Les galettes des Rois ne sont plus sages en 2026

Tradition pâtissière, ingrédients bruts et créations radicales : la galette des Rois parisienne change de visage en 2026.

Par
Olivier Delavande
Fils d’un père français et d’une mère vietnamienne, Olivier Delavande a baigné dans une double culture qui a façonné sa curiosité et son ouverture d’esprit dès...
9 Minutes de lecture
La galette des Rois 2026 au matcha de Café Kitsuné - © Photo : Geraldine Martens

En 2026, la galette des Rois devient un manifeste pâtissier. À Paris, Stohrer, Le Bristol, Café Kitsuné et Christophe Louie détournent la frangipane classique au profit de créations brutes, végétales ou radicales. Amandes entières, pommes au cidre, matcha ou sarrasin torréfié : panorama des galettes les plus marquantes de l’Épiphanie 2026, entre héritage et rupture assumée.

Stohrer : la galette des Rois 2026 à l’amande brute

Chez Stohrer, la plus ancienne pâtisserie de Paris fondée en 1730, rue Montorgueil, on ne plaisante pas avec l’Épiphanie. Cette année, la maison lance une nouveauté qui vous tapera dans le palais : la frangipane aux amandes brutes. Comprenez bien, il ne s’agit pas d’amandes blanchies et émondées. Non, ici, les amandes entières gardent leur peau, ce qui leur confère un goût plus intense, légèrement amer et rustique. Un caractère franc, sans filtre, qui devrait secouer les habitués de la galette lisse et prévisible.

- Publicité -
Les galettes des Rois ne sont plus sages en 2026
La galette des Rois 2026 aux amandes brutes de Stohrer – © Photo : Pauline Chardin

Le feuilletage, lui, n’est pas inversé. Il reste doré, croustillant et parfaitement équilibré. Une galette brute de décoffrage, certes, mais maîtrisée dans les moindres détails. Les deux autres versions tiennent également le rang : la frangipane signature, avec son feuilletage inversé et sa crème d’amandes blanchies à la texture fine et fondante, ainsi que la version chocolat-noisette, fruit de l’alliance entre Stohrer et À la Mère de Famille. Elle marie frangipane, pâte de noisettes et praliné maison, sans oublier les noisettes torréfiées caramélisées concassées et quelques pépites de chocolat noir. Le format individuel coûte 6,50 euros et la galette pour six à huit personnes est proposée à 50 euros. Disponible à partir du 1er janvier 2026.

Le Bristol Paris : une galette signature entre brioche feuilletée et pommes au cidre

Les galettes des Rois ne sont plus sages en 2026
La galette des Rois 2026 aux 27 pétales de brioche feuilletée de Maxence Barbot – © Photo : Studio des Fleurs (Laurent Fau)

Maxence Barbot, le nouveau chef pâtissier du Bristol Paris, débarque avec une galette qui fait parler d’elle. Sa création signature se compose de 27 pétales de brioche feuilletée disposés en rosace. Visuellement, on est loin de la galette classique, mais l’esprit reste fidèle à la tradition. Des pommes caramélisées au cidre et au jus de pomme, relevées de vanille, reposent sur une frangipane aux amandes parfumée au calvados et au rhum. Ce mariage entre la douceur des pommes et la puissance aromatique du calvados confère à cette galette une personnalité marquée. L’équilibre entre les textures est parfait : le croustillant de la brioche feuilletée et le moelleux de la garniture.

- Publicité -
Les galettes des Rois ne sont plus sages en 2026
La galette des Rois 2026 aux 27 pétales de brioche feuilletée de Maxence Barbot – © Photo : Studio des Fleurs (Laurent Fau)

Le Bristol propose également une galette traditionnelle, disponible en précommande à partir du 3 janvier sur le site du palace, en click & collect, à L’Épicerie des Ateliers du Bristol Paris et au Café Antonia, jusqu’au 25 janvier 2026. Elle est proposée à 55 euros pour six à huit personnes à l’Épicerie et à 22 euros la part au Café Antonia. La version signature, limitée à 200 exemplaires, coûte 75 euros pour six à huit personnes. Un hommage aux savoir-faire français, avec une pointe des origines bretonnes du chef, grâce au mariage de la brioche feuilletée et des pommes au cidre.

Café Kitsuné : la galette des Rois 2026 au matcha

Pour la première fois, la marque collabore avec Yann Brys, Meilleur Ouvrier de France et artisan passionné, qui a signé des créations sucrées pour les plus belles maisons parisiennes avant de fonder sa pâtisserie, Tourbillon. Cette saison, il imagine pour Café Kitsuné une galette des Rois qui revisite la frangipane au matcha. Une part individuelle coûte 6 euros et la galette entière de huit parts est proposée au prix de 40 euros. Disponible du 5 au 25 janvier, elle est proposée à la part dans tous les cafés Kitsuné et en entier sur commande 48 heures à l’avance dans les cafés Kitsuné Louvre et Opéra.

- Publicité -
Les galettes des Rois ne sont plus sages en 2026
La galette des Rois 2026 au matcha de Café Kitsuné – © Photo : Geraldine Martens

Le matcha, que Café Kitsuné a imposé à Paris depuis 2014, s’invite donc dans la frangipane. Le résultat est une galette verte, inattendue, qui détonne dans le paysage de l’Épiphanie. On peut aimer ou détester, mais au moins, on ne peut pas dire que c’est banal. Le Café Kitsuné Louvre se trouve place André Malraux et le Café Kitsuné Opéra, au 32, avenue de l’Opéra.

Suivez toute l’actualité d’Essential Homme sur Google Actualités, sur notre chaîne WhatsApp, ou recevoir directement dans votre boîte mail avec Feeder.

- Publicité -

Christophe Louie : sarrasin torréfié et panettone des Rois

Christophe Louie, boulanger-pâtissier, signe une collection d’Épiphanie avec, en point d’orgue, le Panettone des Rois. Produit emblématique de la maison, il est proposé dans une version parfumée à la fleur d’oranger, constellée de citrons et de fraises confits. Confectionné au levain naturel, il se distingue par sa texture souple et sa mie infiniment aérienne, et s’impose comme une alternative contemporaine aux galettes traditionnelles. Un kilo coûte 55 euros.

Les galettes des Rois ne sont plus sages en 2026
La galette des Rois 2026 aux amandes de Christophe Louie – © Photo : Geraldine Martens

Mais Christophe Louie propose également deux galettes, toutes deux réalisées en feuilletage inversé, gage d’un travail technique et artisanal exigeant. La galette amande associe une crème d’amande au rhum dans une interprétation fidèle aux codes classiques, avec des matières premières de grande qualité. La galette Sobacha, à base de sarrasin torréfié, associe l’amande, la noisette et le Sobacha, rehaussée d’amandes brutes et d’un praliné aux noisettes et au sarrasin pour apporter texture et intensité aromatique. La galette amande pour six à huit personnes coûte 36 euros et la galette sobacha, 38 euros. Disponibles dès le 2 janvier.

- Publicité -
Les galettes des Rois ne sont plus sages en 2026
La galette des Rois 2026 sobacha au sarrasin torréfié de Christophe Louie – © Photo : Geraldine Martens

L’ensemble de la collection est accompagné de fèves spécialement réalisées pour l’occasion par la céramiste Angela Ly, d’Aly Ceramics. Ces pièces, façonnées à la main, prolongent l’attention portée au détail qui caractérise le travail d’exception de la maison. La boutique se trouve au 12, rue Dupetit-Thouars, dans le 3e arrondissement.

Galettes des Rois 2026 à Paris : tradition revisitée et nouvelles audaces

Les galettes de 2026 oscillent entre respect des codes et volonté de bousculer les habitudes. Stohrer mise sur l’amande brute pour un goût plus prononcé, Le Bristol joue la carte des pommes au cidre et du calvados dans une composition en rosace spectaculaire, Café Kitsuné impose le matcha là où on ne l’attendait pas et Christophe Louie propose le sarrasin torréfié comme alternative audacieuse. Les prix grimpent, les créations se complexifient et les pâtissiers rivalisent d’inventivité.

- Publicité -

Reste à savoir si les Parisiens suivront. La galette traditionnelle a encore de beaux jours devant elle, mais les versions contemporaines gagnent du terrain. Les précommandes démarrent dès la fin du mois de décembre et les stocks sont souvent limités, notamment pour les éditions limitées, comme celle du Bristol Paris. Il faut donc s’y prendre tôt, commander 48 heures à l’avance pour certaines adresses et accepter de payer le prix fort pour ces créations haut de gamme. La frangipane classique résiste, mais elle doit désormais composer avec des interprétations qui l’emportent vers d’autres territoires gustatifs. Le feuilletage croustille toujours, la fève se cache quelque part, mais tout le reste bouge. L’Épiphanie 2026 ne sera pas de tout repos.

- Publicité -
Partager cet article