Oubliez le « quiet luxury » qui a envahi les garde-robes depuis deux saisons. Pharrell Williams vient de donner une nouvelle définition du luxe pour Louis Vuitton avec une collection automne 2026 qui privilégie la longévité à la discrétion. Le directeur artistique de la maison parisienne propose une vision dans laquelle le classicisme rencontre la performance technique. Les costumes en pied-de-poule deviennent réfléchissants. Les parkas en soie dissimulent des membranes imperméables. Pensez-vous reconnaître une veste Harrington froissée ? (une autre lecture de la veste Harrington apparaît aussi dans la collection printemps 2026, avec une approche plus chromatique et fluide). Elle contient en réalité des fils d’aluminium tissés dans sa structure.
| 📌 Repères clés |
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| 🎨 Directeur artistique : Pharrell Williams 👔 Maison : Louis Vuitton 🧵 Positionnement : luxe masculin fonctionnel et durable 🧪 Innovations : textiles réfléchissants, membranes imperméables, fils d’aluminium 👜 Monogramme : 130 ans, décliné sur soie et nylon recyclé 🕰️ Inspiration : années 80, Savile Row, Ralph Lauren 🌍 Vision du luxe : longévité + usage, au-delà de l’esthétique |

Années 80, tailoring et sportswear : les nouveaux codes du luxe masculin
Cette collection automne 2026 de Louis Vuitton s’inspire des codes vestimentaires de la décennie Reagan. Williams réhabilite les costumes structurés et les manteaux tailleur, qu’il marie à des pièces sportswear colorées – dans la continuité de son « pré-dandysme » urbain. Mais le musicien refuse la simple rétrospective. Son approche transforme ces silhouettes familières en vêtements qui ont du caractère. Un pantalon de costume classique ? Il se porte rentré dans les chaussettes pour indiquer qu’il s’agit d’un vêtement de cycliste urbain. Cette collection répond à une question simple : pourquoi le luxe devrait-il simplement durer et bien paraître, sans offrir de fonctionnalité supplémentaire ?
Les textiles nobles de Savile Row inspirent Williams depuis longtemps. Il admire leur durabilité et leur allure raffinée. Pourtant, il refuse de s’en tenir là. Le créateur intègre les technologies qu’il utilise chez Adidas à l’univers Vuitton. Les tissus acquièrent ainsi des propriétés actives. Ils protègent de la pluie. Ils brillent dans l’obscurité. Ils régulent également la température corporelle. Cette démarche marque un tournant pour une maison fondée en 1854 sur la notion d’excellence artisanale.

Le monogramme Louis Vuitton fête 130 ans et change de matière
Pour marquer le coup, Louis Vuitton a lancé une campagne extérieure spectaculaire célébrant le 130e anniversaire de son motif Monogram. Ce symbole est l’une des propriétés intellectuelles les plus précieuses de l’industrie du luxe. Williams adore ce monogramme qu’il a découvert à travers les rappeurs et les créations de Dapper Dan, le tailleur de Harlem. La collection automne 2026 le décline sur des casquettes, des sacs à dos et des coupe-vent brillants. L’innovation réside dans les nouveaux supports : la toile enduite traditionnelle est remplacée par de la soie et du nylon recyclé – une logique qu’on retrouve également dans une déclinaison « outdoor » du monogramme.
Le créateur porte lui-même une version Millionaire de la ceinture-banane Monogram. Cette pièce arbore une quincaillerie entièrement dorée et un cadenas pavé de diamants. Williams précise que tout sera disponible à la commande. Son attachement assumé au bling-bling contraste avec la tendance minimaliste. Il revendique son parcours et son origine. Le luxe ostentatoire l’intéresse autant que le luxe discret de l’ancienne bourgeoisie. Sa vision du luxe est intemporelle et englobe ces deux esthétiques sans les opposer.
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Innovations textiles : la technologie au cœur du défilé
Le format du défilé, présenté dans le Drophaus, n’a pas permis de mettre en valeur les innovations techniques des vêtements. Les mannequins ont déambulé autour de cette maison préfabriquée aux parois vitrées, conçue en collaboration avec le cabinet d’architecture Not a Hotel. L’intérieur baignait dans une lumière ultraviolette au début du spectacle. Cette lumière révélait le monogramme réfléchissant d’une malle. Les costumes en jacquard pied-de-poule tissés de fibres réfléchissantes auraient mérité le même traitement scénographique. Sans éclairage approprié, leur fonction reste invisible.
Williams compense cette limitation par des effets visuels évocateurs. Des cristaux argentés saupoudrent les épaules d’une chemise bleu glacier. Ils imitent des gouttes de pluie. Un élégant manteau en tweed gris est orné de strass évoquant l’eau. Le musicien et producteur de Cash in Cash Out ne renie pas son amour pour les ornements précieux. Son collier en diamants et sa bague portés en coulisses en témoignent.

Quand savoir-faire artisanal et performance technique fusionnent
Les casquettes en coton lavé aux logos LV surélevés peuvent être écrasées puis retrouver leur forme initiale. Un modèle en daim avec un logo poinçonné à l’aiguille résiste totalement à l’eau. Les mocassins à bout fendu évoquent les modèles Paraboot et Russell Moccasin. Leur construction Soft Goodyear permet à leurs semelles en cuir renforcées de gel de se plier comme les baskets les plus légères. Cette collection démontre que le pragmatisme technique peut s’appliquer aux codes classiques de la mode masculine.
La décadence matérielle manifeste également le luxe de cette proposition. Un bomber en vison est associé à un manteau en jacquard laine-alpaga-nylon brodé de cristaux en forme de gouttes d’eau. Une veste et un manteau présentent une impression photographique de paysage vu à travers une fenêtre brouillée par la pluie. Williams explique que cette perspective personnelle provient de son enfance à Virginia Beach. Les accessoires incluent des colliers-chaînes de vélo et des porte-clés. La joaillerie sculptée prend la forme de baladeurs et de cassettes audio.

De Ralph Lauren à Savile Row : les influences de Pharrell Williams
Le style preppy de Ralph Lauren connaît un regain de popularité auprès de la génération Z. Williams cite le créateur américain parmi ses sources d’inspiration majeures. Ce dernier s’inspire lui-même de Savile Row et de Bond Street. Ces institutions britanniques proposent des textiles nobles d’une durabilité remarquable. Williams se demande ce que ces vêtements accomplissent au-delà de leur longévité et de leur esthétique. Sa réponse transforme le luxe en quelque chose de fonctionnel.
Selon lui, le luxe signifie pouvoir accéder à de bons matériaux, à un artisanat extraordinaire et à un sentiment de commodité. Cette définition précise s’oppose à l’utilisation abusive du terme « luxe » qui recouvre tout aujourd’hui, des vêtements de haute couture aux croquettes pour chats. Une industrie entière dépend du mot « luxe ». La rigueur devrait primer sur la perception. Avec cette collection automne 2026, Louis Vuitton propose une définition spécifique du vestiaire masculin. Le résultat associe de beaux vêtements à une fonction utilitaire.














































































