enfilait un smoking coupé sur mesure, sans la moindre hésitation. Voilà précisément le genre d’homme que Holloway veut habiller, aujourd’hui.
| 📌 Repères clés |
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| 🎩 Directeur créatif : Simon Holloway 🕶️ Inspiration : Lord Snowdon, aristocrate rebelle des années 1960 🎨 Palette : gris nuancés, bleu nuit, brun profond, bordeaux discret 🧵 Signature : textures sophistiquées et tailoring britannique assoupli 🧥 Pièces clés : blazer polyvalent, Car Coat, veste de chasse en daim 🌍 Lieu de présentation : Villa Mozart, Milan 📸 Univers visuel : photographie noir et blanc, esprit David Bailey |

La présentation s’est tenue dans les salons lumineux de la Villa Mozart, à Milan, siège historique de dunhill. Fini les grandes installations spectaculaires, qui laissent peu de place à l’observation. Holloway a opté pour l’intimité, permettant aux visiteurs d’apprécier la finesse sartoriale de près. Un catalogue en édition limitée accompagnait la collection, photographié en noir et blanc par Ethan James Green. Le mannequin et artiste, Henry Kutcher, y pose avec une intensité sobre, qui rappelle les portraits de David Bailey dans les années 1960. Cette filiation visuelle n’a rien d’accidentel.
Lord Snowdon, muse inattendue de la collection dunhill automne 2026
Snowdon représentait la collision parfaite entre héritage aristocratique et esprit créatif – une tension que Holloway pousse encore plus loin dans sa vision printemps 2026. Holloway l’a compris immédiatement. Cet homme ne se contentait pas d’observer les bouleversements culturels des années 1960, il les portait avec une précision insouciante. Son style oscillait entre formalité excessive et décontraction rugueuse, sans jamais s’excuser de cette contradiction. Snowdon adorait les motos, les belles mécaniques, et pouvait surgir, vêtu de cuir et de daim, avant de pivoter vers un costume trois-pièces impeccablement coupé. Aristocrate, mais agité ; irréprochable, mais vaguement dangereux. Holloway l’affirme sans détour : Snowdon était l’homme dunhill par excellence.

La collection déploie une gamme chromatique subtile, qui progresse du gris nuancé vers des teintes nocturnes, plus sombres. Gris ciment, gris anthracite, gris perle : Holloway a exploré toutes les variations que le ciel londonien peut offrir. Puis viennent le vert-de-gris, le bleu minuit, le brun profond, avec quelques éclats de bordeaux ou de bleu Windsor pour réveiller l’ensemble. Sous l’éclairage généreux des salons milanais, ces nuances révèlent leur véritable richesse. Un homme n’a pas besoin de couleurs vives pour affirmer son style, juste de leur suggestion.
Gris londonien et aristocratie indocile : la nouvelle vision de dunhill
Holloway possède ce talent rare de manier les tissus comme un linguiste manie les mots, déjà à l’œuvre dans sa collection automne 2025. Peau de requin, œil-de-perdrix, tête d’épingle : il les associe avec des motifs Prince de Galles et Pied-de-Poule, sans jamais tomber dans la surcharge. La texture règne, y compris sur les pantalons. Velours côtelé, flanelle, twill de cavalerie fluide, daim ou cuir : l’Homme dunhill peut choisir selon son humeur. Le blazer, pièce centrale de cette collection, se révèle particulièrement versatile. Holloway le compare au couteau suisse de la garde-robe tailleur. Toujours élégant, toujours raffiné, mais adaptable à toutes les situations.
La Maison dunhill est née des routes, de l’automobile, de cette liberté de mouvement qui caractérisait le début du XXe siècle – un héritage que la marque réactive aussi dans la campagne « Chapter One – Town ». Elle s’est ensuite transformée en fournisseur de garde-robe complète, avant de s’établir comme tailleur sur mesure réputé, particulièrement pour les tenues de soirée. Les archives conservent encore le smoking que Truman Capote portait lors de son légendaire Black and White Ball, une pièce dunhill sur mesure, qui demeure une des plus célèbres créations de l’histoire du formalwear masculin.
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L’homme dunhill, entre héritage et liberté
Holloway, reprend les codes historiques de la maison, avec une liberté assumée. Le Car Coat, manteau signature de dunhill, réapparaît dans différentes longueurs et textures. La veste de chasse en daim, celle qu’Armstrong-Jones portait sur sa moto, comme le montre une photographie d’époque, trouve une nouvelle incarnation. Holloway a recréé cette pièce en y insufflant l’esprit d’aujourd’hui. Les silhouettes restent élancées, légèrement assouplies, pour retirer la rigidité du tailoring britannique traditionnel, sans en compromettre l’autorité. La construction gagne en douceur, le raffinement ne bascule jamais dans la sévérité.
Le jour, la collection privilégie l’élégance décontractée. Le tailleur reste réfléchi, les manteaux se veulent détendus, mais luxueux. Le soir, l’ambiance change, pour atteindre un registre plus sophistiqué. Les vestes Bourdon, à col montant, réalisées en jacquard de soie sombre, avec des motifs inspirés du mouvement Arts and Crafts, tissés dans un atelier spécialisé du Suffolk, marquent l’apogée de ce raffinement nocturne.

Holloway croit fermement que les hommes aiment s’habiller pour les grandes occasions. Célébrité ou non, chacun connaît son moment de tapis rouge : mariage, fête, événement important. Cet instinct guide l’approche de dunhill. La modernité réside dans cet héritage vivant, qui permet de proposer une garde-robe masculine complète. L’affection pour le tailoring, qu’il soit formel ou décontracté, perdure. Les pièces casual, luxueuses, comme les vestes de conduite en cuir, sont devenues des incontournables de la maison.
Holloway refuse la nostalgie facile. Il puise dans l’histoire de dunhill pour construire le présent. Snowdon n’était pas un homme figé dans son époque, il la traversait en la bousculant. Voilà exactement ce que cette collection propose : une manière d’habiter son temps, sans renier d’où l’on vient. Le gris londonien peut sembler austère, vu de loin. De près, il révèle mille facettes, autant de possibilités pour l’homme qui sait regarder.



















