L’œuf de Pâques 2026 du Bristol Paris fera-t-il taire les sceptiques qui s’agacent de voir les palaces transformer la moindre fête en opération commerciale ? Il faut reconnaître que Johan Giacchetti, chef chocolatier, et Maxence Barbot, chef pâtissier, ont tenté quelque chose d’audacieux. Proposer un œuf à 115 euros est une chose. Mais justifier ce tarif avec une vraie démarche créative, c’en est une autre.
| 📌 Repères clés |
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| ✨ Œuf de Pâques 2026 vendu 115 € 🍫 Chocolat noir Venezuela 70 % 🌰 Noisettes caramélisées du Piémont 🌿 Caramel à la fève de tonka 🧁 Inspiration directe du pochage du Saint-Honoré 📍 Vente à l’Épicerie des Ateliers du Bristol 📅 Disponible du 18 mars au 5 avril 2026 🎂 Version pâtissière à 39 € |
Le geste du Saint-Honoré comme matrice créative
Les deux hommes n’ont pas cherché l’inspiration du côté des tendances Instagram ni dans les derniers caprices de la haute pâtisserie parisienne. Ils ont observé leurs mains. Plus précisément, ce mouvement répété des dizaines de fois quotidiennement pour réaliser le pochage du Saint-Honoré, cette pâtisserie que l’hôtel Bristol sert depuis des années. Vous savez, ces arabesques de crème chantilly qui dessinent des crêtes régulières, presque architecturales, sur le gâteau. Barbot a alors eu une idée : et si l’on figeait cette forme dans du chocolat ?
Le projet semble simple sur le papier. Dans les faits, il a fallu dessiner, sculpter et modifier plusieurs prototypes avant d’obtenir la forme exacte qui traduirait ce geste pâtissier. Un moule spécial a été créé pour cette production. Le démoulage exige une grande minutie, ce qui transforme la fabrication en véritable numéro d’équilibriste. Une coque qui se fissure, et il faut tout recommencer.

Chocolat Venezuela 70 %, tonka et noisettes du Piémont, une architecture de saveurs
Une fois terminé, l’œuf révèle une fine coque en chocolat noir du Venezuela titrant 70 % de cacao. Vous croquez, et là, surprise ! Ce qui semblait pur et monolithique devient stratifié et complexe. Le caramel à la fève tonka apparaît d’abord, avec ses notes presque vanillées qui adoucissent l’amertume du cacao. Puis, les noisettes caramélisées du Piémont prennent le relais : torréfiées juste comme il faut, elles ne sont ni trop douces ni trop âpres. Enfin, le praliné au cacao se manifeste, relevé d’une touche de fleur de sel qui réveille l’ensemble.
Cette construction gustative demande une vraie technique. Giacchetti maîtrise visiblement son sujet. Faire cohabiter autant d’éléments sans qu’aucun ne prenne le pas sur les autres est loin d’être évident. Trop souvent, les créations de ce type ressemblent à des tours de Babel où chacun hurle pour se faire entendre. Ici, l’équilibre tient.
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Un Saint-Honoré chocolaté pour Pâques sans trahir le classique
Barbot n’a pas voulu limiter cette exploration du chocolat et de la fève tonka à l’œuf. Il propose également une réinterprétation du Saint-Honoré pour Pâques, vendue 39 euros. L’idée mérite qu’on s’y arrête. Prendre un classique de la pâtisserie française et le décliner en version chocolatée pour Pâques, c’est risqué. Le Saint-Honoré traditionnel repose en effet sur un équilibre délicat entre la pâte feuilletée, la crème Chiboust et les choux caramélisés. Remplacer ces codes par des notes chocolatées pourrait être contreproductif.
Pourtant, Barbot semble avoir trouvé la bonne formule. Les mêmes ingrédients que dans l’œuf sont utilisés, mais de manière différente, adaptée à la structure du gâteau. Le caramel à la fève tonka, les noisettes du Piémont et le praliné au cacao jouent leur partition sans dénaturer l’esprit originel du Saint-Honoré. Cette version sera disponible en quantité limitée, ce qui évitera toute banalisation.

Les détails signature qui ancrent la création dans la tradition
Sur les arêtes de l’œuf, les deux chefs ont ajouté de petits choux en forme de larmes, clin d’œil direct au Saint-Honoré originel dont les choux caramélisés forment la couronne caractéristique. Un clin d’œil direct au Saint-Honoré originel, dont les choux caramélisés forment la couronne caractéristique. Ce détail aurait pu tomber dans la décoration superflue, le gadget mignon qui fait joli sur les photos. Mais il prend tout son sens ici, car toute la création découle justement du geste de pochage de ce gâteau. Les choux referment la boucle et rappellent d’où vient l’inspiration.
Vous trouverez également d’autres créations plus classiques : œufs rochers au lait ou au chocolat noir à 35 euros, poule en chocolat au lait au même tarif, tubes de fritures et petits œufs pralinés entre 22 et 24 euros. De quoi satisfaire ceux qui préfèrent les chocolats de Pâques traditionnels, sans s’aventurer vers des propositions plus conceptuelles.
L’ensemble de ces créations sera vendu à l’Épicerie des Ateliers du Bristol à partir du 18 mars 2026. L’œuf Saint-Honoré et sa version pâtissière resteront disponibles jusqu’au 5 avril, et les autres références jusqu’au 12 avril. Ce calendrier serré confirme le positionnement haut de gamme et l’édition limitée.
Reste la question du prix. 115 euros pour un œuf en chocolat, même travaillé avec soin et conçu par des artisans compétents, cela reste un budget. Le Bristol assume cette stratégie et vise une clientèle capable de dépenser cette somme sans sourciller. Pour les autres, la pâtisserie Saint-Honoré au chocolat, quatre fois moins chère, permet de goûter à l’expérience sans exploser son budget pascal. C’est déjà ça.



