Philippe Diallo ne mâche plus ses mots. Le président de la Fédération française de football a rejoint ses homologues européens à Bruxelles cette semaine avec une préoccupation majeure : le montant du Prize Money annoncé pour la Coupe du monde 2026 ne couvrirait pas les dépenses prévues. Pire encore, certaines nations craignent de finir dans le rouge si elles sont éliminées prématurément sur le sol américain.
La tension monte à quatre mois du coup d’envoi, prévu du 11 juin au 19 juillet 2026, aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Les dirigeants des grandes fédérations européennes se sont retrouvés lors du congrès de l’UEFA et le sujet financier a rapidement dominé les discussions. L’inquiétude grandit face aux chiffres annoncés par la FIFA, qui prévoit une dotation totale de 727 millions de dollars pour les 48 participants.
| 📌 Repères clés |
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| 💰 Dotation totale prévue : 727 millions de dollars 🌍 48 nations participantes (contre 32 en 2022) 🏆 Prime du vainqueur : 50 millions de dollars 📉 Minimum garanti par équipe : 10,5 millions 💵 Recettes estimées par la FIFA : 10 milliards de dollars 📊 Part redistribuée aux équipes : 7,27 % ✈️ Coûts logistiques en forte hausse en Amérique du Nord 📈 Revalorisation demandée : +30 % minimum |
Pourquoi les 727 millions de dollars ne suffisent pas
Les fédérations ont sorti leurs calculatrices et le résultat ne les rassure pas. Certes, la FIFA affiche une augmentation de 50 % par rapport à la Coupe du monde au Qatar en 2022. Mais cette hausse est aussitôt diluée : 48 nations se partageront désormais l’enveloppe, contre seulement 32 lors du dernier Mondial. Le vainqueur empochera 50 millions de dollars, tandis que le minimum garanti par équipe s’élève à 10,5 millions.
Ces montants peuvent sembler généreux sur le papier. Sauf que les coûts explosent de l’autre côté de l’Atlantique. Les fédérations européennes ont commencé à chiffrer leurs dépenses : transports intercontinentaux pour les délégations, location de camps de base pendant près de six semaines, factures hôtelières qui flambent dans les grandes métropoles américaines. Le taux de change euro-dollar actuel ne leur rend pas service non plus, alourdissant encore la note finale.
Philippe Diallo et ses pairs ne cachent plus leur mécontentement. Selon nos sources, les dirigeants allemands, anglais, néerlandais et français préparent une demande officielle à la FIFA pour revoir ces montants à la hausse. Leur argument principal est le suivant : une élimination en huitièmes de finale rapporterait 15 millions de dollars, une somme qui ne permettrait même pas de couvrir les frais engagés pour trois semaines de compétition en Amérique du Nord.
Coupe du monde des clubs : des primes deux fois supérieures au Mondial
Un autre point agace profondément les fédérations : la Coupe du monde des clubs. Cette nouvelle compétition, lancée en juillet 2025 aux États-Unis, a vu Chelsea décrocher le titre et empocher 114,6 millions de dollars. Soit 2,3 fois plus que ce que touchera le champion du monde en juillet prochain.
Cette différence fait grincer des dents. Comment justifier qu’un tournoi de clubs, certes spectaculaire, mais bien moins prestigieux qu’une Coupe du monde, offre de telles récompenses ? Les fédérations européennes y voient une incohérence majeure dans la stratégie financière de la FIFA. D’autant que la compétition entre nations existe depuis près d’un siècle et demeure l’événement sportif le plus suivi au monde.
Les chiffres publiés alimentent la colère. La FIFA prévoit en effet des recettes globales de 10 milliards de dollars pour la Coupe du monde 2026. Face à ce montant colossal, les 727 millions de dollars destinés aux participants ne représentent que 7,27 % du total. Les fédérations considèrent ce pourcentage comme dérisoire, d’autant que les contraintes logistiques imposées par l’organisation sur trois pays différents sont importantes.
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Transports, hôtels, camps de base : les coûts réels du Mondial 2026
Les dirigeants ont commencé à détailler leurs craintes. Une nation éliminée dès les seizièmes de finale touchera 11 millions de dollars. Mais entre les vols long-courriers pour les joueurs, le personnel technique, le personnel médical et les délégations officielles, le coût des billets d’avion s’élève déjà à plusieurs centaines de milliers de dollars.
Il faut également ajouter à cela la location d’un camp de base pendant au moins trois semaines, avec terrains d’entraînement, salles de musculation, espaces de repos et de soins. Les tarifs pratiqués aux États-Unis pour ce type d’installations sont exorbitants. Les fédérations doivent également prévoir l’hébergement en hôtel pour les matchs officiels, les repas et les transports internes entre les villes hôtes, parfois séparées par des milliers de kilomètres.
La France, qualifiée pour le tournoi, a déjà anticipé des dépenses qui dépasseront largement les 10 millions d’euros. Philippe Diallo a partagé ces projections avec ses homologues lors du congrès de Bruxelles. Tous sont parvenus à la même conclusion : sans une augmentation significative de la dotation, participer à cette Coupe du monde pourrait s’avérer financièrement risqué pour les équipes qui ne franchiraient pas les premiers tours.
La fronde européenne contre la FIFA
Les principales fédérations du Vieux Continent ont décidé de s’organiser. Elles comptent présenter une demande commune à la FIFA dans les prochaines semaines. Leur objectif est d’obtenir une revalorisation substantielle des dotations, en particulier pour les premiers tours de la compétition.
L’Allemagne, l’Angleterre, les Pays-Bas et la France mènent la charge. Ces nations ont un poids certain dans le football mondial et espèrent que leur influence politique incitera Gianni Infantino à revoir sa copie. Les sommes actuellement prévues pour les quarts de finalistes s’élèvent à 19 millions de dollars, à 30 millions pour les demi-finalistes et à 33 millions pour le finaliste malheureux.
Les fédérations estiment que ces montants doivent augmenter d’au moins 30 % pour refléter la réalité économique du tournoi. Elles rappellent que la FIFA réalise d’importants bénéfices grâce aux droits de retransmission, aux sponsors et à la billetterie. Redistribuer une part plus importante aux acteurs directs de la compétition leur semble légitime.
L’échéance approche. Le coup d’envoi sera donné le 11 juin et les premières délégations doivent s’envoler dès la fin du mois de mai pour installer leurs quartiers. Les négociations avec la FIFA devront donc aboutir rapidement. Sinon, certaines fédérations pourraient être contraintes de puiser dans leurs réserves pour financer l’aventure américaine, un scénario que personne ne souhaite voir se produire.



