Vous connaissez forcément cette sensation. Vous entrez dans un lieu chargé d’histoire, vous sentez le poids du temps, et pourtant tout vous semble étrangement actuel. C’est exactement ce qui se passe avec la collection automne 2026 de LANVIN Homme, présentée le 24 janvier dernier, près du parc Monceau. Peter Copping, le directeur artistique de la maison, ne nous a pas conviés à une présentation ordinaire. Il nous a plutôt invités à observer un homme qui traverse le siècle sans jamais perdre son élégance.
En effet, nous célébrons ici un anniversaire peu banal. Il y a cent ans jour pour jour, Jeanne Lanvin ouvrait sa ligne masculine, la toute première jamais proposée par une maison de couture parisienne. Un siècle durant lequel la garde-robe LANVIN Homme a habillé Jean Cocteau, Serge Gainsbourg, Salvador Dalí et François Mitterrand. Pas mal comme clientèle, non ? Peter Copping n’a pas cherché à faire table rase de cet héritage. Il l’a plutôt ausculté, retourné et interrogé pour en extraire une proposition résolument contemporaine.
| 📌 Repères clés |
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| 🧵 Maison : LANVIN 🧠 Direction créative : Peter Copping 🗓️ Date : Présentation le 24 janvier 2026 à Paris 🎂 Anniversaire : 100 ans de la ligne masculine LANVIN ✂️ Directeur artistique : Peter Copping 🧵 Inspiration : Archives Jeanne Lanvin & voyage à Venise 🎨 Matières clés : flanelle grise, velours, soie, popeline, denim 🔵 Couleur signature : le bleu LANVIN 👔 Silhouette : élégance intemporelle, luxe discret, modernité fluide |

L’homme LANVIN selon Peter Copping : élégance, voyage et héritage
L’homme LANVIN de la collection automne 2026 voyage. Littéralement et métaphoriquement. Il se déplace avec aisance entre les époques, les villes et les codes vestimentaires. Copping s’inspire d’un périple vénitien de Jeanne Lanvin dans les années 1920 pour composer sa garde-robe. Venise, destination de luxe, carrefour des textures contrastées et de la diversité chromatique. Pas une destination, mais une étape, un échange perpétuel avec Paris.
La flanelle grise, tissu emblématique de Lanvin depuis cent ans, structure la collection. Copping la taille avec précision avant de la confronter à des tons précieux d’améthyste et d’absinthe. Ces teintes évoquent une richesse discrète, loin de toute ostentation. On retrouve également cette idée de manteaux cocons qui font écho aux silhouettes des années 1920, mais revisités pour l’homme d’aujourd’hui. Les broderies issues des robes de couture ornent des chemises de soirée en popeline. Le tricot reflète les lignes angulaires et les contrastes graphiques de l’Art déco, réinterprétés dans un langage nouveau.

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Venise et les archives LANVIN au cœur de la collection automne 2026
La scénographie, située près du parc Monceau, joue un rôle capital. Copping a fait installer dans l’espace de présentation des éléments d’archives provenant du bureau même de Jeanne Lanvin. Mobilier d’Armand-Albert Rateau, livres de tissus reliés, objets personnels… Ces traces intimes offrent un cadre émouvant pour comprendre la collection. Elles nous rappellent que, avant d’être un business, la mode reste une affaire de sensibilité et de regard.
Les ensembles superposent références, souvenirs et styles dans des compositions inédites. Les tissus vénitiens figurés, retrouvés dans la collection textile personnelle de Jeanne Lanvin, ont été reproduits par Bevilacqua, leur fournisseur d’origine. Copping les découpe pour créer des jeans modernes et des vestes de travail élancées qu’il associe à de la popeline de coton pure. Les plissés Fortuny se transforment en pantalons de smoking décontractés, ornés d’une bande latérale en gros-grain. Les imprimés animaliers, une présence inattendue dans les archives LANVIN, se traduisent par des formes sportswear décontractées ou s’impriment sur du shearling et de la fausse fourrure.
Le verre de Murano livre des imprimés abstraits. Les nylons et les denims modernes côtoient les textures opulentes du velours et de la soie. Une notion de formalité transparaît dans les accessoires. Les gants s’accordent aux tricots, témoignant d’un sens du raffinement et d’une attention portée aux détails. Les chaussons se parent de cuir verni et de tissus précieux, tandis que des motifs crocodile ornent des richelieus élégants.

Le bleu LANVIN, symbole d’un siècle de style masculin
Un détail a particulièrement séduit. Ce sweat à capuche bleu LANVIN prétend être ancien. Il arbore des itérations ludiques d’étiquettes, de logos et d’identités de la maison, traces feintes du passage du temps. Il devient lui aussi un souvenir de l’histoire et de la signification de LANVIN. C’est une célébration, un recalibrage, une affirmation d’un siècle de création masculine.
Peter Copping n’a pas cherché à révolutionner. Il a plutôt opéré une sorte de translation temporelle, ramenant à notre époque ce qui rendait le vestiaire LANVIN Homme si désirable depuis un siècle. Cette faculté à habiller l’homme moderne sans jamais sacrifier l’élégance, cette attention portée aux matières nobles, cette discrétion luxueuse qui n’a rien à prouver. Les pièces respirent une liberté formelle et une décontraction qui n’excluent jamais la recherche esthétique.
On sent chez Copping une volonté de dialoguer avec le passé sans s’y enfermer. Les références historiques servent de tremplin plutôt que de carcan. Le vestiaire qui en résulte possède cette qualité rare aujourd’hui : il semble à la fois familier et nouveau. Vous pourriez porter ces pièces demain ou dans dix ans, elles garderaient toute leur pertinence. Voilà peut-être la vraie définition du chic ultime dont parlait Jeanne Lanvin.





















