Pharrell Williams poursuit sa réécriture du vestiaire masculin chez Louis Vuitton avec une collection Pré-Automne 2026 pensée comme une promenade dans un Central Park réinventé. Entre tailoring relâché, workwear premium et accessoires ludiques, le directeur artistique impose une élégance urbaine nouvelle, où la créativité dialogue avec l’héritage de la maison.

La proposition est claire. Williams invente ce qu’il nomme le « pré-dandyisme », une élégance relâchée qui refuse la rigidité. Les tailleurs classiques adoptent des lignes nonchalantes, presque abandonnées. Le vêtement de travail est reconstruit à partir de matières nobles traditionnellement réservées au costume trois-pièces. Cette approche décalée transforme les codes vestimentaires sans les détruire.
Le denim est éclaboussé de peinture, en clin d’œil aux artistes qui hantent la ville. Les pantalons de charpentier affichent une double épaisseur de construction, une technique également utilisée pour les blousons de camionneur. La maison française s’approprie ainsi l’uniforme ouvrier américain en le détournant.
Les pièces d’extérieur dominent cette collection. Un blouson à capuche technique arbore un motif Prince-de-Galles revisité en monogramme. Les ensembles Monogram Surplus se déclinent dans une teinte beige désert inédite, en fil coupé sur coton ripstop. L’été est également à l’honneur avec des costumes en lin décontractés, des shorts de boxeur et des vêtements d’intérieur en jacquard de soie rayé.

La maille connaît un développement remarquable. Des chemises au crochet évoquent le damier emblématique de la marque. Une veste tricotée aux lignes inspirées de Gabicci se pare de bordures crème. Le motif damier refait surface sur le rotin, un matériau utilisé pour certains sacs et une veste structurée. Les rayures de chemise Jermyn Street ornent des shorts de pyjama allongés et des vêtements de tailleur.
Les accessoires accompagnent cette promenade urbaine avec une dimension narrative assumée. Le Keepall se dote de housses amovibles pour raquettes de tennis. Un sac bandoulière prend la forme d’une raquette de ping-pong. Des sacs reproduisent des briques de lait en toile Monogram classique, tandis qu’un autre modèle évoque une boîte de matcha.
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La maroquinerie affiche des innovations techniques. On y trouve des toiles classiques à pois, du cuir perforé pour les Keepalls, mais surtout l’apparition d’un patch LV « flottant » peint à la main aux bords bruts, qui orne vêtements et accessoires. L’empreinte de Williams s’affirme sans écraser l’héritage de la maison française.

La sneaker LV Tilted se présente sous la forme d’un patchwork de denim, une proposition graphique et volumineuse. À l’opposé, les LV Soft adoptent une silhouette épurée et souple. Ces deux extrêmes illustrent la dualité recherchée par le directeur artistique américain. Le vestiaire oscille entre sophistication discrète et fantaisie décomplexée.
Williams évite le piège du folklore new-yorkais facile. Son Central Park mental lui sert de prétexte pour explorer les codes de la masculinité contemporaine. Le luxe s’intègre à la construction plutôt que de s’afficher en surface. Cette approche dépouillée contraste avec les collections précédentes, plus ornementées.
Le créateur poursuit l’exploration de son autobiographie vestimentaire. On y trouve notamment une veste de tweed aux boutons nacrés dans des tons de muesli et un pantalon ample en ocre foncé. Ces pièces racontent une histoire personnelle tout en restant accessibles. La maison française accepte cette digression sans perdre son identité.














































