L’adaptation cinéma de La Femme de ménage, le thriller phénomène de Freida McFadden, ne se contente pas de transposer le roman à l’écran. Tortures accentuées, mort réécrite, personnage secondaire effacé… Le film opère plusieurs choix narratifs forts qui modifient en profondeur certaines scènes clés. Voici les cinq changements majeurs qui distinguent le film du livre.
Le film suit Millie, incarnée par Sydney Sweeney, une jeune femme au passé trouble, désespérée de trouver un emploi. Elle accepte un poste de femme de ménage chez les Winchester, un couple aisé composé de Nina (Amanda Seyfried) et d’Andrew (Brandon Sklenar). Elle découvre rapidement que leur vie apparemment parfaite cache des secrets bien plus sombres.
Un double point de vue toujours central, mais moins progressif
Le roman adopte deux points de vue distincts : d’abord celui de Millie, puis celui de Nina. Du point de vue de Millie, Nina apparaît comme une épouse instable et une mère tyrannique, tandis qu’Andrew semble être un mari dévoué qui fait tout pour la rendre heureuse. La communauté locale raconte que Nina a tenté de se suicider après avoir laissé sa fille se noyer dans la baignoire. Andrew aurait appelé la police juste à temps et Nina aurait été hospitalisée. Il serait resté à ses côtés.
La seconde partie du livre et du film révèle la vérité depuis le point de vue de Nina. Peu après leur mariage, Andrew a commencé à la maltraiter, l’enfermant dans le grenier sans nourriture et la torturant systématiquement. Un jour, il l’a droguée. À son réveil dans la salle de bains, elle a découvert leur fille dans la baignoire, puis la police l’a emmenée. Depuis, il n’a cessé de la punir, la menaçant de la faire interner si elle ne se soumettait pas. Elle a engagé Millie pour pouvoir s’échapper, car elle savait qu’Andrew la tromperait, mais aussi en raison du passé de Millie. Cette dernière avait passé dix ans en prison pour avoir tué un homme qui avait agressé une amie. Elle pouvait donc l’abattre.
Des scènes de torture nettement plus graphiques à l’écran
L’adaptation cinématographique modifie plusieurs scènes clés. Dans le livre comme dans le film, Millie comprend ce qui s’est passé quand Andrew l’enferme à son tour dans le grenier. Mais dans le roman, il l’oblige à tenir trois gros livres en équilibre sur son ventre pendant des heures. Il a installé une caméra pour la surveiller et, quand elle échoue la première fois, il la force à recommencer.
Dans le film, la scène est beaucoup plus violente. Puisqu’elle a cassé accidentellement de la vaisselle ancienne, il lui ordonne d’utiliser un morceau d’assiette pour se faire 21 entailles profondes dans le ventre. Cette modification accentue la brutalité physique du personnage d’Andrew.
Un retournement de situation plus brutal et immédiat
Dans le livre, Millie se venge et lui fait goûter sa propre médecine. Elle lui demande de tenir trois livres sur son entrejambe, puis lui ordonne de s’arracher les dents avec des pinces. Une torture psychologique prolongée.
Dans le film, après avoir été libérée, Millie utilise le couteau que Nina a caché dans le grenier pour trancher la gorge d’Andrew et l’enfermer dans la pièce. Pendant qu’il se vide de son sang, elle casse d’autres pièces de porcelaine de sa mère devant la porte et lui ordonne d’arracher sa dent de devant, celle qui avait convaincu tant de gens qu’il était quelqu’un de bien avec son sourire parfait. La violence est ici plus directe et moins calculée.
Suivez toute l’actualité d’Essential Homme sur Google Actualités, sur notre chaîne WhatsApp, ou recevoir directement dans votre boîte mail avec Feeder.
La mort d’Andrew profondément remaniée
Le livre et le film divergent également sur la mort du personnage principal masculin. Dans le roman, Enzo, le jardinier qui savait ce qui était arrivé à Nina et qui était resté sur la propriété pour tenter de l’aider, convainc Nina de retourner à la maison pour sauver Millie. Quand elle y retourne, elle trouve Andrew mort de faim dans le grenier.
Le film prend une tournure plus sombre. C’est la fille de Nina qui la convainc de retourner aider Millie. Lorsque Nina ouvre la porte du grenier, espérant y trouver Millie enfermée, Andrew surgit, vivant, et tente d’attaquer les deux femmes. Il supplie Nina de lui donner une seconde chance, ce qui lui permet de lui révéler à quel point il est abject. Finalement, Millie le pousse dans l’escalier en colimaçon, d’où il fait une chute mortelle.
Un épilogue simplifié et une enquête réorientée
Un policier interroge Nina dans le livre et révèle que sa fille était autrefois en couple avec Andrew. Dans le film, c’est une policière qui mène l’interrogatoire, puis révèle que sa sœur était en couple avec lui. Puisqu’elles connaissent toutes deux le mal qu’il a causé, elles concluent que sa mort est accidentelle.
À la fin du livre, Millie s’associe à Enzo pour créer un groupe d’aide destiné aux femmes victimes de violences conjugales. Cette dimension n’existe pas dans le film, mais la scène du flash-forward un an plus tard reste identique : Millie se présente pour un nouveau poste chez une femme maltraitée qui a obtenu son nom par l’intermédiaire de Nina. Est-elle engagée pour le tuer ? C’est fort possible.
Enzo, un personnage clé largement relégué au second plan
Il faut souligner que dans le roman, Enzo, le jardinier de la propriété, occupe une place bien plus importante. Il tente à plusieurs reprises d’aider Nina à s’échapper et participe à l’élaboration du plan qui consiste à embaucher une nouvelle femme pour détourner l’attention d’Andrew. Millie tente même de le séduire, car il serait plus prudent de viser le jardinier qu’un homme marié. Il la repousse.
Après son évasion, Nina et Enzo passent une nuit ensemble. Plus tard, il lui téléphone pour l’avertir que la lumière du grenier est allumée et que Millie n’a pas été vue depuis des jours, et l’encourage à venir vérifier. Elle accepte, à condition qu’il protège sa fille, ce qu’il fait.
Dans le film, le personnage incarné par Michele Morrone reste en arrière-plan. On comprend qu’il a effectivement aidé Nina à tenter de s’enfuir, mais il reste un personnage secondaire plutôt qu’un élément clé de l’intrigue. Si d’autres films sont produits et restent fidèles aux livres, Enzo reviendra de manière bien plus significative.



